‹ La tapisserieChapitre 2 sur 39 · Iliade , VI · texte numérisé non relu

Iliade , VI

dales,depeur de gâter ou de salir l’admirable tissu. De nos jours encore, en Orient, les musulmans, fidèles imitateurs d’Agamemnon, retirent leurs chaussures avant de marcher sur les tapis dont sont garnies les mosquées, ou sur ceux étendus dans leurs propres demeures.

A Rome, les tapisseries n’étaient pas moins estimées qu’en Grèce et en Orient. L’usage d’en couvrir les murailles et même les voûtes et les plafonds, leur avait fait donner le surnom de vestis 1 (vêtement). L’ensemble de ces tentures montait souvent à des prix excessifs. Métellus Scipion, au temps de Caton, dépensa pour une décoration de ce genre 800,000 sesterces (168,000 francs). Plus tard, une tenture du même genre, si nous en croyons Pline2, aurait coûté à Néron 4 millions de sesterces, soit près de 850,000 francs.

Nous verrons, dans la seconde partie de ce livre, qu’au Moyen Age, à l’époque de la Renaissance et jusqu’à la fin du siècle dernier, les tapisseries jouirent d’une réputation, d’un prestige, égaux à ceux dont elles avaient joui dans l’Antiquité. Les Inventaires de Charles V, de Louis d’Anjou, des ducs d’Orléans et surtout des ducs de Rourgogne, montrent le prix qu’on attachait à ces magnifiques ouvrages, et la gloire que les princes les plus illustres tiraient de leur possession.

Notre intention, on le comprend, n’est pas de parler ici de toutes les étoffes qui ont été comprises sous le nom générique de tapisseries; car, pendant une longue suite de siècles, ce mot a servi à désigner d’une façon générale toute espèce de tentures servant à tapisser un édifice, un appartement, une pièce3. La tapisserie dont il sera uniquement question dans ce manuel est le tissu spécial que l’on exécute

1. D’ou le nom de vestiarius, tapissier. Voir Robert Estienne, Thésaurus linguæ latinæ, t. IY, p. 537.

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