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CHAPITRE II

thése de M. de Ronchaud, des tapisseries représentant

la bataille de Salamine dans une série de tableaux, dont chacun figurait sans doute la lutte d’un vaisseau grec contre un navire persan. Une seconde galerie contenait des tapisseries ornées d’animaux monstrueux et de chasses. L’expression dont Euripide se sert en décri- vant ces tapisseries (Bapédgmv tydiopata} signifie ou qu’elles étaient de fabrication orientale, ou qu’elles étaient exécutées 4 la mode des Orientaux, dont les Grecsavaient appris lart de la tapisserie, et qui, dés la plus haute antiquité, se plaisaient a orner les tissus de figures d’animaux fantastiques. Quant aux draperies servant de portiéres, et qui représentaient histoire de Cécrops et de ses filles, elles étaient certainement de fabrication athénienne et le don d’un citoyen d’Athénes. Il est probable que ces diverses tentures étaient couleur de safran, comme le péplos d’Athéné?.

Les portiques étaient, selon toute vraisemblance, également ornés de tentures. Peut-étre méme y avait-il des rideaux aux galeries du péristyle, comme il y en avait aux galeries de la cella. Enfin, au-dessus de la. statue colossale de la déesse, dont la téte dépassait la toiture, s’élevait une sorte de tente, formée de tapisseries représentant le ciel avec ses constellations. « Cette -disposition si ingénieuse, dit éloquemment M. de Ron- -chaud, multipliait les voiles autour de la divinité, -adoucissait la lumiére qui tombait sur: son casque et sa lance d’or, et Ja faisait mourir 4 ses pieds dans-‘une ombre transparente, pleine de religieuses pensées.:»

a. Euripide, Hécube, 468

Les victoires d’Alexandre, en mettant la civilisation hellénique en contact avec la civilisation de lEgypte, de la Perse, de ?Inde, devinrent pour. la peinture en mati€res textiles le point de départ d’une ére nouvelle. Dans cet échange, la Gréce pourrait bien avoir regu plus qu’elle n’a donné; il est difficile que les nations qui ont porté une industrie d’art 4 son plus haut degré de perfection technique ne finissent point par imposer leur gout a celles qui se distinguent seulement par des qualités esthétiques: l’imagination, la noblesse des sentiments, la pureté du dessin; a tort ou 4 raison les amateurs .préfereront toujours dans un tissu la richesse ou la finesse de la matiére premiére, la perfection de la main-d’ceuvre, 4 la beauté de invention, et quels ateliers ont porté plus loin la science de la teinture et du tissage que ceux de Sidon, de Tyr, de Babylone!

Le conquérant macédonien, dans l’éblouissement que lui causérent des succés tenant du prodige, ne tarda pas a sacrifier 4 tous les raffinements du luxe asiatique; il n’y eut plus d’ornements assez précieux pour ces triomphes, cette apothéose, qui se renouvelaient tous les jours. 3 ~

. Sa tente ordinaire, recouverte,en guise de toiture, de tapisseries tissues d’or, était supportée par cinquante colonnes dorées; elle contenait cent lits. Plus magnifique encore était la tente dans laquelle Alexandre célébra son mariage. Elle se composait d’étoffes teintes en pourpre ou en é€carlate et tissues d’or,.qui étaient sus- ‘pendues a des colonnes plaquées d’or ou d’argent et incrustées de pierres précieuses. Les parois du péribolos étaient ornées de magnifiques tapisseries historiées, fixées a des poutres également plaquées de métaux pré-

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