Voyez Brut de Wace
Rompent clostures et bort froissent,
Voiles depiècent et mast croissent, et comp. Flore et Blanche/or, 2699 :
Rompent voiles brisent li mas, et dans Guill. d'Engleterre, p. i32 :
Li voiles ront et li mas froisse.
sait bien souvent le rivage où le vaisseau allait aborder, il était d'usage, en pareil cas, de jeter l'ancre en pleine mer; les chaloupes faisaient alors le service de l'abordage. Mais, lorsqu'on était proche des rives, on dressait un pont pour pouvoir atteindre commodément le bord '. Au moment de partir, il fallait placer le mât debout, solidement attaché à l'aide des cordes. On déployait la voile qui était souvent tenue en main par celui qui était au gouvernail. La Tapisserie nous décrit ainsi ces différents moments.
Il y avait un petit personnel attaché à ce navire. C'était les hommes de l'équipage. A leur tête venait le capitaine, celui qui commande aux hommes, puis le « governeor » ou, d'un terme germanique 1' « esturman « % personnage
1. On tire les navires sur la tapisserie à l'aide de cordes et de poulies. Scène XXXIX, comme VEn trée en Espagne nous l'indique, ms. fr. de Venise, XXI, f. 228 : Desor li dos bastiaus fait bastir un soler. Tant com li bon civals poit a loisir ester. Gautier, Chanson de Roland, p. 219.
2. Les deux termes sont réunis dans le Brut de Wace, 1 1496-7 :
Detries sont li governeor Et des estirmans li millor.
très important qui tenait le gouvernail, enfin les mousses deciples, eschipres. Ceux-ci accomplissent les corvées, montent au mât, dressent les cordages, en un mot font les besognes les plus pénibles. La tapisserie nous montre un de ces mousses tout nu qui regarde au loin, du haut du mât principal du navire '.
Les gens du commun, les vilains sont un peu oubliés par notre artiste. A peine ont-ils trouvés place dans la bordure, où nous pouvons voir en effet des paysans occupés aux travaux des champs. Celui-ci laboure, celui-là sème, enfin un autre, aidé d'un compagnon, cherche à tracer des sillons droits. L'artiste nous montre des vilains au service du maître, occupés à conduire les chiens de chasse. Ce sont les varlets à chiens des romans. Ils vont à pied, armés de deux bâtons, et se hâtent de conduire les chiens à la poursuite de l'animal sauvage. Ils sonnent quelquefois du cor pour apprendre aux chevaliers le lieu où git le cerf ou le sanglier. D'autres retiennent avec une corde des chiens trop ardents. Je ne saurais dire si celui qui est à cheval, tenant à la main une massue et suivant à la hâte deux grands lévriers, est un varlet ou un chevalier. Je croirais plutôt à un per-