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CHAPITRE X

LE -XVI° SIECLE SUPREMATIE DE LA FABRICATION BRUXELLOISE INFLUENCE DE L’?ITALIE SUR LA COMPOSITION DES CARTONS LES ACTES DES APOTRES DE RAPHAEL

Le xvie siécle consacra, en y apportant toutefois quelques tempéraments, le rdle que le moyen age avait assigné a la tapisserie. Dans les fétes qui se célébrent sur la place publique, aussi bien que dans les décorations intérieures, latapisserie continue a tenir le premier rang; il serait difficile de citer quelque solennité marquante 4 laquelle elle n’ait pas été associée. La cour de France, par laquelle nous commencerons cette revue, ne néglige

aucune occasion d’exposer les merveilles réunies dans

son garde-meuble: au Camp du Drap d’Or, les Victoires de Scipion l’Africain éclipsent encore les autres chefsd‘ceuvre de l’art textile qui ont fait donner son nom a cette entrevue célébre. A l’entrevue de Bayonne, les tapisseries étalées par Francois I ne provoquent pas moins d’admiration. « Ce roy, dit Branté6me, fut aussy fort sSomptueux en meubles: les deux belles tapisseries

qu’on voit encore en font foy. L’une, du Triomphe de Scipion, qu’on a veu tendre souvent aux grandes salles, le jour des grandes festes et assemblées, qui cousta 22,000 escus de ce temps-la, qui estoit beaucoup. Aujour@’huy on ne lauroit pas pour 50,000, comme jay ouy dire, car elle est toute relevée d’or et de soye, et la mieux historiée, et les personnages mieux faicts qu’on eust sceu voir. A l’entreveue de Bayonne, les seigneurs et dames d’Espaigne l’admiroient fort, et n’en avoient veu de telles 4 leur roy. Aussy, estoit-ce un chef-d’ceuvre de Flandres, présenté au roy plustot par le maistre qu’a Vempereur, ayant ouy parler de la libéralité, curiosité et magnificence de ce grand roy, et qu’il en tireroit bien davantage de lui que de l’empereur, son souverain. Quant 4 moy, je puis dire que c’est la plus belle tapisserie que j’aye jamais veue?... »

La cour impériale ne montre guére moins de magnificence: nous savons notamment qu’en 1558, lors du couronnement de Ferdinand, a Aix-la-Chapelle, Vestrade disparaissait sous les tapis et les tentures tissus dor et d’argent.

L’Italie de la Renaissance, si avide de mouvement, de couleur, d’éclat, met la tapisserie sur le méme rang que la peinture; c’est a elle que Léon X demande de compléter la décoration de la chapelle Sixtine et celle des salles du Consistoire; les doges de Venise, la décoration du palais ducal. Les Médicis de Florence, les d’Este, les Gonzague, recherchent ces précieux tissus avec une ardeur au moins égale; c’est par centaines que

1. Vies des grands Capitaines, éd. du Panthéon littéraire, t. Ie", Pr 20D.

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