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augmentations de droits vendues, des privilèges concédés moyennant finance dans les élections depuis 1622 : il ne comprend pas moins de 77 édits portant atteinte à leur bourse dans cet espace de vingt-six ans, soit en moyenne trois par an. Les mêmes charges sont créées, supprimées, rétablies indéfiniment: on vend des droits nouveaux, des augmentations de droits anciens, des privilèges de toutes sortes, puis, sous prétexte de soulager les sujets, on supprime le tout, et peu de temps après le roi consent « moyennant une finance modique » à rendre les droits supprimés. Au total, d'après le caleul des élus, c’est « plus de 200 millions de livres que lesdits officiers ont esté depuis 1622 jusques à présent forcez de payer par des voyes extraordinaires... en sorte que la plupart d'iceux et leurs familles sont réduits à faire abandonnement de leurs biens pour ne pouvoir acquitter les deniers par eux empruntez pour le payement des taxes susdites ! ».
Pour se protéger, les élus avaient été amenés à former un « syndicat ».
Il fut constitué en 1641, « sous Le bon plaisir de S. M. », « par plusieurs assemblées de députez des officiers des eslections du royaume » tenues au couvent des Augustins à Paris?. Pour subvenir aux dépenses communes, chaque élection dut verser une cotisation annuelle qui, aux termes du règlement, était payable « par advance dans le mois de mars de chaque année * », Comme l'assemblée est trop nombreuse, elle à choisi des « syndics » qui forment une commission permanente et reçoivent des appointements spéciaux; l’un d'eux, « l’orateur », est chargé de prendre la parole « en public », c’est-à-dire sans doute au Parlement ou à la Cour des aides; il est le personnage le plus considérable, et reçoit des appointements plus élevés. La place fut successivement occupée par les sieurs Potière, qui mourut en fonctions, Braux, lieutenant criminel en l'élection de Chalons, et enfin Penot, qui exerce encore en 1655. Un secrétaire reçoit la correspondance, signe les circulaires adressées aux élections *, et probablement tient un registre des délibérations. Le sieur Boyrot remplira cette charge pendant toute la durée du syn-
1. B. N., fr. 18 479, f® 121-124 (papiers de Séguier), imprimé. L'idée est reprise par le premier président de la Cour des aides dans sa harangue à la reine régente, le 21 décembre 1643 : « Depuis vingt ans le seul corps des éleuz a fourny au roy plus de 200 millions, de compte fait ». (B. N., Lb37 362.)