PRINCIPALES
La densité de la population totale est la moyenne tirée de chiffres fort divers. C'est la Silésie qui fournit le chiffre le plus haut : 147 habitants au kilomètre carré, par suite du développement industriel de la province. Plus généreusement dotée par la nature que la Moravie, la Bohême la précède, avec 130 habitants contre 118 par kilomètre carré. La Slovaquie atteint juste la moitié de ce dernier chiffre, 59, et la Russie subcarpathique tombe à 47. Ces résultats du recensement de 1910 ne seront sans doute guère modifiés par ceux du dénombrem.ent de 1921 ; mais il n'est guère douteux que, rapidement, la Slovaquie se rapproche des pays tchèques.
La Tchécoslovaquie compte trois grandes villes de plus de 100.000 habitants : Prague, dont la population atteignait à la fin de 1920 728.000 ; Bmo (Briinn), qui en a, sur la base du recensement de 1910, 201.000, et Moravskâ Ostrava (Mahrîsch-Ostrau), qui dépasse aussi 200.000. Ces chift'res ne sont pas comparables à ceux de la période antérieure, parce qu'ils résultent en partie d'annexions de communes suburbaines ; le travail qui permettrait de mesurer l'accroissement de la population sur un même territoire urbain entre deux recensements n'a pas encore été fait. L'importance de Prague est due à sa position géographique au centre du bassin, à son rôle historique de capitale politique et nationale, et à son industrie ; celle de Brno, à son ancienne qualité de chef-lieu de province et à l'industrie ; Moravskâ- Ostrava est une ville purement industrielle, du type westphalien, ou encore un Creusot en grand.
Plzen (Pilsen) vient en tête des villes moyennes, avec 85.000 habitants, faubourgs compris, en 1910, serrée de près par Bratislava (Pozsony, Pressburg), avec 78.000 ; l'une surtout industrielle, l'autre historique, ancienne capitale de la Hongrie royale, centre administratif, résidence avant les bouleversements de la guerre d'une nombreuse aristocratie et parfois d'une cour archiducale, aujourd'hui pleine de la vie plus démocratique qui y fourmille autour du ministère de Slovaquie, du commandement militaire, de la direction des chemins de fer, des travaux du port, et dans les usines dont le nombre s'accroît rapidement. Budëjovice (Budweis), Olomouc (Olmiitz) et Kosice (Kassa, Kaschau) sont sensiblement de même importance, ayant chacune autour de 50.000 habitants, chefs-lieux régionaux, animés par un commerce actif, Kosice remplie de confiance dans son rôle de marché intermédiaire vers l'Orient européen. Un peu au-dessous d'elles pour la population viennent Ûsti nad Labem (Aussig) et Libérée (Reichenberg), un peu plus loin encore Opava (Troppau), Jablonec (Gablonz), Teplice (Teplitz), Cheb (Eger) et Most (Brûx) dépassent la limite de 25.000 habitants.
Les villes du pays tchèques ressemblent, par leur aspect générai, à celles de l'Allemagne et de l'Autriche. Celles de la Slovaquie sont en général d'un autre type, qui rappelle le voisinage et l'influence de la plaine magyare ; elles ont dans leurs faubourgs, et parfois en plein centre, de longues rues toutes formées de maisons basses, à simple rez-dechaussée surmonté d'un grenier, telles qu'on les rencontre dans les quartiers extérieurs dé Szeged (Szegedin) ou de Subotlca (Szabadka). Dans une ville comme Kosice, on est frappé de la juxtaposition de ces deux types d'habitations, l'un vraiment urbain, l'autre plus qu'à demi-rural. Les petites villes, dans la vallée du Vâh ou dans les montagnes, Turciansky Svaty Martin (Turôcz Szent Mârton), par exemple, qui est une sorte de capitale, sont en réalité de grands villages : seules quelques maisons plus hautes et plus spacieuses, en général groupées au centre, émergent de la masse plate qui s'allonge dans tous les sens, jusque souvent assez loin dans la campagne.