‹ La tapisserieChapitre 28 sur 182 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

tution d'une sorte de tissage mécanique au tissage a la main, ou bien se rattache-t-elle 4 cet esprit -d’indolence, a cet amour de la réverie qui, redoutant le moindre effort intellectuel,.s’absorbe dans la contemplation de compositions dénuées de sens? Toujours est-il qu’on ne voit plus que griffons affrontés, léopards inscrits dans des cercles, aigles fixés sur leurs proies, alors toutefois que lartiste ne s’est pas borné 4 parsemer le champ de la tapisserie de reses, de roues, de pommes, ou de motifs encore moins intéressants.

Le régne des Sassanides (226-652) marque, pour la Perse, le triomphe de ce style somptueux, sinon élégant, dont la régularité, la magnificence vide et froide forment le contraste le plus complet avec la liberté, la vie qui distinguaient les tapisseries d’Athénes et de Rome. Le luxe fut porté a un degré jusqu’alors inconnu : la soie et l’or ne paraissant plus assez riches, on enchassa dans les tissus des pierres de couleur.

Lorsque Vempereur Heéraclius eut vaincu Chosroés II (628), il trouva dans le palais de ce prince, a Dastagerd, d’innombrables étoffes de soie brochées, ainsi que de riches tapis brodés a Vaiguille?.

A lépoque de la conquéte musulmane, en 637, Ctésiphon, Ja capitale des Sassanides, regorgeait de ces. tissus somptueux. Les conquérants trouvérent, entire autres, un immense tapis mesurant 60 aunes de tour et composé de soie, d’argent, d’or et de pierres précieuses. Cette piéce monumentale, qui avait été exécutée pour Chosroés Ie (531-579), représentait un jardin sillonné

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