‹ La tapisserieChapitre 168 sur 182 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

oe AU début du xviue siécle — c'est M. Wauters, si ‘soucieux de la gloire de sa ville natale, qui nous fait oe ‘cette douloureuse confidence, — Bruxelles ne comptait plus que huit fabricants, occupant 53 métiers, avec en- Viron 150 ouvriers; la fabrication y était donc tombée, comme-importance économique, infiniment au-dessous = de ce qu’elle était a Felletin, qui, en 1742, noccupait pas moins de 233 métiers. En 1764, les fabricants - bruxellois étaient réduits a deux, occupant de 12 a 18 ouvriers. En 1768, iln’en restait qu’un, le représentant es -. @une famille célébre dans les annales de la tapisserie, Jacques Van der Borght. Avec lui s’éteignit, en 1794, le dernier atelier bruxellois. : eo Soe : Les Campagnes du duc de Marlborough, au chateau . de Blenheim, les Victoires du prince Eugéne, les Cha- 3 teaux de la famille de Mérode, les Amours de Vénus et d Adonis, d’aprés Jean Van Orley, Histoire de - Psyché, Vaprés le méme, les Quatre Saisons, les Plai- -sirs du monde, les Fétes des paysans, d@aprés Teéniers, - VHistoire de don Quichotte, Histoire du duché de Brabant, daprés V. H. Janssens, a hotel de ville de Bruxelles , les Triomphes des dieux, | Histoire de Moise, l Histoire de Gavre, V Histoire de Daphnis et Chloé, telles sont les principales productions des fa- briques de Bruxelles pendant leur longue agonie'. Dans leur détresse, les tapissiers acceptérent avec em- pressement les commandes de l’ordre le plus humble. Tis fabriquérent en grand nombre, ace qu’il semble, des

y. On trouvera des reproductions de plusieurs de ces tentures dans les Tapisseries historiées a UV Exposition nationale belge de 1880, par MM. Wauters et Keuller. Bruxelles, 1880.

« «tabliers »aPusage des Rowmaras, c’est-a- dire ie bandes de tapisserie ou de damas, plus longues que larges, qu s’attachent aux balcons et a l’appui des fenétres pour les fétes publiques, pour ‘les processions, le carnaval. Le prince Torlonia posséde une série intéressante de pieces de ce genre : le sujet, restreint 4 un grand médaillon, occupe le milieu ; le champ, de couleur bleue, est semé de gracieuses ntabosdue Les médaillons sont historiés d’Amours ou de scénes mythologiques. Ces piéces pro viennent des ateliers de Bruxelles, comme le prouve Pécusson flanqué du double B, et accompagné pare: des initiales du tapissier, U. L. (Urbain Leyniers) 4,

Les autres fabriques flamandes ne furent pas mieux partagées que celles de Bruxelles; celle d@’Audenarde > disparut en 1772; celle de Gand eut un sort semblable vers a méme époque?.

L’histoire de la tapisserie au xvru° siécle finit sur une note attristée. La ruine des ateliers flamands n’était que le prélude d’autres désastres, auxquels, hatons-nous de lajouter, les troubles politiques n’eurent qu’une faible part: lamodeavec ses innovations et ses inconséquences, — @une part; de autre, la disparition des grandes fortunes : et la recherche du bon marché, tels furentles principaux — facteurs dune révolution qui ne tendait a rien moins qu’a la disparition de l’art du tapissier. Les papiers x peints et les étoffes brochées prirent la place occupée, pendant une longue succession de siécles, par les ten-

1.M& Barbier de Montault, Inventaire descriptif des tapisseries. «de haute lisse conservées 4 Rome, p. 113. a2 SS Rn

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