‹ La tapisserieChapitre 23 sur 182 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

d'un tabernacle, renfermant un aigle qui s’échappe, au moment ou les flammes jaillissent de tous cdétés 1.

Jusque vers le milieu du mi° siécle, les empereurs, dédaignant les ornements féminins, s’étaient contentés de la toge de pourpre. Aurélien (270-275), le premier, affecta dans son costume un luxe digne des monarques de l’Asie : étoffes brochées d’or, perles, gemmes, rien ne parut plus trop somptueux a ce farouche soldat, qui crut sans doute faire oublier ainsi Vobscurité de sa naissance. Dioclétien (284-305) renchérit encore sur une pompe qui dés lors parut inséparable de la majesté impériale.

Ce n’était 1a, au fond, que la consécration officielle du luxe déployé par les particuliers. Ne vit-on pas, du temps de l’empereur Carin (283-284), Junius Messala prodiguer aux comédiens des vétements du plus fin lin d’Egypte, de ces étoffes de Tyr et de Sidon, si déliées, si moelleuses, d’une pourpre si éclatante, aux broderies si délicates, des mantelets tissés chez-les Atrébates, des surtouts de laine de Canuse?!

Dans son Enlévement de Proserpine, le dernier poéte paien a essayé de faire encore une fois briller 4 nos yeux une de ces tentures chantées en si beaux vers par Catulle et par Ovide. Seule, nous dit Claudien, Proserpine charmait sa demeure de ses chants harmonieux, et préparait vainement des présents pour le retour de sa mére. Son aiguille tragait sur un tissu lachaine des éléments et le palais paternel; la nature, mére des mondes,

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