Essais à effectuer sur les lignes de transmission
— Dès que la construction d'une ligne est terminée et qu'elle est prête à être mise en service, il est utile de procédera des essais pour déterminer les valeurs de sa résistance, de son inductance et de sa capacité. Quant à la mesure de la résistance d'isolement, elle doit î^tre faite fréquemment, tous les jours si possible, et de préfi'rence lorsque la ligne est en charge.
On mesure facilement la résistance ohmique en reliant métalliqucment deux conducteurs de la ligne à une des extrémités, en faisant passer dans ce circuit un courant continu
LIGNES DE TRANSMISSION, STSTÉMES DK DISTRIBUTION 607
dont on mesure très exactement Tîntonsilé et en relevant simultanément la tension aux extrémités de la boucle. Le rapport
-j fait connaître la résistance du circuit, résistance qui est
égale à dcnx fois ce^le d'un des conduclcurs de la ligne, à la
condilton qulls soient de môme longueur el de même diamètre.
La tension U à laquelle on opère étant relativement assez
faible, on peut considérer comme nulles les dérivations d'un
conducteur à un autre par les isolateurs. En mettant de môme
en court circuit Textrémité de la ligne à l'arrivée, on peut
déterminer la valeur de Tindoctance de cette ligne en relevant
la valeur de la tension alternative qui, à la fréquence normale,
doit ôtre appliquée au départ pour obtenir une intensité déter-
U minée du courant dans la ligne. Le rapport — donne la valeur
de Timpédance Z et, comme Tessai précédent a fait connaître la résistance de la ligne, on peut en déduire immédiatement la valeur de mL et par conséquent celle de l'inductance, o étant connu.
Si la ligne comporte des conducteurs multiples, Tessai effectué pour déterminer la valeur de Tinductance peut aussi servir pour calculer l'induction mutuelle d'un circuit sur un autre. On boucle également à son extrémité le second circuit et, pendant que le premier est en charge et parcouru par un courant d'intensité déterminée, on mesure la différence de potentiel aux extrémités du second.
On peut procéder directement à la mesure du courant de charge d'abord à vide et puis avec la ligne en charge, mesure que l'on elTectue sans difficulté par la méthode des trois ampèremètres (Voir § 86, exemple 5°). On établit une dérivation entre deux conducteurs de l'installation à l'aide d'une résistance purement ohmique [lampes à incandescence ou rhéostat liquide (Voir § 232)] et, avec trois ampèremètres soigneusement étalonnés, on mesure Tintensité du courant, d'abord en avant de la dérivation, puis après la dérivation et enfin dans la dérivation même. Ces trois intensités /j, I.y et 73 se représentent
au moyen (le trois vecteurs {fig, 284), qui constituent les côtés d'un triangle. Mais le vecteur h est en concordance de phase avec le v^ecteur de la tension ; en décomposant /o en ia en
phase avec U et en i^ en quadrature avec r, on a la valeur du courant énergétique et celle du courant de charge au point de la ligne oii s'effectue Fessai. Si la ligne est isolée au point d'arrivée, id donne la valeur du courant dérivé entre les conducteurs au delà du point où Ton opère.
Kn répétant l'essai en différents
points de la ligne, à vide et sous différentes charges, on peut tracer les diagrammes respectifs des courants de charge.
11 est utile que les divers essais qui viennent d'être indiqués puissent être également effectués sur les lignes souterraines.
260. Surélévations subites de tension. — Dans les paragraphes 140 et suivants du tome I, on a expliqué pourquoi la brusque interruption d'un circuit ou la formation fortuite d'un court circuit pouvait causer une très forte élévation de la tension dans les circuits, surélévation dangereuse à plusieurs points de vue. 11 ne reste donc maintenant qu'à déterminer approximativement la limite maximum que peut atteindre cette surélévation de tension.
Puisque le phénomène est dû à l'échange qui se produit entre l'énergie électromagnétique du circuit (correspondant au flux développé par la ligne) et l'énergie électrostatique (due à la capacité) et en laquelle se transforme cette énergie électromagnétique, on peut admettre que, dans cette première transformation d'énergie, il n'y a pas de pertes et que la totalité de
l'énergie ^ L/-, emmagasinée dans le champ magnétique, est
utilisée pour charger le condensateur formé par la ligne. Si C est la capacité de cette ligne, lorsque cette dernière aura reçu
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la totalité de la charge, les armatures du condensateur que forme la ligne se trouveront portées à une différence de potentiel U\ indépendante jusqu'à un certain point de la différence de potentiel U à laquelle se trouve la ligne sous l'action de Talternateur ou du transformateur. L'énergie d'un condenseur
chargé étant - CU"^^ on peut poser, d'après l'hypothèse faite,
d'où Ion déduit
L^ = / y I volts.
La quantité l/^ ne peut être qu'homogène à une résistance
pour produire une différence de potentiel lorsqu'elle est multipliée par une intensité. En eflet la dimension de l'inductance L étant une longueur / et celle de la capacité étant /-^/^ dans le système électromagnétique, on a comme dimensions de
la quantité y -p.
r4ii)'-«-.
qui est l'équation de dimensions de la résistance dans le système électromagnétique.
Cette résistance spéciale, inhérente à l'oscillation libre du circuit (Voir t. I, îj 1 W), est, dans le cas hypothétique admis où les pertes sont nulles, indépendante de la longueur du ci rcuit, parce que, aussi bien L que C augmentent de valeur en proportiondirecte avec la longueur de la ligne et leur rapport reste, par conséquent, indépendant de cette longueur. Mais, en réalité, ce rapport en dépend parce que, plus le circuit est long, plus grandes sont les pertes d'énergie et, lors de la première transformation, il peut se produire une notable discordance entre les deux énergies enjeu. Par conséquent, lorsqu'on veut déterminer la valeur limite supérieure, il faut admettre une distribution uniforme de la tension.