‹ La tapisserieChapitre 30 sur 182 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

leur paraitre des monstruosités dues a des imaginations égarées par le panthéisme. Admettons donc que l’école d’Alexandrie elle-méme n’etit pas déja, avant V'invasion arabe, adopté un style de décoration se rapprochant de la tapisserie; il y a tout lieu d’admettre que les conquérants la mirent dans la nécessité d’adopter ce style, comme se rapprochant davantage de ce qu’ils avaient continuellement sous les yeux et comme étant le seul que Vhomme put se permettre en face du Dieu unique, dont les ceuvres ne devaient pas étre imitées par la créature!. »

L’explication tentée par Viollet-le-Duc ne péche que par un point : l’éminent architecte s’est exagéré la rigueur d’une législation qui a recu de nombreuses, d’innombrables atteintes. La défense de représenter des étres animés n’a pas été aussi absolue qu’on le croyait autrefois; il est aujourd’hui permis de parler de peintures arabes sans provoquer un sourire d’incrédulité. C’est surtout dans les tapisseries que les compositions ou entrait la figure humaine ont abondé. Nous ne saurions mieux faire, a cet égard, que de nous appuyer sur le témoignage d’un juge autorisé : « Dans les ateliers de Kalmoun, de Bahnessa, de Dabik, de Damas, dit M. H. Lavoix, ow se confectionnaient les plus riches soieries, les beaux velours, les magnifiques tapis dont les produits constituaient le commerce le plus ¢tendu et le plus fécond de l’Orient, les ouvriers avaient pour usage de rehausser la beauté des tissus sortis de leurs mains par des représentations connues et acceptees de ious. A lélégance du dessin, ala beauté des couleurs,

Page 1