‹ La tapisserieChapitre 22 sur 39 · De Luynes, Mémoires , t. III, p · texte numérisé non relu

De Luynes, Mémoires , t. III, p

Fig. 49. — Fauteuil couvert en tapisserie au petit point. (xvii0 siècle.)

Quant aux grandes, aux très grandes dames, elles continuèrent de se montrer fidèles aux traditions de leurs ancêtres. Le duc de Luynes nous apprend que la reine Marie Leczinska fit présent à la duchesse sa femme « d’un meuble en tapisserie avec de l’or, qui est en partie son ouvrage1 ». Nous savons par le Livre- Journal de Lazare Duvaux que la Dauphine ne possédait pas moins de quatre métiers à tapisserie2, et Mme Campan, parlant des quatre filles de Louis XV, écrit : « Mesdames rentroient chez elles, dénouoient le cordon de leur jupe et de leur queue, reprenoient leur tapisserie, et moi mon livre3 ». Plus loin4 5 Mme Campan ajoute qu’ « à Trianon Marie-Antoinette entroit dans le salon sans que les métiers à tapisserie fussent quittés par les dames » ; et plus loin encore elle nous apprend que sous l’Empire on voyait, « chez Mlle Dubuquois, ouvrière en tapisserie, un tapis de pied fait par la reine (Marie- Antoinette) et par Mme Elisabeth pour la grande pièce de son appartement du rez-de-chaussée des Tuileries3 ».

La demoiselle Dubuquois, dont parle Mme Campan, était la fdle d’un marchand célèbre établi d’abord, à Paris, sur le territoire de Saint-Germain des Prés, et qui, plus tard, avait ouvert un magasin rue Taranne, à l’enseigne du Grand Villars. Devenu par la protection de Marie-Antoinette « tapissier ordinaire du Dauphin », ce même Dubuquois organisa en 1770, rue Saint-Honoré, à l’enseigne de Y Obélisque, « une manufacture de tapisseries au petit point pour fauteuils, cabriolets, chaises, bergères, canapés, ottomanes, lits, écrans, chasubles et tentures ». La même année, il

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