‹ La TchécoslovaquieChapitre 23 sur 29 · III. — Les sciences · texte numérisé non relu

III. — Les sciences

Les sciences exactes semblent offrir aux Tchécoslovaques moins d'attraits que les sciences morales, les lettres et les arts. On n'y rencontre point parmi eux, dans le passé, de nom qui s'inscrive au rang des illustrations européennes : des piiysiologistes comme Purkynë, des médecins ont fait honneur à leur race, mais c'est à Vienne qu'ils enseignaient, et longtemps le monde ne les a connus que comme des Autrichiens. Prague a bien été jadis, sous Rodolphe II, un centre d'études scientifiques, mais c'est à des étrangers, Kepler, Tycho Brahe, qu'en était dû l'éclat. Si l'on était tenté d'admettre, avec certains, que c'est la Contre-réformation qui a étouffé l'esprit scientifique en Bohême, il y a là un fait qui ne laisserait pas que d'ébranler un peu l'autorité de semblable explication.

A défaut de très grands noms, la Tchécoslovaquie donne aux sciences nombre de très bons travailleurs, précis, solides, distingués, dont la contribution aux progrès des connaissances est des plus honorables, surtout dans le domaine des sciences appliquées. Les ingénieurs tchécoslovaques méritent encore plus de réputation qu'ils n'en ont ; les chimistes sont bons, certains physiciens éminents, et, parmi les mathématiciens même, quelques noms sont cités par les spécialistes avec considération ou respect. Les géologues font d'excellente besogne. La Faculté de Médecine de Prague compte des cliniciens de premier ordre, formés aux leçons des maîtres de Vienne, de Berlin et parfois de Paris ; et dans leurs élèves d'aujourd'hui, dont les études à l'étranger sont désormais plus faciles et plus variées, ils se préparent des successeurs dignes de leur tâche.

Mais ce n'est point encore ni l'école de savants, ni la tradition scientifique qui conviennent à un grand peuple.

La liberté politique nouvelle, affranchissant la science tchécoslovaque des subtiles entraves qui jusqu'ici l'empêchaient de prendre son essor, lui donnera-t-elle école et tradition ? Verra-t-on, l'ambition nationale stimulant l'effort scientifique, se former à l'ombre des chaires et des laboratoires de Prague cette pléiade de savants de renom européen, la seule chose peut-être qui manque encore à la nouvelle RépubUque pour lui permettre de soutenir sans péril, en tous les domaines, la comparaison avec les plus avancés et les plus complets des peuples et des États du monde d'aujourd'hui ?

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