L’examen par les rayons X pourra sans doute aussi
(i) En réalité, ces microbes sont redoutables, non seulement par la production de fausses membranes qu’ils déterminent, mais encore par l’empoisonnement que produisent leurs produits d’excrétion. MM. Behring et Roux ont découvert récemment un vaccin qui permet d’atténuer, sinon d’enrayer, celle maladie.
APPLICATIONS MÉDICALES ET C III ItU DGI C A LE S gi
rendre service pour la surveillance clos sondes placées clans le canal uréthral el des endoscopes disposés à la sortie de l'intestin clans certaines maladies spéciales.
3. Enfin, clans divers cas graves, on fixe à demeure dans le corps humain des organes artificiels tout entiers, tels cpie des gorges artificielles, dont on pourrait constater le fonctionnement par les radiations de Rœntgen.
4. Dans les affections des os cpii nécessitent une opération quelconque pour l'élimination d’un séquestre ou partie d’os mortifiée, on a souvent intérêt à remplacer la partie manquante par des fragments artificiels en mastic spécial, en os décalcifié ou par la prothèse; parfois, dans des fractures, on maintient les os avec des attelles métalliques. La radiographie permet de constater ce que deviennent ces diverses parties artificielles clans les tissus du malade.
Dans la séance de l’Académie de médecine du a3 juin 1896, M. Péan a communiqué une série d’expériences fort instructives a cet égard. Une de scs radiographies ce montre le résultat d une résection laile chez une femme d'une vingtaine d’années cpii avait une fracture avec chevauchement considérable des deux os de l’avantbras.
cc Les os furent réunis avec des allclles d’aluminium. Au bout de quelques semaines, le cal osseux étant complet et résistant, on enleva l’attelle radiale et on laissa 1 attelle cubitale et les deux vis d’acier qui la maintenaient.
cc (.es corps étrangers 11’ont déterminé aucune suppuration. La malade, n’en .souffrant pas, désire les conserver.
« La radiographie montre que le cal du cubitus dans
lequel sont restées en place l’attelle et les deux vis, est d’une régularité parfaite, tandis que celui du radius est incurvé, sans qu il en résulte la moindre gène pour les fonctions du membre. Sans nul doute, celle incurvation passerait inaperçue, de même que la présence des vis, si les rayons X ne les avaient révélées. »
« M. Péan, présente, en second lieu à l’Académie, d’autres radiographies qui ont permis de reconnaître ce qui s’est passé dans des os qui ont été restaurés, soit avec des fragments d’os décalcifiés, soit par la prothèse.
« Un de ces malades, âgé d’une trentaine d’années, avait eu, à la suite d’une blessure par un clou de rue, qui s’était implanté dans la plante du pied pendant la marche, au niveau des extrémités supérieures des 4e et 5e métatarsiens, une suppuration aiguë intarissable, qui avait détruit les deux tiers supérieurs de cet os et obligé le malade à garder le lit.
« La perte de substance faite aux extrémités de ces deux métatarsiens a été comblée par un mastic spécial et la guérison a été obtenue rapidement.
« Le procédé de Rœntgen permet aujourd’hui de constater (pic les os, dont les cavités avaient été comblées par Je mastic, sont peu déformés et que leurs articulations sont conservées.
« Un autre malade était alfecté d’une ostéomyélite subaiguë, douloureuse, occupant toute la hauteur du tibia et lui rendant l’existence impossible pendant plusieurs mois. Bien qu’il n’y eût pas d’abcès de voisinage, on consentit, à la demande formelle du malade, à faire l’exploration de la cavité médullaire du tibia.
« Après en avoir réséqué toutes les fongosités suspectes avec la gouge et la pince emporte-pièce, la vaste caverne qui en résulta fut comblée avec des lames d’os décalcifié, et toute la labié interne de l’os fut remise
Grenouille vivant! traversée par les rayons
en place à la manière d’un couvercle, après l excision, au préalable, de tonies les parties malades.
« La plaie faite aux parties molles fut fermée par suture. La réunion eut lieu par première intention.
« A partir de cette époque, le malade n’eut plus aucune souffrance. Trois semaines après, il retournait chez lui et aujourd’hui la guérison est parfaite.
« Grâce à la photographie par les rayons de Rœntgen, on peut voir que le tibia est parfaitement reconstitué et que toutes les lignes sont aussi nettes que s’il n’avait jamais été altéré.
« M. Péan présente encore un malade qu’il a opéré, il y a trois ans et demi, et qui a fait l’objet d’une communication spéciale, il y a deux ans et demi à l’Académie. Lorsqu'il le présenta pour la première fois, cet homme portait à la place de l’humérus, dont on avait enlevé la partie supérieure, un humérus artificiel en caoutchouc durci, articulé avec l’omoplate. Le membre remplissait toutes scs fonctions.
« Un an et demi après, une fistule s’étant produite à l’union de l’extrémité inférieure de l’os artificiel et de la portion inférieure de l'humérus conservée, l’extraction totale de l’appareil prothétique fut laite au moyen d’une longue incision.
« La nouvelle plaie se réunit par première intention.
« Depuis celte époque, le malade, chez lequel l’examen histologique de l’humérus réséqué avait montré qu il s agissait de tuberculose, jouit d’une excellente santé, bien qu’il exerce la profession insalubre de marchand de vins. Son bras a conservé sa longueur normale et 1 articulation de 1 épaule tous scs mouvements; il a si bien recouvré ses forces qu’il sert au malade à soulever des poids considérables, de 5o kilogrammes par exemple, sans fatigue.
9* LA TECHNIQUE des hayons X
Il «-'lait intéressant de vérifier par le procédé de Rœntgen 1 état du squelette osseux qui s’était formé grâce au périoste qu’on avait eu soin de placer autour de l’humérus^ artificiel.
« L’épreuve obtenue embrasse l’ensemble des points intéressants. Elle montre que l’os nouveau, bien qu’il soit aussi résistant, est moins régulier que l’os ancien. Elle montre également que la fusion est complète au point de jonction avec l’os ancien et que la partie supéîicure de 1 os ..nouveau , quoique dépourvue de tète saillante, est logée au contact de la cavité glénoïde et de la lace inférieure de l’acromion et conformée de manière a permettre tous les mouvements (i). »
ni- étude des lésions intra. - osseuses
Les applications des rayons X sont encore tout indiquées dans l’étude des maladies du tissu osseux, soit (pi il s agisse des lésious inflammatoires et organiques, ou bien des lésions de nutrition et de développement des os, ou enfin des lésions traumatiques. C’est des premières sortes de lésions que nous nous occuperons tout d’abord.
Elles peuvent comprendre : les périostites, inflammations du périoste, c’est-à-dire de la membrane fibreuse qui entoure les os, et qui proviennent fréquemment de traumatismes ; on peut y rattacher l’ostéomyélite des adolescents qui frappe la totalité de l’os et qui a pour causes, outre les traumatismes, le froid et la fatigue.
L’ostéite est l’inflammation du tissu osseux et survient à la suite de traumatismes, périostites, scrofules, syphilis ou tuberculose.
(i) D’après la Presse médicale du 24 juin i8yC>.
APPLICATIONS MÉDICALES El CHIRURGICALES gS
La nécrose est la mortification du tissu osseux dont la partie mortifiée doit être expulsée de l’économie. La tuberculose, qui est toujours caractérisée par la présence du bacille de Koch, a pour causes toutes les déchéances acquises ou héréditaires de 1 organisme; parfois une cause occasionnelle, traumatisme ou inflammation, contribue à son développement.
Les tumeurs des os comprennent principalement les exostoses, tumeurs formées par l’hypertrophie ou développement excessifdu tissu osseux ; les fibromes, tumeurs fibreuses ayant pour point de départ le périoste; les gommes des os, d’origine syphilitique et se portant principalement sur les os du crâne; les kystes des os sont des cavités creusées dans le tissu osseux et renfermant des substances liquides ou même solides; les sarcomes ou excroissances ayant une consistance molle; enfin les cancers ou tumeurs rongeantes du tissu osseux.
La plupart des maladies que nous venons de citer donnent lieu à une modification ou à une destruction plus ou moins profonde du tissu osseux ; les parties mortifiées ou séquestres se comportent alors comme des corps étrangers et déterminent la production d’abcès plus ou moins dangereux par lesquels l’économie cherche à se débarrasser de ces organes inutiles.
Les parties osseuses atteintes soumises aux rayons X se montrent naturellement beaucoup plus transparentes (pic les parties saines ; on peut par suite déterminer exactement l’endroit malade et les modifications pathologiques qui sont la conséquence de la maladie. Le médecin se trouvera ainsi renseigné sur l’étendue du mal et sur le traitement qu’il conviendrait d’appliquer.
Des services analogues pourraient être rendus dans l’ostéomalacie, lésion de nutrition et de développement des os, maladie fort rare et qui consiste en un ramollis-
seine ni du tissu osseux produit par la résorption des sels t a I < aii es et le retour de I os a l’état embryonnaire.
Les applications des radiations de Rœntgen à l’examen des os atteints sont déjà nombreuses ; en dehors des recherches entreprises à la première heure à 1 hôpital 1 rousseau par le professeur Lannelongue ( i), on peut notamment citer les cas suivants :
MM. Imbert et Bertin-Sans ont donné la radiographie d’une main d’enfant atteinte de périostite ; on y voit très nettement, a l’endroit atteint, h' périoste décollé et épaissi.
Dans la séance du a3 j uin i 896, à l’Académie de médecine, M. Péan a montré un cliché représentant une main atteinte d’ostéomyélite du doigt et du premier métacarpien ; on reconnaît (pie les os île l'index et du métacarpien qui le supporte, ainsi que le périoste et la gaine des fléchisseurs, sont épaissis ou détruits par la suppuration qui était survenue à la suite de l’ouverture de la gaine, par un corps étranger probablement malpropre.
Le 9 juin 1896, dans la même Compagnie, MM. Barthélemy et Oudin ont présenté les photographies d’une main dont la phalangette d’un des doigts est atteinte de tuberculose, la lésion se reconnaissant à une encoche noirâtre sur la photographie, et île la hanche d’une petite fille dont le fémur était atteint de tuberculose.
MM. Imbert et Bertin-Sans ont également reproduit le tissu osseux de l’épaule tuberculeuse d’une jeune fille de seize ans.
(1) Dès l'annonce de la découverte de Roentgen, M. Lannelongue 1 appliqua à la recherche des lésions osseuses et produisit notamment des clichés représentant un fémur atteint d’ostéomyélite et une main dont un doigt était affecté d’ostéite tuberculeuse et photographiés à travers les tissus de la cuisse ou de la main.
Couleuvre \ivante traversée par les rayons
A la Société anatomique, le si mai 1896, M. Gustave. Keim a communiqué les pièces el les photographies d’un sarcome ossifiant de la première phalange du pouce, survenu a la suite d un traumatisme , le début datait de trois ans ; la douleur, de cinq mois. Du volume d’une petite mandarine, la tumeur engainait presque complètement le pouce, saut sur sa lace externe ; le doigt a été amputé le 21 avril. La photographie par les rayons X a montré que le point de départ était osseux, sous-périosté, la première phalange étant intéressée. De plus, cette photographie a pu faire prévoir l’ossification centrale de la tumeur par sa nonperméabilité aux rayons, semblable à celle du tissu osseux des doigts.
Enfin, le 18 janvier 1897, M. Potain communiquait à l’Académie îles Sciences, en son nom et en celui d’un de ses élèves, M. Serbanesco, une série d’observations se rapportant à l’aide que la radiographie apporte au diagnostic quand il y a doute entre le rhumatisme chronique osseux et la goutte. Dans le premier cas, l’ostéite condensante des extrémités donne à celles-ci une opacité plus grande aux rayons X, tandis que, dans la goutte, on observe, au niveau des extrémités des phalanges et des métacarpiens, des taches blanchâtres. Ces dernières semblent provenir de la substitution des u rates aux phosphates dans les os.