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HISTORIQUE ET MÉTHODE

La percussion immédiate découverte par Auenbrugger [Inventum novum , 1781) a fait place à la percussion médiate découverte, avec le plessimètre, par Piorry [De la 'percussion médiate , Paris, 1828).

Ces deux auteurs avaient recherché quels résultats la percussion peut donner dans l’étude des maladies, sans soulever la question du mode de production des bruits et de leurs causes physiques.

Skoda et l’école allemande, au contraire, ont essayé d’appliquer aux bruits de percussion, les lois de l’acoustique.

De celte seconde méthode, qui paraîtplus scientifique et plus rigoureuse que la première, sont

TECHNIQUE DE LA. PERCUSSION, sorties plus d’hypolhèses que de découvertes utiles; néanmoins, Skoda nous fit connaître le tympanisme sous-claviculaire étudié depuis par MM. Roger, \\ oillcz, etc.

Plus tard, les questions relatives à la tonalité du son furent surtout étudiées par Walshe, Woillez et T raube.

Enfin, lcsinslruments de percussion : plcssimèlre et marteau, nécessaires pour Piorry et ses élèves, utiles pour quelques autres, inutiles pour la plupart des médecins, ont été tellement multipliés et variés sans raison sérieuse, qu’il convient de passer rapidement sur ce point.

Citons seulement le plessigrciphe inventé et employé par M. Peter, qui loue les avantages qu’on en retire pour la définition et la délimitation précise d’une matité peu étendue.

La percussion immédiate s’exerce avec toute la surface de la main, et sert à donner une idée générale de sonorité ou de matité pour toute une région du thorax ou de l’abdomen. — Elle peut donc permettre la constatation d’une pleurésie, d’un pneumothorax, d’une ascite, et contribuer ainsi à diriger les recherches d’une percussion plus méthodique ; mais, dans aucun cas, elle ne saurait suffire à un examen complet et sérieux.

La percussion médiate s’exerce avec un, deux ou trois doigts de la main droite, faisant office de marteau, et venant frapper d’un coup sec la seconde phalange de l’index ou du médius de la main gauche étendue et appuyée fortement sur le point à percuter.

La supériorité de la percussion digitale sur la percussion instrumentale n’est plus discutée ; on pourrait même critiquer l’abandon trop absoluTdu plessimètre qui rend quelquefois des services. La percussion pratiquée avec le plessimètre et le marteau de caoutchouc donne en effet une note plus claire et plus retentissante, c’est-à-dire plus démonstrative pour l’élève, et plus probante.

Mais les inconvénients du plessimètre et du marteau sont de plus d’un genre : outre que ces instruments compliquent la technique de la percussion, ils suppriment la perception par la main gauche et le doigt percuté, de sensations complémentaires quelquefois très utiles, telles que l’élasticité, le frémissement, les vibrations ou ondulations profondes.

Le médecin doit donc apprendre à percuter avec ‘ ses doigts, sur ses doigts ; et, quand il saura le faire d’une façon convenable, il aura rarement besoin de plessimètre ou de marteau.

L’exercice répété de la percussion sur des personnes bien portantes ou peu malades; capables en

conséquence, de supporter un choc un peu brutal, sera nécessaire pour apprendre à percuter sans faire souffrir le malade.

Sauf les cas où une hypéresthésie cutanée, osseuse ou musculaire vient à s’exaspérer sous une percussion même légère et savante, la percussion est douloureuse parce que le choc a été trop fort ou trop sec ; et le malade a raison de se plaindre.

Si tous les mouvements de la partie faisant office de marteau , se passent dans le poignet, les doigts de la main droite étant rigides, et le coude immobile, un léger choc suffira presque toujours pour l’exploration des organes même profonds.

Quand la percussion dite profonde, c’est-à-dire forte, est nécessaire, le malade devra être averti de la secousse qu’il va subir.

11 va de soi que la position du patient et du médecin variera selon la région à examiner et suivant l’orientation du lit. Cependant, pour l’examen du thorax, le médecin sera mieux placé debout, à la gauche du malade. Danscette position, l’index ou le médius de la main gauche s’appliquera plus perpendiculairement sous la clavicule des deux côtés.

Car il faut autant que possible obéir à ces trois règles : 1° Percuter des points symétriques, successivement; 2° percuter avec une force égale; 3° maintenir le doigt percuté dans la même position.

L’expérience apprend en effet, que le doigt couché dans un espace intercostal, parallèlement à la clavicule, ne donne pas toujours le même son, à percussion égale, que le doigt placé perpendiculairement.

Cela dit, le médecin doit bien se pénétrer de cette idée: que la percussion, la palpation et l’auscultation ne doivent jamais servir isolément , mais concurremment , au diagnostic.

Le rapprochement et la comparaison des résultats fournis par ces trois procédés d’examen, permettront seuls de connaître l’état du poumon de la plèvre et des bronches.

Toute percussion bien pratiquée, méthodiquement et soigneusement, soulève un double problème.

Le premier est purement physique : quelles sont la quantité et la qualité du bruit ou du son perçu ?

Le second est d’ordre clinique : quelle est la valeur de ce bruit ou son dans le cas particulier?

Or, la solution de ce deuxième problème dépend souvent beaucoup plus de la palpation et de l’auscultation, que de la percussion.

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