CHIRURGICAUX INTRODUITS A DEMEURE DANS L’ORGA
NISME.
1. Dans un certain nombre de maladies et d’affections particulières, Je médecin est obligé, pour compléter la guérison ou pour éviter certains accidents, d introduire à demeure dans l’organisme du malade certains appareils chirurgicaux. L’un des cas les plus connus et les plus fréquents est celui du tubage ; nous le rappellerons en quelques mots. On sait que dans la variété de diphtérie qui s’attaque à la gorge, surtout chez les jeunes enfants, il y a au niveau de la trachée une production abondante de fausses membranes élaborées par des microbes spéciaux qui ont été dernièrement mis en lumière.
(ms hausses membranes peuvent se multiplier avec une rapidité extraordinaire, au point d’obstruer complè-
Lement le conduit respiratoire. Dans ce cas, c’est la morl par asphyxie qui menace l’enfant (i) el le médecin ne doit pas hésiter à établir un conduit artificiel qui pci mette au malade de respirer. Autrefois on procédait pour cela a 1 opération de la trachéotomie qui consiste a pratiquer dans la gorge une ouverture allant rejoindre la trachée au-dessous du point infecté. Actuellement, on pratique plutôt le tubage, c'est-à-dire l’établissement à travers le larynx d’un tube qui n’est naturellement pas obstrué par les fausses membranes, ce qui peut sauver le patient. Ce tube, qui doit rester pendant quelque temps dans cette position, peut être surveillé par l’examen aux rayons de Rœntgen, de manière à voir si aucun dérangement, ni aucune perturbation ne s’est produite dans l’appareil. Cette dernière éventualité a en effet une grande importance. C’est ainsi qu’à la Société anatomique, dans la séance du 5 juin i8ij6, M. Bayeux a communiqué l’observation d’un enfant atteint de diphtérie pharyngée et laryngée, chez lequel le tubage, pratiqué d’urgence, a dû être refait trois fois. On fut obligé d’en venir à la trachéotomie ; l’enlant, mort peu de temps après, montra à l’autopsie une tuberculose pulmonaire, une sclérose s’ous-glottique et une ulcération de la trachée occasionnée par la canule à trachéotomie.
Une bonne opération faite dès le début, la disposition d’un tubage convenable, auraient peut-être sauvé le malade.