Cf. Tapisserie de Bayeux, scène XIII, XVII
2. Vêtements courts, cf. Perceval, 8494 (édition Potoin) et Partonopée de Blois, édition, Crapelet V,
On portait aussi des chausses formées par des bandes de laine ou d'étoffe qui enveloppaient les jambes étroitement et étaient maintenues
bob-]. Corte chemise, ce m'est vis, Et un cort pelliconnet gris. Et d'un bon vert cort gonele. Li a vestu la damoisiele, Et puis li baille sa çainture De cuir, bien faite, fort et dure, et 6084 Puis li affuble son mantel de bon vert et de gris Jiovel. Perceval, 31,693. D'une cote vert de cendal. Cf. Ernest Bormann,Z)ze Jagd in den altfran::;osischen Artus icnd Abenteuer. Romanen. Marburg, Elwert, 1887, aussi Erec et Enide, v. 69, cité par Bormann. Et por aler en la forest. D'une corte cote se nest. On portait aussi des chausses bien serrées aux jambes : Partonopeus de Blois, V. 5072. Mais on peut voir que les personnages de la tapisserie de Bayeux portent braies et chausses, unies ensemble. Cf. Perceval, 1694 : Et braies faites à la guise De Gales u l'en fet ensamble Braies et Cauces. Les souliers étaient très bas et terminés en pointe. Les monuments figurés nous fournissent de très nombreux renseignements sur le costume pendant la seconde moitié du xir siècle. Cf. les chapiteaux du cloître de Moissac, du Musée de Toulouse, ceux du portail de Chartres, les sculptures de la frise de Saint-Gilles, les chapiteaux qui sont au Musée de Cluny, qui proviennent d'une église espagnole de l'extrême fin du xiic siècle et exécutés sûrement par des artistes français, etc. Cf. aussi les œuvres d'orfèvrerie, Rupin, L'œuvre de Limoges.
soit par de larges rubans, soit par des lanières, semblables à celles de nos chasseurs alpins. On revêtait sur ce costume de dessous une cotte en étoffe de laine ou de soie, serrée à la taille, un peu évasée vers les bords '. Elle était brodée souvent et un peu échancrée ou ornée d'un galon placé à plat tout autour du cou.
Conques: Reliquaire dit Lanterne de Saint-Vincent ; crosse de Ragenfroi. La chasse si intéressante de St-Calmine conservée dansl'église de Mozac (Puy-de- Dôme), extrême fin du xii<= siècle, cf. pour les manuscrits, Bibl. Nat., latin 8346. Lavallière, n» 55. Cf. les miniatures indiquées dans mes études sur l'école de Provence, Moyen dge, 1899. C'est donc une erreur de croire que pendant la dernière moitié du xii^ siècle, les vêtements étaient nécessairement longs. Nous avons vu qu'il y en avait de deux sortes. I. Les sceaux reproduisent le même costume que nous voyons sur la tapisserie de Bayeux, Scènes XLI, XLIX. Le vêtement court y domine. La tunique a quelquefois une forme particulière. Elle est fendue au milieu au lieu d'être ronde, XLIX, L; pour le manteau court, LUI; Jean de Ponthieu (D. Pic. 24) porte la tunique courte, cf. aussi Hugues II, vicomte de Chatellerault, 11 70 (DA 1098), qui porte le même costume que celui des chevaliers de Bayeux. Les sceaux nous donnent fort rarement des milites en costume civil : de 1 100 à ? 170 je n'en coupais que trois exemples.
Cette cotte courte est serrée à la taille, soit par une ceinture très ornée, soit par le ceinturon qui maintient l'épée du chevalier. Les manches de ce vêtement fort commode sont étroites, un peu plissées sur les bras. Les poètes nous disent qu'elles étaient de différentes couleurs, mais que le vert était préféré. Les pieds sont chaussés de souliers très bas, terminés un peu en pointe '.
I. Nous avons très peu de renseignements au sujet des souliers. Il y en avait, nous disent les poètes, de plusieurs sortes, le soulier de cérémonie assez bas, terminé en pointe, la botte, qui montait assez haut sur le pied, cf. Perceval, 28494, luteses d'Engleterre.Les monuments figurés nous indiquent aussi des bottes très hautes et échancrées, cf. le trumeau de Souliac, celui de Beaulieu, etc. Le dessinateur de la tapisserie leur a donné à tous le petit soulier bas terminé en pointe. Cette coutume était usitée déjà au xi'' siècle, cf. Adalberon, /. c, v. 96-106: « Coepit summa pediim cum tor-tis tendere rosti-is. » Oderic Vital croit que cette forme a été importée de l'Anjou par un nommé Robert, attaché à Guillaume le Roux, cf. VIII, XI, p. 323 (an 1090) : Unde sutores, in calceamentis, quasi caudas scorpionum, quas vulgo pigacias appellant, faciunt, id que genus calceamenti pêne cuncti, divites et egeni, nimium expetunt, nam antea otnni tempore rotundi subtalares ad formam pedum agebantuv, eis que summi et médiocres, clerici et laici, competenter ute-
La tête de tous ces personnages est nue, et les sources écrites n'indiquent aucun chaperon en usage pendant la deuxième moitié du xii^ siècle '. Ce n'est que vers l'extrême fin du xii^ ou mieux, au commencement du xiii«, que les personnages sont représentés coiffés d'un chaperon ou d'une sorte de casquette. Des textes indiquent qu'on portait quelquefois un surcôt par dessus cette cotte, mais je ne saurais dire la forme de ce vêtement. Lorsqu'on sortait, on revêtait un manteau long ou court, en soie, orné d'orfrois, doublé souvent de fourrure et retenu au milieu de la poitrine comme celui d'Harold, ou sur l'épaule gauche, par un fer-
bantur », cf. p. 325. Je crois que le bout du soulier était non seulement pointu, mais se relevait sur le pied. Oderic Vital, XI, II, p. 208 : Et in summitate pedtim siionim caudas scorpionum geriint.
I. Je ne sais vraiment pas comment Quicherat a pu écrire que les personnages de la tapisserie étaient coiffés de bonnets « ayant la forme de béret ou de calotte ». C'est vraiment à croire qu'il ne l'avait jamais vue, cf. Quicherat, Histoire du costume, p. i36: « La plupart des personnages figurés sur la tapisserie de Bayeux, les fantassins, les marins, les valets d'armée aussi bien que les seigneurs en habit de cour ou de voyage portent indistinctement le bonnet (.'). »
moir, petit ou grand, simple ou richement orné. Le manteau court était le plus fréquent, car il laissait les mouvements du bras complètement libre.
Le costume militaire que nous trouvons sur la tapisserie de Bayeux est aussi le même que celui décrit, soit par Wace lui-même, soit par les écrivains de cette période '. Il se compose