LA VIERGE GLORIEUSE
(Tapisserie flamande de'1485. — Musée du Louvre.)
“FONS » ORTORVAd =: PYTEYS - Ravaavm.
présentant au centre la Vierge avec l’enfant, a gauche Moise frappant le rocher, 4 droite, un ange remuant
la piscine probatique, est la reproduction d’un triptyque de l’Ecole de Bruges; le tapissier a imité jusqu’aux baguettes dorées qui encadrent la composition, jusqu’aux piliers a clochetons qui séparent le panneau central des volets. On rencontre en outre, vers la fin du xve siécle, un certain nombre de Madones ou de Saintes © Familles, avec des figures généralement représentées a! mi-corps, qui pour la finesse du modelé et Vharmonie des teintes n’ont rien 4 envier aux compositions d’un Memling. Je citerai notamment |’Adoration des Mages, de la collection Fulgence. Mais du moins ces tours de force constituent alors lexception, tandis que dans la suite ils deviendront la régle.
Des documents allant de 1425 a 1430 nous ont conservé le détail des opérations par lesquelles passaient a cette époque les tapisseries de haute lisse. Il s’agit dune suite de l’Histoire de sainte Madeleine, destinée a léglise du méme nom, a Troyes: Frére Didier, jacobin, ayant extrait et donné par écrit Vhistoire de la sainte, Jaquet, le peintre, en fait un petit patron sur papier. Puis Poinséte, la couturiére, et sa chambriére assemblent de grands draps de lit pour les patrons, qui seront peints par le susdit maitre Jaquet, assisté de Symon, l’enlumineur. Les tapissiers Thibaut Clément et son neveu font marché avec les marguilliers et avec frére Didier pour entreprendre le travail de haute lisse. Frére Didier revoit alors ses mémoires; le comptable n’oublie pas de noter a cette occasion le vin « beu avec ledit frére et Thibaut Clément, lesquels ont avisié ensemble en la vie de la dicte sainte ». Une fois les tapisseries livrées, Poinséte, la couturiére, les double de grosse toile et