CHAPITRE VI. 9S
lemagne. Des lignes assez larges, @un brun foncé,
LE CHRIST BENIS6ANT, (Dome de Halberstadt.)
marquent les contours. Quant aux lumiéres ou aux
ombres, elles sont produites par la dégradation ou le renforcement du ton principal. L’ensemble se distingue par une gravité exempte de raideur. Kugler, auquel nous empruntons les renseignements qui précédent, attribue les tapisseries du déme de Halberstadt a la fin du xu® siécle. D’aprés le chanoine Bock, cette suite serait méme plus ancienne’ encore : elle daterait du xi¢ siécle,
En présence de témoignages aussi probants, il nous parait impossible d’admettre plus longtemps que la tapisserie de haute lisse ait pris naissance a la fin du xi’ siécle seulement, et que la plus ancienne mention qu’on en posséde soit celle du Livre des métiers, @Etienne Boileau. Connue des Egyptiens, des Grecs, des Romains, jouissant dans l’Asie occidentale, et notamment en Perse, d’une faveur qui ne s’est pas dé- -mentie pendant quinze siécles, la haute lisse a pu étre momentanément sacrifiée 4 d’autres procédés : le secret n’en.a jamais été perdu. A plus forte raison ne saurait-on attribuer l’invention de ce procédé si ingénieux A une époque aussi rapprochée de nous que le xe siécle. Les croisades, qui ont ravivé tant d’autres branches de V’art décoratif, pourraient bien, ici également, avoir fait sentir leur influence fécondante.