Voy. Soldi, les Arts méconnus, p
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les ouvrages des grandes manufactures de l’Asie joignaient Vintérét de tableaux véritables. C’étaient tantét des chasses, des fétes, des concerts, des danses d’almées, tantdt des combats, des luttes, des festins, toutes les scénes enfin de la vie musulmane?. »
Le triomphe du mahométisme, loin de nuire 4 un art si intimement lié aux moeurs de l’Orient, lui imprima donc un nouvel essor. Dans un travail d’une érudition toute spéciale, toute restreinte, et dont il s'est singuli¢rement exagéré la portée, un orientaliste tchéque, M. Karabacek a montré en quelle estime on tenait, en Perse et dans les contrées voisines, dés le début de la domination arabe, ces précieux tissus, que l’on payait littéralement au poids de lor, et qui tombaient rarement entre les mains de simples particuliers?.
Comme jadis le tabernacle des Hébreux, la Caba de la Mecque emprunta les éléments principaux de sa décoration a l’art textile. C’était A qui, parmi les fidéles, lui offrirait les tissus les plus riches. Dés Vannée 776, le poids des tapis suspendus sur les parois du sanctuaire en menacait la solidité; on les enleva; mais, moins d’un demi-siécle plus tard, il fallut procéder a un nouvel enlévement. Le voyageur sicilien Ibn Dschobair, qui visita la Mecque en 1183, s’extasie devant la richesse de cette décoration si souvent renouvelée.
1. Gazette des Beaux-Arts, 1875, t. Il, p. 110. Voy. aussi Youvrage de M. de Schack, Poesie und Kunst der Araber in Spanien und Sicilien. Berlin, 1865, t. Il, p. 166 et suiv., p. 191, 233.