‹ La Talalgie BlennorragiqueChapitre 41 sur 42 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

Hydarthrose chronique des petites jointurés ; origine blennorragique possible.

(Observation due à M. G. Micraw) (1).

444 (Mélanie), âgée de vingt-neuf ans, ménagère, est entrée le 7 mai 1898, salle Sainte-Marthe, lit n° 23, dans le service de M. le Professeur Gorniz, à l'Hôtel-Dieu.

ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES. — Ses antécédents héréditaires ne présentent aucune particularité notable; son père est mortilya quinze ans, à cinquante trois-ans, d’une affection aiguë ; sa mère est morte il y à seize ans, à quarante-deux ans, d'un cancer de l'utérus. Elle à eu dix frères et sœurs, dont trois sont morts en bas âge, les autres sont bien portants.

ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — Elle-même eut une fièvre typhoïde à quinze ans ; mariée à vingt-deux ans, elle eut deux enfants, tous deux bien portants, respectivement âgés aujourd'hui de cinq ans et trois ans.

Au mois de janvier 1896, cinq mois après son dernier accouchement, elle fut prise un jour d’une très vive douleur aux deux talons, mais particulièrement à droite, sous le calcanéum. Brusque dans son apparition, intense dès le début, l’occasion de cette douleur fut une marche assez longue: sans rougeur ni gonflement de la région, cette douleur persista avec la même intensité pendant trois semaines, se produisant seulement à l’occasion de la marche. Depuis elle n’a pas disparu, mais elle est beaucoup moins violente.

Trois ou quatre semaines après, la douleur gagna les mollets, surtout le droit, cessant, ainsi que la talalgie, par le repos au lit; en même temps le talon droit enflait quelque peu.

(1) Micra. Société médicale des Hôpitaux, 10 juin 1898, *:

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En mai 1896, recrudescence des douleurs au talon droit ; c’est de cette époque que date l'apparition du rhumatisme à la main droite. Il se manifesta par des douleurs dans les articulations phalango-phalanginiennes et métacarpo-phalangiennes droites, auxquelles s’ajouta bientôt de l’enflure du dos de la main. Les articulations métacarpophalangiennes participèrent à ce processus, mais les doigts restèrent intacts.

C'est seulement en novembre 1897 que débutèrent les lésions qu’on observe aujourd'hui du côté des doigts. Le petit doigt de la main droite fut le premier pris.

ETAT ACTUEL. — Actuellement les mains de la malade présentent la même physionomie que celles de la malade de MM. Garuanp et H. BERNARD; pour en prendre une idée exacte, il suffira de se reporter à la photographie publiée par ces auteurs dans le bulletin de la Société du 27 mai. L’hydarthrose est peut-être plus manifeste, en ce sens que le siège des bosselures fluctuantes est exactement latéral sans empiéter sur les faces antérieure ou postérieure des doigts. Il n'y à pas de craquements articulaires ni de déformations osseuses. Le petit doigt de la main droite seul revêt le type d'extension qu'on observe dans le rhumatisme déformant. La gêne fonctionnelle n’est que modérée. Comme chez la malade de MM. GazLiaRD et H. BER- NARD, il y a prédominance des lésions à droite.

Mais on note de plus ici une synovite humide chronique des gaines des long extenseur et grand abducteur du pouce droit, ainsi qu’un peu d’hydarthrose des deux genoux.

Enfin et surtout, la talalgie persiste encore au pied droit. La pression au niveau de la face “inférieure du calcanéum droit y réveille une douleur vive. Le calcanéum lui-même paraît un peu hyperostosé. Les deux dépressions situées de chaque côté du tendon d'Achille sont en partie effacées.

En présence de ce « talon apparemment biennorragique » il convenait de diriger l'enquête du côté de l'infection gonococcique. Et sur notre demande, la malade nous apprit qu’elle avait des pertes contemporaines de son rhumatisme; actuellement encore l'écoulement persiste abondant, tachant la chemise en vert.

L'examen au spéculum révèle une vaginite et une métrite légères. Le mnuco-pus recueilli sur les paroïs du vagin pullule de microbes en tous points semblables au gonocoque et ne prenant pas le

Gran. d

Le liquide des articulations n'a pu être examiné. La ponction à la

seringue de Pravaz est demeurée sans succès, sans doute à cause de

la viscosité du liquide, sise déjà par MM. GABHERD et H. Ber- NARD. : . | | PAR 5

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