TR AE
En 20e
droit. Les jours où il !se fatiguait davantage, le pied droit gonflait Je soir, si bien que rentré chez lui il était obligé de desserrer sa chaussure. Par le repos de la nuit, le gonflement du pied droit disparaissait, et le lendemain, il pouvait aller à son travail.
A vingt et un ans, il part pour le régiment. IL arrive à la caserne avec un jour de retard : on le met en prison.
Trois jours après son incarcération, il se réveille un matin avec les orteils du pied droit absolument gelés, rouges et raides. Les faces plantaire et dorsale du pied droit étaient tuméfiées et d’un rouge violacé. Le seul fait de poser le pied à terre réveille chez lui une douleur tellement vive qu’ilest obligé de rester couché une grande partie de la journée.
Le gonflement du pied disparaît en quelques jours, mais la région reste déformée, douloureuse, surtout à la pression, ce qui le met dans l'impossibilité de faire un pas. On le réforme.
Il rentre à Paris, et reprend ses marches prolongées, mais il les fait maintenant avec beaucoup plus de peine, la déformation du pied droit le gênant beaucoup :. il met près de deux heures aux courses qu'autrefois il faisait en une heure. Presque tous les soirs, le pied gonfle.
Au bout d’un an, son patron est obligé de le congédier.
Il abandonne son métier d'homme de peine, pour prendre celui de marchand des quatre saisons, ce qui ne va pas l'empêcher de boire comme par le passé.
Depuis sa sortie du régiment, il n'aurait pas recommencé d’excès vénériens.
De temps en temps, les douleurs dans le membre inférieur droit le surprennent dans la journée, au milieu du travail ; il y a des jours où elles sont plus violentes; il est alors obligé de s’arrêter.
La parésie est marquée surtout depuis quatre ans, la jambe droite traînait déjà à cette époque et lui semblait lourde. Il avait de la peine à la fléchir sur la cuisse.
En janvier 1896, une crise plus violente l’oblige à entrer à l’hôpital Necker.
Il en sort au bout de deux mois. Les douleurs ont disparu, mais la déformation du pied persiste; il y a, de plus, atrophie légère des muscles du mollet.
En décembre 1897, nouvelle crise douloureuse ; ; depuis lors. ilena PERS incessamment,
Le puis Ds
C'est à l'occasion d’une de ces crises qu'il entre à l'hôpital Laënnec (15 août 1898).
ETAT ACTUEL (15 août 1898). — Il se plaint depuis quelques jours de douleurs très vives, paroxystiques, fulgurantes, suivant surtout le trajet du sciatique ; il souffre aussi de douleurs vagues dans les genoux et dans les masses musculaires du membre inférieur droit.
Il ne peut pas poser le pied à terre, la pression de la plante du pied droit sur le sol réveille chez lui une douleur très vive.
EXAMEN DE LA RÉGION MALADE. — Au membre inférieur droit, on constate : ’
Système nerveux. — Troubles de la sensibilité. — Douleurs violentes dans le membre inférieur et sur le trajet des nerfs crural et sciatique.
= Ces douleurs sont spontanées, venant par accès, et présentant les caractères de douleurs fulgurantes.
La pression les éveille sur le sciatique, à son émergence et dans le creux poplité.
Sur le crural, dans le triangle de Scarpa, la sensibilité à la douleur est un peu diminuée, la sensibilité à la chaleur et au tact est conservée.
2° Troubles réflexes. — Les réflexes rotulien et plantaire sont exa+ gérés, surtout le réflexe plantaire.
3° Troubles trophiques cutanés. — Sur la face plantaire du pied droit deux plaques cornées, l’une sous la tête du premier métatar. sien, un peu plus grande qu'une pièce de deux francs.
L'autre située sur la têle du cinquième métatarsien,
A peu près au centre de chaque plaque, une escarre brunâtre très adhérente, très dure, à bord irréguliers. Ces plaques sont douloureuses à la pression profonde, mais leur surface est insensible. |
Le système pileux est un peu moins développé sur la jambe droite que sur la jambe gauche.
Adipose sous-cutanée beaucoup plus marquée à la jambe droite qu’à la gauche.
4 Troubles vasomoteurs. — Le pied droit est beaucoup plus froid que le gauche : : les orteils du pied droit lui semblent toujours gelés ; il y a même des jours où il ne les sent plus.
Les veines superficielles du membre inférieur droit paraissent moins dilatées que celles du membre inférieur gauche, principalement à la jambe.