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TALALGIE BLENNORRAGIQUE AVEC TROUBLES TROPHIQUES

La tlalalgie blennorragique simple guérit le plus

-e(a) Durray. Talalgie ou pternalgie. Presse médicale, 1896, page 593.

Ve ‘7 Del

souvent assez rapidement, mais il est possible et même probable qu'en vieillissant elle puisse engendrer les lésions osseuses qu’on rencontre dans la forme que nous allons décrire ; autrement dit, il est probable que la talalgie avec troubles trophiques soit la conséquence, a suite de la talalgie simple.

Cependant, dans cette forme, les douleurs sont quelquefois un peu différentes. Violentes comme dans le cas précédent et persislantes au point de constituer une véritable infirmité, elles s’accompagnent souvent de douleurs fulgurantes analogues à celles du tabes, mais localisées dans là région des pieds,comme dans l'observation de Milian (Obs. x).

La caractéristique en est, disons-nous, dans les troubles trophiques.

L'hypérostose calcanéenne est le trouble qui se rapporle le plus directement à la talalgie. Le talon est augmenté dans tous ses diamètres (Obs. personnelle n° x1), et pris à poignée, il donne une sensation de résistance indiquant bien une néoformation osseuse et non pas seulement un empâlement péricalcanéen par inflammation des

parties molles. Les dépressions postérieures qui existent

normalement de chaque côté du tendon d'Achille sont complètement effacées et l’on constate que le diamètre transversal du talon ainsi vu par derrière est considérablement augmenté. La lésion est lé plus souvent symétri-

que, avec prédominance presque constante d’un côté. La

peau est généralement saine.

C’est là ce que M. Jacquer (1) appelle la « calcanéite

(1) Jacouer.. De la talalgie blennorragique. Société médicale des hôpitaux, 5 mars 1897.

Lo

ossifiante ». Il à vérifié son assertion sur le cadavre et prouvé que le gonflement du talon tenait à l’hyperostose calcanéenne. « Cette opinion, dit-il, simplement probable autrefois, est devenue certaine, depuis que, chez un malade de mon maître Debove, le diagnostic de calcanéite ossifiante double, d’origine blennorragique, que J'avais fait pendant la vie, a été vérifié après la mort, Voici l’un des calcanéums de ce malade. Comparez-le à ces deux calcanéums normaux: il y a hyperostose évidente au niveau de l’attache du tendon d'Achille et de la facette lisse et cartilagineuse qui Lui fait suite. On conçoit ainsi que l'extrémité inférieure du tendon soit à La fois renflée et refoulée en arrière, de manière à constituer la saillie calcanéenne postéro-supérieure et le sillon qui la sépare de la partie postéro-inférieure de l'os ou encoche achillocalcanéenne. De plus, il est non moins évident que les faces latérales, surtout l’externe, sont hyperostosées, ce qui explique l'accroissement du talon dans le sens {ransversal; enfin, la tubérosité inféro-externe est, elle aussi, anormalement développée, et la douleur sous-calcanéenne des talalgiques trouve, là, un substratum anatomique positif. »

L'hypertrophie osseuse est donc certaine. Pourtant, elle a été discutée. Le principal argument contre l’existence de celle-ci, c’est que, dans un cas (1) où l'examen physique paraissait révéler une hyperostose évidente, la radiographie aux rayons de Rôntgen donna un résultat

négatif. Il n’y a cependant pas à aller contre l'examen né-

cropsique de M. Jacouer. La raison de cette contradiction est facile à saisir, car d’un certain nombre d'observations

(1) Soc. de dermatologie, 1898.

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