‹ La Talalgie BlennorragiqueChapitre 23 sur 42 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Rhumatisme blennorragique, accidents spinaux (Hayeu et PARMENTIER).

X..., âgé de 29 ans, comptable, entre le 7 mars 1887 salle Saint- Christophe, lit n° 4.

ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES. — Père tué en 1870, mère morte en 1870 d’une hémoptysie abondante qui l’emporta en deux jours. Elle ne toussait pas. Elle était nerveuse, fort irritable ; mais pas d'attaques de nerfs. Frère bien portant ; eut la chorée à douze ans.

ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — Bonne santé habituelle.

Syphilis en mars 1885:; traitement par la liqueur de Van Swieten et l'iodure de potassium pendant deux mois. Au mois de mai, urétrite légère : les douleurs durèrent trois jours; au bout d’une semaine, elles avaient presque disparu.

En septembre 1886, violente blennorragie, douleurs urétrales intenses, écoulement purulentabondant. Bien qu’ilen souffrît beaucoup, il négligea de se soigner. Au bout de quinze jours, il ressentit dans les membres inférieurs des douleurs siégeant plutôt à la partie interne des cuisses ; excitées par la marche, ces douleurs cessaient au repos.

Quatre jours après, apparut une hydarthrose dans le genou droit, et, huit jours après, ce fut le tour du genou gauche qui devient gonflé et douloureux.

Dès lors, le malade dut garder le lit.

Traitement : Teinture d’iode, vésicatoire et compression loco dolenti.

Bientôt, il s’aperçut que les membres inférieurs, particulièrement les cuisses, s’amaigrissaient.

Au bout de deux mois, il put se lever; les genoux n'étaient plus gonflés, mais étaient encore douloureux. Les douleurs dans les cuisses étaient moins vives. ;

Il essaya alors de reprendre son travail. Mais au bout d'une semaine, il dut l’abandonner: il ressentait dans les talons de violentes douleurs qui l’'empêchaient de marcher. Le pied était en semi-exten-

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sion sur la jambe et on ne pouvait le redresser sans provoquer de vives sôuttrances ; {a région du talon était gonflée «et douloureuse.

Les articulations métatarso-phalangiennes du côté gauche furent atteintes. Enfin, l’amaigrissement des membres inférieurs devient plus notable.

Le malade fut un peu soulagé par le salicylate de soude et les bains de vapeur.

Néanmoins l’amaigrissement des membres inférieurs continuan à se développer, la plante du pied, à droite et à gauche, étant toujours douloureuse, le malade se décida à entrer à l'hôpital.

A cette date l'écoulement blennorragique avait totalement disparu.

A son entrée, on le soumit à un traitement mixte : iodure de potassium et mercure.

On lui fit même des frictions avec l’onguent napolitain sur les

talons; il n’en éprouva aucune amélioration,

Le malade était depuis 3 mois à l’hôpital et soumis au traitement mercuriel etioduré à forte dose, lursqu'apparurent des douleurs violentes et du tremblement dans les membres inférieurs. Les douleurs qui partaient du talon et s'étendaient jusqu'aux genoux, étaient instantanées et rappelaient par leurs caractères les douleurs dites fulgurantes. Elles étaient plus fréquentes la nuit et le réveillaient en sursaut. De temps à autre, il était pris de crampes dans les membres inférieurs, surtout douloureuses à la plante des pieds,

Le tremblement ne survenait qu’au moment où le pied posait à terre et s’étendait alors à tout le membre.

L’exagération des réflexes était fort notable des deux côtés.

La trépidation épileptoïde existait également à droite et à gauche.

Le chatouillement de la plante des pieds déterminait des spasmes dans le membre correspondant.

La sensibilité était conservée. ’

Léger degré de parésie musculaire.

Pas de troubles des sphincters.

Pas de douleurs en ceinture. Le malade éprouve un peu de sensibilité de la région dorso-lombaire dans les mouvements de flexion et d'extension; rien aurepos; la percussion des apophyses épineuses dorso-lombaires est peu douloureuse.

Le malade ne peut se tenir debout, à cause de là douleur de la plante des pieds et du talon et de la faiblesse des jambes. :

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