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CHAPITRE IV

LA TAPISSERIE EN ORIENT ’ DEPUIS LES PREMIERS SIECLES DE NOTRE ERE JUSQU’AUX CROISADES

I] n’est aucune branche de l’art qui ait aussi sou-

vent subi l’influence de l’Orient que celle dont nous

écrivons Vhistoire. D’age en Age, nous voyons l'Egypte, l’Asie Mineure, la Perse, intervenir dans le développement de la tapisserie occidentale, inonder l'Europe de leurs produits, lui imposer leurs gotts. Le secret dé cette domination, tantdt latente, tant6t joyeusement acceptée, n’est pas difficile &€ découvrir : l’Orient est la patrie de la soie, cette matiére précieuse qui désormais parait inséparable de Vidée méme d’ornementation des tissus; ils’est, en outre, familiarisé par une pratique dix fois séculaire avec tous les raffinements de la teinture; enfin l’art textile offre 4 ses ouvriers, plus patients que robustes, l'emploi le plus normal de leur activité et de leur gout. :

La vogue que les tapisseries de Babylone et d’Alexandrie avaient conquise dans le monde romain, dés les derniers temps de la République, n’était que le prélude

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@une prépondérance qui devint presque absolue A I’époque du triomphe du christianisme. Nous avons montré comment les Romains de la décadence se rapprochérent de plus en plus, dans leurs costumes, leurs cérémonies, leur maniére de penser et d’agir, de exemple -donné par les provinces asiatiques. La translation du siége de Vempire a Constantinople ne fit que fortifier cette tendance; l’influence byzantine n’est, a bien des égards, qu’une forme de l’influence orientale.

Avant de poursuivre Vhistoire de la tapisserie dans VOccident, c’est-a-dire dans les contrées qui nous intéressent le plus directement, nous devons done jeter un regard sur ce foyer, dont l’action ne cessera plus de se faire sentir.

Si nous examinons la situation de l’industrie textile en Orient, a l’époque a laquelle nous sommes parvenus (la fin du me, le commencement du 1vé siécle), nous la trouvons peu différente de ce qu’elle était du temps des Ptolémées, quelque cinq ou six cents ans auparavant. Les compositions ou la figure humaine joue le principal rdle n’y sont pas proscrites, ils’en faut. Lorsque Julien PApostat envahit l’ancien empire assyrien, il y trouve partout des peintures retragant des exploits de guerre ou de chasse, absolument comme les bas-reliefs de Khorsabad. L’historien Ammien Marcellin (mort vers 390), 4 qui nous devons ce renseignement, ajoute que l’on ne représente dans ces contrées que des scénes guerriéres: « cedes et bella», Des représentations analogues se retrouvent sur une tapisserie décrite par Sidoine

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