‹ La tapisserieChapitre 3 sur 182 · LES EGYPTIENS. — LES ASSYRIENS. — LES HEBREUX: L’EXTREME ORIENT · texte numérisé non relu

LES EGYPTIENS. — LES ASSYRIENS. — LES HEBREUX: L’EXTREME ORIENT

L’art de traduire des figures sur le métier est presque aussi ancien que celui de les peindre sur un mur ou sur un panneau. Il apparait sur les bords du Nil plusieurs milliers d’années avant notre ¢re; dans l’Asie occidentale et dans la Gréce; nous le rencontrons en méme temps que les premiéres manifestations d’une civilisation nationale. Dans ces différentes régions, le . role décoratif de la tapisserie s’affirme de fort bonne heure ; aux peuples nomades elle fournit les principaux éléments de Vornementation de leurs tentes; les nations sédentaires s’en servent pour compléter ’aménagement ou pour rehausser l’éclat soit de leurs temples, soit de leurs palais. Dans son remarquable travail sur le style dans les arts techniques et architectoniques, l’éminent architecte et théoricien Semper a cru pouvoir aflirmer gue, dans Varchitecture primitive, le rdle principal, celui d’élément générateur, appartient aux tissus. La - draperie, d’aprés lui, est le principe qui domine art

- lement, tapis ¢tendus sur le sol — a été de protéger -

la sculpture, de édifice a la statue; de 14 viennent les ©

difficulté que la destination premiére des tissus ap:

en des. pays. tiches et artistes ces considérations oy ‘pratiques finissent rapidement par ne plus fournir

tarde pas 4 demander aux tentures, ici, de faire valoir

eens ‘entre lesquelles elles sont suspendues 5

Ue hs matiére nouvelle idee Part textile Houael nais- — sance a des motifs de forme et de couleur, source de.

perpétuelles modifications. Envelopper, déguiser, telles. sont les préoccupations essentielles des constructeurs: primitifs. Ces préoccupations passent de Parchitecture 4 a

idoles habillées. Il suffit eatin d’aprés M. Semper, le plan d’une maison antique pour découvrir qu’elle | i n’était habitable que grace a des rideaux formant, en — labsence de murs intérieurs, les séparations néces- — saires. Ces rideaux, mobiles, suspendus A des tringles. : par des anneaux, go sans doute étre écartés a

volonté *.

Sans nite aussi loin que Semper, on adimewes sans

liqués A architecture — tentures disposées verticapilq P ee

tour A tour contre le soleil et contre le froid. Mais.

wun prétexte au besoin de plaire et d’éblouir. On n g P n

par leurs molles ondulations la pureté de lignes des

1. Der Stil in den technischen vind tektonischen Kiinsten, 1° édit. » Munich, 1860-1863, t. I*, p. 276-322; 2° édit., 1878-1879, a t. I, p. 258 et suiv. Nous empruntons la traduction du rae ci-dessus rapporté au savant travail de M. de Ronchaud : Péplos d@Athéné Parthénos ; Paris, 1872, p. 11, 13, dont une nou-— velle édition paraitra prochainement dans ta Bibliotheque interna- ; tionale de poe : :

‘tamiser ik Jumidre: et csdigouier ak Te mysté Pa. fon oe ou bien. ¢ encore ae ae

es de Bical ee et ivoire: Ce que re ee

vertes de broderies ou teintes en couleurs éclatantes

tpar qaepore® au. oe ee les tentures le seront ; Part textile, dabord li-

“peinture et de " sculpture dfn les décorations as onumentales. | eee eS ke

i ae ied tapisseries. Le point ein a constater, c’est tous ces ouvrages concouraient 4 un méme but:

décoration des édifices au moyen de tissus souples ae

“et. ‘mobiles. -

: ee ar are donne fae mission de hieider la o

serie dans ariauainel’ Pline le Naturaliste, ne me ible avoir réussi si qu’a compliquer w un probléme déja

56a cs ok TAPISSERIE, AP nee laa

- broder a Des “est. pour cela que ces. ouvrages” sont appelés phrygioniens. C’est encore dans PAsie- que le roi Attale a trouvé le moyen de joindre des fils d’or aux broderies, dou ces étoffes ont ete appelées attaligues. Babylone est trés célébre pour la Beare ; des broderies de diverses couleurs, d’ot. le nom de ~ broderies babyloniennes. Alexandrie a inventé l'art de. i tisser 4 plusieurs lisses les étoffes qu’on appelle bro- | carts; la Gaule, les étoffes & carreaux!. >»

Nous allons essayer, en nous. ane des données fournies par Varchéologie, de préciser et de compleéter les assertions de lauteur latin. ,

L’Egypte, berceau de tant d’industries, connut de bonne heure l'art d’orner les étoffes, soit au moyen du tissage, soit au moyen de la broderie, soit enfin par des applications de couleurs, Les peintures de Vhypogée de Beni-Hassan, antérieures de 3,000 ans a notre ére, renferment la représentation d’un métier qui se rapproche singulierement de ceux qui sont en usage de ‘nos jours aux Gobelins : chaine verticale, batons de croi-

sure, peigne servant a tasser et a égaliser le tissu, aucun — des éléments constitutifs de la haute lisse n’y manque. —

1. Comme on ne saurait trop préciser en pareille matiére, jen reproduirai le texte original en regard de cette traduction, que jemprunte aux Classiques publiés sous la direction de M. Nisard: « Pictas vestes apud Homerum fuisse (accipio), unde triumphales nate. Acu facere id Phryges invenerunt, ideoque Phrygionie appellate sunt. Aurum intexere in eadem Asia invenit Attalus rex: unde nomen Attalicis. Colores diversos picture intexere Babylon maxime celebravit, et nomen imposuit. Plurimis VCO os 2 liciis texere, quae polymita appellant, Alexandria instituit; scu- ~ tulis dividere, Gallia. » (Hist. nat., liv. VII, 3 74). .

ASS que le roi Amasis. envoy acédé: monien nous ee qui ‘elle etait de lin, mais

Oke TAPISSERIE.

et le style, de la tapisserie aks Pernice ee anciens. Pharaons. Une. peinture publiée par MM. Perrot et “Chipiez* nous montre un tapis suspendu au fond — dun édicule: le dessin en est purement ornemen- es tal; il se compose de cercles, de triangles, de pal- — mettes renversées. Un autre tapis égyptien, cette fois- | ‘ci un original, non une reproduction, est décrit par — : Wilkinson, comme se trouvant dans une collection an-- — - gilaise; on y voit, au centre, sur un fond vert, un jeune - gargon en blanc, ayant une oie au- dessus de’ lui; viennent ensuite une bordure de lignes rouges et bleues, “des figures blanches sur un fond jaune, des lignes bleues et des ornements rouges, puis une nouvelle. broderie rouge, blanche et bleue*®. Enfin, dans des” étoffes exposées au musée du Louvre, on remarque ie des bandes assez étroites, agrémentées d’ornements varies, dont le tissu serré, épais et grenu, analogue a celui du reps, offre tous les caractéres de la haute lisse. at est vrai que la présence, dans ces étoffes, de fils de: ‘laine nous force a les ranger parmi les derniéres pro- - ductions de Pére pharaonique, peut-étre méme part celles du nouvel empire des Lagides. En effet PEgyp 1 dans les temps anciens, n’employait que le lin et le. coton. Elle ne commenca que fort tard, peu de sicles. avant notre ére, & travailler la laine et la soie, cest- f aan dire les deux matiéres sans lesquelles la tapisserie ne saurait atteindre a Vintensité de couleur, a Véclat. qu a - nous sommes en droit de lui demander. Nous auron

i. . Histoire de Vart ae Fariquite. tle De OSs 3 . Manners and Customs os the ancient Bay puans, ares série, 2 Sea sae ee nie: tH, Pe 142.

CHAPITRE PREMIER. ig plus loin Voccasion de montrer quel essor les ateliers ee des bords du Nil prirent 4 partir de ce moment; ce fut — un des bienfaits de la conquéte grecque, qui, a d’autres

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