‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 98 sur 466 · Testament politique, t. II, p · texte numérisé non relu

Testament politique, t. II, p

2. Mémoire à Mazarin, 9 déc. 1656, dans Bourelly, Le Maréchal Fabert, &. IX,

E 3. Dans Néron, Recueil, t. II, p. 663.

4. Dojà aux Etats de 1483, il avait été longuement question de ces officiers « car, dit Masselin, ils nuisaient au peuple presque autant que les tailles ellesmêmes », Jo ernal de J. Masselin, trad. française, p. 489. Un mémoire présenté à François [* fait connaître au roi que ces procès suscités par eux à toute occasion et trainés en longueur accablent le « pauvre peuple » qui ÿ « consomme et deppense en proceddeures tout ce qu’il à vaillant, de sorte que à la fin il tumbe en mendicité et impuissance de paier et porter taille ». B. N. Cinq cents

Colb. 491, £° 5.

ment condamnée, à maintes reprises, par les Etats de Normandie : « Telles gens n'ont prins leurs offices pour l’utihté pubhcque, moins pour le service du roy, mais seullement comme sansues, pour tirer le pur sang de ses pauvres vassaux'; tous rongent et mangent jusques aux 0Z la substance du peuple ?; les taillables.. leur sont une moisson dorée, où chascun glane son espy, de sorte que les frais montent ordinairement trois fois le principal. » En 1578, 1579, 1593, 1620, 1623, 1626, 1638, 1643, 1655, leurs cahiers demandent avec insistance la diminution du nombre de ces « sangsues » : « Nous ne cesserons jamais, disent-ils en 1620, de prier, voire importuner V. M. jJusques à ce qu'Elle aye exaucé nos si justes prières et réduict ce nombre effréné d’esleuz et controolleurs à un ou deux pour le plus, qui vous rendront plus de services, plus de justice à vostre peuple que la confusion du nombre desréglé qui diminue vos finances par leurs gaiges et exemptions de taille, et comme sangsues tirent la substance de vos sujetz . » À chaque fois le roi fait des promesses vagues ou bien s'excuse de la nécessité où il fut de créer de nouveaux offices, ou bien même invoque la foi des édits, ce qui est singulièrement ironique *. Cette « manne » était trop tentante pour que le fise \ renonçât. |

De leur côté les élus ne manquaient pas de se plaindre de ces incessantes créations. L'un d'eux, La Barre, a maudit cette pratique en termes violents :

« En matière de finances, il y a tant de finesses, de subtilitez, de traverses et d’inventions d'attraper et divertir le liard, que tous les ans la malice d’aucuns donne occasion à nouvelles ordonnances et à nouveaux officiers et reiglemens, qui est cause d’un grand désordre, que l'on oste les uns et remet-on les autres, qu'il n'y a rien d'asseuré en telles affaires. Il ne faut qu’un ou deux de ces donneurs d'advis de court avec leur diable d'invention, pour troubler tout le reste. Contre eux faudroit procéder criminellement, attacher telles harpies au croqf. »

En 1648, les élus publièrent un état des offices créés, des

1. Cahier de Novembre 1578, dans de Beaurepaire, Cahiers. règne de Henri III, t. III, p. 7.

2, re de mars 1579, art. 27, ibid., p. 40.

3. Cahier de décembre 1623, tbid., Règne de Louis XIII, t. IT, p. 60.

L, Cahier de 1698, art, 8, dans de Beaurepaire, Cahiers. règne de Louis XIII, t. I, p. 205. Cf. le cahier de 1614, art. 29, zbid., p. 105 : « Au departement des tailles, chacun d’eulx veult favoriser les parroisses dont ils sont originaires, ou leurs biens sont situez et assis, de sorte que les unes sont sans raison, voire contre raison, soullagées, les autres, qui n'ont aulcune recommandation, injustement foullées et vexcées »,

5. Réponse à l’art. 10 du cahier de février 1658 : « S. M. ayant restably les éleus dans leur exemption, Elle n’y peut toucher » (ibid., supplément, p. 5), cf. les réponses au cahier de novembre 1578, art. 12, nov. 1593, art. 60, nov. 1638, art. 24, nov. 1643, art, 72, etc.

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