CHAPITRE Ix
plan, un patre auquel l’ange vient annoncer la bonne nouvelle. Peut-étre edt-il mieux valu supprimer ces figures accessoires et concentrer I’attention sur le groupe
SAINTE FAMILLE (Collection de M. Spi:zer.)
du premier plan. Au point de vue de l’expression, comme au point de vue décoratif, la composition y aurait gagné. Mais de quel droit prétendons-nous imposer l’esthétique moderne a ces maitres naifs qui, s’ils
ne connaissaient pas la régle des trois unités, avaient en revanche une sincérité rachetant bien des défauts et un inépuisable amour de la nature ? Je n’en veux d’autre preuve que l’admirable guirlande de fruits et de fleurs, se détachant sur un fond d’or, qui sert de bordure a la Nativité. On ne se.lassera jamais d’admirer la délicatesse de son interprétation, la vivacité de son coloris. — On constate les mémes qualités dans la tenture qui représente l’enfant Jésus assis entre sa mére et-son aieule, et prenant la grappe de raisin que celle-ci lui tend dans un calice d’or orné de pierreries. Les trois figures se détachent sur le dossier d’un tréne richement sculpté; elles sont accompagnées de deux anges, dont lun joue de la harpe, tandis que l’autre chante un air noté sur un rouleau de parchemin. Au premier plan, des fleurs; au fond, des deux-cdtés, un coin de paysage. Bordure formée de. pampres. On le voit, rien de plus simple que cette composition, et cependant quelle harmonie dans le groupement, quelle beauté dans les types! La figure de la Vierge et celle de lange jouant de la’ harpe se distinguent surtout par leurs formes si pures, leur expression si suave. | Dans une troisi¢me tenture, le Repos pendant la fuite en Egypte, il n’y a de place que pour l’éblouissement. Rien ne saurait rendre la splendeur de cette gamme, ot Yor alterne avec le cramoisi, la richesse de ce paysage dans lequel lauteur, un Flamand pur sang, a accumulé les notes les plus joyeuses, les motifs les plus pittoresques. Quel adorable tableau que celui de cette jeune mére serrant contre son coeur son fils, devant lequel son pére nourricier s’incline avec une admiration tou-