‹ La tapisserieChapitre 14 sur 182 · Bullettino di archeologia cristiana, 1871, p · texte numérisé non relu

Bullettino di archeologia cristiana, 1871, p

sante dans les colonies helléniques et notamment dans la Grande-Gréce. Décrivant la capitale de la Sicile, a Pépoque des guerres puniques, Silius Italicus s’écrie qu’ « aucune ville, parmi celles que le soleil éclaire, ne pouvait étre alors comparée a Syracuse. On s’y inquiétait peu d’aller chercher des bronzes 4 Corinthe ou de trouver des rivaux dans l’art de confectionner des étoffes brochées d’or, ces étoffes dans lesquelles la navette babylonienne fait respirer dans le tissu des visages humains, ou la pourpre de Vorgueilleuse Tyr, ou les riches tapisseries d’Attale, ou les toiles de Memphis?. »

A Sybaris, on admirait le vétement d’Alcisthéne, que Denys VAncien vendit, dit-on, aux Carthaginois pour la somme énorme de 120 talents. Cette etoffe, qui mesurait quinze coudées, était teinte en pourpre; on y voyait tissus dans le haut les animaux sacrés des- Susiens, dans le bas ceux des Perses. Le centre était occupé par les figures de Jupiter, de Junon, de Themis, de Minerve, d’Apollon et de Vénus; vers les deux extrémités, on voyait Alcisthéne ainsi que la personnification du fleuve Sybaris?.

Cette floraison fut encore plus brillante en Asie Mineure, dans la ville. de Pergame, qui réussit un

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: Vestis, Spirantes referens subtemine yultus, Que radio celat Babylon, vel murice picto Leta Tyros, queque Attalicis variata per artem Aulzis scribuntur acu, aut Memphitide tela.

(Ch. xiv, v. 656-660.) -

2. Aristote, De mirabilibus auscultationibus, ch. xcvi, éd. Didot, t. IV, p. go. Cf. Lenormant, la Grande Gréce, t. I, p. 283.

“ CHAPITRE II. at

instant. — les admirables bas-reliefs récemment acquis par un grand musée européen en font foi — 4 rivaliser, dans le domaine du grand art, avec les écoles de la Gréce propre. D’aprés le témoignage de Pline, un de ses rois, Attale, aurait inventé, au me¢ siécle avant notre ére, l’art @insérer des fils d’or dans les tissus. Ce qui est certain, C’est que les tapisseries a la facon d’Attale, les « attalica aulaa », jouirent dans l’antiquité romaine de:la plus grande célébrité; on les cite constamment comme des -modeéles de richesse et de fini!.

Les tapisseries d’une autre ville de l’Asie Mineure, Milet, les « Milesia stromata», étaient également fort recherchées.

Sardes, de son cété, était fiére de ses tapis ras (psilotapis), sur lesquels, 4 la cour de Perse, le roi seul avait le droit de marcher?.

I] n’y avait pas jusqu’a la Tauride qui ne produisit des tapisseries remarquables par la finesse de la matiere premiére et par Télégance du dessin. Un archéologue russe, M. Stéphani, a publié une étoffe de laine du ive siécle avant Jésus-Christ, qu'il déclare exécutée d’aprés les procédés usités aux Gobelins, et qui nous montre sur un fond cerise des rangées de canards et de tétes de cerfs. Cette étoffe a ceci de particulier que le dessin est exactement le méme a l’endroit qu’a l’envers?.

Si, aprés avoir passé en revue les nombreux tribu-

1. Properce, Elég., liv. IT, x11, 22 et xxx, 12; Silius,loc. cit.

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