‹ La tapisserieChapitre 166 sur 182 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

en Ouvrages communs et grossiers, « qui sont achetés par le commerce du royaume et les églises de province

qui ne veulent pas dépasser un certain prix. » Mais

cette production se chiffrait par des milliers de piéces par an; elle pouvait exercer Vinfluence la plus consi-

dérable sur le gotit de la province.

A la suite de demandes réitérées, le gouvernement consentit non seulement 4 donner aux fabriques d’Aubusson de nouveaux statuts, mais encore a leur envoyer un peintre de talent, Jean-Joseph Dumons, de Tulle, qui, de 1731 41751, leur fournit de nombreux cartons’. Les peintres Juliard, Ranson, Huet, eurent également une grande part a4 la renaissance de la fabrication. On s’inspira en outre des compositions de Watteau, de Coypel, dOudry, de Boucher; de nombreuses répliques de leurs compositions furent exécutées pendant tout le xvi’ siecle. En 1876, 4 Pexposition de ?Union centrale, on remarquait l’Adolescence (piéce d'une suite des Quatre Ages), d’aprés Lancret, avec la signature « Vitra: M. R. d’Aubusson. »

1. Voy. René Fage, Jean-Joseph Dumons, peintre d histoire, 1687-1779; Tulle, 1881, p. 8.

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~ CHAPITRE XV bs

LE XVII1° SIECLE (suite) LUITALIE, L’ESPAGNE, L’ANGLETERRE, L’ALLEMAGNE ~ LA RUSSIE, LES FLANDRES “DECADENCE DE LA\TAPISSERIE

En Italie, nous voyons disparaitre, dans la premiere moitié du xviu¢ siécle, la manufacture qui faisait depuis si longtemps la gloire de Florence, la plus ancienne

des manufactures alors existantes. Fondée par celui des

Médicis qui prit le premier le titre de Grand-Duc, l’établissement Médicéen s’éteignit avec le dernier représentant de cette famille illustre (1737). La belle tenture des Quatre parties du monde, d’aprés les cartons de Jean Sagrestani, au musée national de Florence, est aussi

le testament artistique de cet atelier qui, au début,

avait eu A sa téte des maitres de la valeur de Jean Rost et de Nicolas Carcher.

Par contre, trois manufactures considérables, dont deux au moins ont subsisté jusqu’en plein x1x° siécle, prennent naissance, vers la méme époque, dans les capitales des trois principaux souverains de la Péninsule, le pape, le roi des deux Siciles, le roi de Sardaigne.

La manufacture installée dans Vhospice de Saint-

CHAPITRE xv.

hel, ac Rote. date ae 1710; a ce moment, le pape sment XI Albani fit venir de Paris le tapissier Jean Re gmone hs et le chargea. Bae conjointement avec

Eaopoinicments fixes, Datelier romain ne tarda pas a prendre un grand développement, surtout sous la direction de Pierre Ferloni, qui présida pendant plus dun demi-siécle 4 ses destinées (1717-1770). Nous en voyons sortir un grand nombre de tentures, dont la

diéces, les Quatre Saisons, diverses compositions reli- . ae des paysages, des trophées. On y fabriquait

a convainere en parcourant la ibneue ieee de ses tapisseries, parmi lesquelles une mention particuliére doit étre accordée aux Scénes deVWhistoire de Rome,

“Brent pas en raison de la eons gerits bretie et cela par la faute des peintres chargés de composer les. ‘cartons, bien plus que par celle des tapissiers; il n’est - guere @hérésie, je parle- des hérésies en matiére de. décoration, dont la manufacture pontificale ne se soit rendue coupable. - Bags

Arrétée par la Révolution, la fabrication des tapisse ries A figures reprit une certaine importance a partir du régne de Grégoire XVI (1831-1846); elle se pour- — suivit jusqu’a l’entrée des Italiens a Rome. Les métiers

étaient placés 4 ce moment sous la direction du che- = valier Pierre Gentili, auteur d’un essai sur Tart de sla?

tapisserie. é

En 1738, année méme oi s’éteignait la manufacture — des Médicis, le chef ae la maison de Savoie, Chanesy Emmanuel III, prit 4 son service son plus habile ouvrier, Victor Demignot, qui était dailleurs un enfant de Turin, et lui confia la direction d’un atelier de basse lisse, tandis qwil chargeait Antoine Dini installer — des métiers de haute lisse. Un peintre de talent, le chevalier de Beaumont, recut la mission de fournir, avec” le concours de quelques artistes secondaires, les cartons nécessaires aux deux ateliers, qui occuperent aos le début un personnel de dix-sept tapissiers. nee

L’ Histoire d’Alexandre, Histoire de Jules Ce % l'Histoire d@’ Annibal,\'’Histoire de Cyrus, peut-étre aussi [Histoire de Marc-Antoine, exposée 4 Milan en. 1874 des paysages, des marines, des bambochades, telles furent les premieres productions de la mien laeeee

En 1754, Vatelier de haute lisse fut supprimé et l'on ae ne travailla plus qu’en basse lisse, principalement @apres” les cartons d’un peintre francais, Laurent Pécheux, de Lyon, qui remplaca en 1766 le chevalier de Beaumont s comme peintre de la manufacture. En 1784, le fils de — Victor Demignot, Francois, fut & son tour remplacé — comme directeur par Antoine Bruno, qui resta 4 la téte

crement aux exigences de la décoration.

‘La manufacture de Naples est, comme celle de Turin, fille de la manufacture de Florence. Lors de la suppression: de cette derniére, en 1737, elle recueillit | une partie de ses ouvriers, grace a Yhabileté et a Vardeur desquels elle prit rapidement une grande extension. Un eee romain, Pierre pueseT, eacliava, vers le milieu

aples, la manufacture de cette ville se proposait avant tout Pimitation des ouvrages des Gobelins : nous remarquons en effet parmi elles les Quatre éléments et lHistoire de don Quichotte. Signalons en outre l’Enle- > yement de Proserpine, PAmour et la Chasteté, la Munifarce ae LApothéose de Charles III,

ms rac Vente: divers ateliers deel: dont les deux vrincipaux avaient a leur téte Pierre Davanzo et satonio Dini, Pancien directeur de la manufacture de

L’Espagne, réfractaire pendant le xvie et le xv siécle a Vintroduction de métiers de tapisserie, compte au

xvime siécle plusieurs fabriques importantes. La plus. ancienne d’entre elles est celle de Santa Barbara, dans la ~

Casa del Abreviador, a Madrid. Fondée, en 1720, par

le roi Philippe V, le petit-fils de Louis XIV, elle eut — =

pour premier directeur un tapissier d’Anvers, Jacques Van der Goten. Dés les trois premiéres années, elle mit au jour une Féte rustique, dans le style de Téniers, et une Chasse au Faucon. Dans la suite, aprés que, grace “au concours d’un tapissier francais, Antoine Lenger, on

eut dressé des métiers de haute lisse a c6té des métiers

de basse lisse, exclusivement employés au début, la fabrique exécuta, avec un grand succés, une copie de la Vierge ala Perle, de Raphaél (730). My.

La fabrique de Séville, fondée en 1730, sous la direction d’André Procaccini, l’ancien entrepreneur de la fa-

brique de Saint-Michel de Rome, et avec le concours de

Van der Goten, ne vécut que peu d’années. On y commenca la reproduction de la Conquéte de Tunis, tissée

au xvie siécle par Pannemaker, ainsi que celle de His- —

toire de Télémaque. ‘

Aprés la suppression de la fabrique de Séville, celle

de Santa Isabel, 4 Madrid, recueillit son héritage.

Nous ne pouvons entrer ici dans le détail des travaux

de ces différents établissements. Il nous suffira de dire

que, grace a l’activité de la famille Van der Goten, dans laquelle se ‘personnifie pendant longtemps W’histoire de la tapisserie espagnole, on vit succéder rapidement, a la Conguéte de Tunis et a Histoire de Télémaque,

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