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indécise ; il faut que l'œil se repose, tout comme nos membres.
Cette fatigue de la vue est encore plus intense chez les personnes qui travaillent intellectuellement, qui sont astreintes à lire et à écrire une partie de la journée ; aussi est-ce parmi les savants, les écrivains, les naturalistes, les microgràphes, les astronomes, les paléographes que se rencontrent le plus gr^nd nombre de myopes; Et peut-on s'étonner alors que Tenfant qui est soumis à l'obligation d'apprendre à lire et à écrire, lui dont l'œil est encore très sensible, ne se fatigue pas à l'école, ne prenne pas de mauvaises habitudes de vision pour lire et pour écrire, surtout si la lumière de la salle est défectueuse ? Pour peu que sa vue soit sensible, qu'il y ait chez lui quelque prédisposition à la myopie, on comprendra que, s'il n'est pas surveillé de près, cet état empirera et augmentera tous les jours.
Ici se pose la question de la myopie et de l'état normal de la vue.
Avec Galezowski et Parinaud, le D' Trousseau paraît admettre que la scolarité ne serait pas seule en cause dans la déterminaison et le développement de la myopie. Le premier croit qu'elle est le résultat de la conformation congénitale du globe oculaire qui est la conséquence de l'hérédité.
Or, le D*" Javai avec l'école allemande ne partage pas cette opinion et admet, au contraire, que Teffort
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accommodatif est la seule cause qui provoque la myopie \
C'est admettre selon les uns que Ton naît avec
^Rp
Fig. 3. — Conformation de ToBil normal et de l'œil myope. I. Œil normal; 3. Œil myope.
R. Rétine ; F. Foyer ; Rp. Rayons paraj^lèles.
la prédisposition à la myopie, conformation spéciale du çristjallin, allongement de Toeil, tandis
* « On ne connaît pas bien le mécanisme par lequel certains yeux contractent la myopie, mais on sait que cette affection se développe rarement chez les jeunes enfants, et rencontre son terrain de prédilection parmi les élèves de l'enseignement secondaire. Je pense que, chez les sujets prédisposés, Tœil s'adapte d'une manière permanente aux exigences d'un travail assidu ; au lieu de s'accommoder transitoirement, par une augmentation de convexité du cristallin, il s'allonge de manière à rendre inutiles les contraction-s du muscle ciliaire. Cet allongement graduel ne va pas sans altérations des tuniques oculaires ; la choroïde et la rétine en font tous les frais et l'augmentation de la myopie est le moindre des inconvénients à redouter en pareil cas. C'est pourquoi, dans mon opinion, pour les yeux menacés de myopie progressive, le commencement et la fin de la sagesse consistent à supprimer tout effort d'accommodation, en réglant la distance des yeux à l'ouvrage et en prescrivant des verres strictenient suffisant. » (E. Javal. Physiologie de la lecture et de Vécriture. Paris, Alcan, 1905, in-S^, chap. vn, p. 67etjACCOUD. Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie, tome 39 : Article Vision par Javal.)
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que pour les autres, cette infirmité serait le fait d'une application défectueuse de la vue (fig. 3) .
Sans entrer dans les discussions techniques qui, att point de vue de Thygiène générale, jouent un rôle secondaire, on est forcé d'admettre que la myopie se développe encore chez les enfants pendant la scolarité. Comme le disent Binet, Simon et Vaney : ce Ainsi il est déplorablement certain quela myopie augmente avec la scolarité*. »
Là réside, pour l'hygiéniste, le point capital, et c'est cet état qu'il est de son devoir de signaler et de combattre.
On sait que l'œil est bien conformé lorsque le cristallin n'est pas bombé en avant avec exagération, et ce fait se reconnaît à ce que l'œil est moins ouvert d'avant en arrière ; c'est là du moins l'opinion de la plupart des oculistes.
L'état de l'œil normal* est appelé emmétropie; l'accommodation a lieu alors normalement, c'està-dire qu'à plus de 40 centimètres de distance, un enfant de sept ou huit ans doit être capable de lire, sans aucun effort, un texte imprimé en caractères de 8 points Didot, ou d'une hauteur de 3"'",oo8^
* « La définition de normal, en fait de vision, est comme ea toute chose, de pure conventien. » Binet^ Simon et Vaney : Recherches de Pédagogie scientifique. (Année psychologique, 1905, p. 240.)
2 On est amené ici à parler des mesures typographiques. L'unité de mesure des caractères typographiques est le point ou la sixième partie de la ligne qui théoriquement vaudrait 2""", 75.
Avant Foumier, qui a réglementé et défini plus nettement les mesures typographiques, elles étaient très arbitraires et variaient
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Dans ce chiffre, la hauteur réelle de la lettre sans queue n'est environ que de moitié pour les caractères employés jusqu'au tiers du xix* siècle, soit I millimètre 4 dixièmes ; la différence est représentée par les bords en retraits du parallélipipède sur la surface étroite duquel la lettre est en relief. Le D' Trousseau s'exprime de la même manière, mais en parlant seulement de la hauteur de la lettre elle-même, quand il dit : « La hauteur minimum des caractères doit être de r*"*,5, avec des pleins qui n'auront pas moins de un quart de millimètre. Il y aura au plus 7 lettres par centimètre courant. La longueur des lignes ne devra pas dépasser 8 centimètres ; l'espace entre les lignes étant de 3 millimètres. L'approche sera telle que le blanc entre deux lettres soit plus large que l'espace compris entre les jambages*. »
Slefrig indique aussi comme la plus petite dimension des caractères pour les livres scolaires la hauteur de i""\5^
La myopie sedistingue encore à une plus grande ouverture de l'œil d'avant en arrière, l'œil mesure alors plus de 22 millimètres ; chaque millimètre
d'une imprimerie à une autre. Le point Fournier, rapporté au système décimal, mesure 35 centièmes de millimètre ; le point Didot est un peu 'plus élevé et vaut 376 millièmes de millimètre. A rimprimerie nationale, on a adopté le chiffre de 40 centièmes de millimètre comme unité du point.
^Trousseau. Ophtalmologie. Hygiènede VœiL Paris, Gauthier- Villars, Masson, s. d., in-i6, p. 79.
2 Slefrig. The .normal school hygiène. London, s. d. pet. in-8^, p. 263.
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en plus indique une aggravation de la myopie. L'enfant est obligé de se pencher en avant pour distinguer nettement les objets, surtout les caractères typographiques et les lettres de récriture. Si le rapprochement est moindre de o"",3o la myopie est faible, si Tenfant se rapproche en deçà de G*'" ,17, elle est moyenne ; elle est forte enfin, s'il lui faut rapprocher sa vue à moins de o'^", 1 1 . Voici du reste comment s'exprime le D' Javal : « Tandis que l'œil emmétrope mesure environ 22 centimètres d'avant en arrière, l'œil myope est plus long, et le degré de son élongation peut servir de mesure au défaut de cet œil. Chaque millimètre d'élongation correspond à peu près à trois dioptries . Nous dirons que la myopie légère résulte d'un allongement inférieur à i millimètre; une augmentation de longueur comprise entre i et 2millimètresconstitue la myopie moyenne ; la myopie forte répond à un allongement de 2 à 3 millimètres ; une déformation plus marquée constitue la myopie grave; en d'autres termes, ces quatre classes sont délimitées par les chiffres de trois, six et neuf dioptries \ »
Gomme la lecture, plus encore que l'écriture, peut provoquer ou développer la myopie, on»comprend l'importance qu'il y a à déterminer le point d'accommodation de l'œil pour distinguer nettement et sans fatigue les caractères typographiques.
* Javal. Ihid., p. 65-66.
Un dessin déterminé représente une lettre, deux ou trois lettres juxtaposées forment une syllabe, plusieurs syllabes réunies forment le mot. Il s'agit pour rélève de distinguer assez rapidement le dessin d'un mot pour ne pas hésiter dans sa lecture. Ces divers dessins présentent des proportions entre eux, c'est ce qui permet à l'œil de les différencier, mais il est un point déterminé où Tac-^ commodation entre l'œil et le dessin a lieu, et ce point est appelé acuité visuelle. Les oculistes se sont servis de cette acuité pour établir des mesures d'intensité visuelle et la division de ces mesures est appelée dioptrie * .
Mais peut-on établir une mesure précise comme le font la plupart des oculistes poiM* déterminer une acuité normale ? Elle doit varier beaucoup et selon des conditions qui sont à définir. Cette question n'est pas résolue encore, car il faut tenir
* « L*unité de réfraction, nommé dioptrie, est donnée par une lentille convexe dont la distance focale principale est de i mètre. L'action réfringente variant en raison inverse de la distance focale, il en résulte le tableau suivant, qui donne la concordance entre les dioptries D, les distances focales F et les verres de commerce, numérotés d'après les rayons de courbure en pouces, P :
D= 133456 7 8 9 10 II 12 . 30 F = I" 0,5 0,33 0,25 0,3 0,166 0,14 0,125 ^»ï^ Oj^ O'^ ^y^'h • °'*'5 P = 4o 30 13 10 8 6y 5y 5 4^ 4 37^ 8-j . 3
€ La même unité sert pour mesurer les défauts optiques de l'œil ; par exemple, une myopie de quatre dioptries est celle d'un œil dont la vue distincte est bornée à 25 centimètres et dont la correction exige un verre concave de 10 pouces. » (D' Javal. Op. cit., p. 65, note i.)
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compte de trois facteurs principaux : Tintelligence de rélève, sa puissance d'attention et le type de caractère présenté à l'examen.
L'intelligence- de l'élève, à âge égal, intervient ppur une part importante, parce que l'effort produit chez Tenfant pour saisir l'image de la lettre est moindre pour celui dont la rapidité de conception démontre l'intelligence, tandis qu'un enfant à compréhension lente, à l'intelligence moins active par conséquent, est obligé de faire un effort plus prolongé pour saisir la même image. Celui qui est étourdi ou léger, bien qu'ayant vu exactement la lettre, ne réfléchira pas et en nommera une autre à la place de la bonne. Cette réponse, provoquée par étourderie, sera comptée pour une faute de vision, alors que la conclusion définitive devrait être réservée jusqu'à une contre-épreuve.
D'autre part, la forme même du caractère typographique peut varier, ne pas être normalement constituée, elle peut avoir des obits et des empattements défectueux et trop rapprochés, ou encore des déliés trop maigres qui atténuent la visibilité de la lettre.
Voici comment s'expriment MM. Binet, Simon et Vaney à propos de la vision chez Tenfant :
ce Quel ef t le nombre d'enfants dont la vision n'est pas n jrmale ? Ce nombre est considérable. On ne pent le fixer par un chiffre précis qu'après avoir fonaulé quelques réserves, qui dépendent à la fois das sujets sur lesquels on opère et des
méthodes dont on se sert pour Texamen de la vision.
« En ce qui concerne les sujets, il faut noter que le nombre des enfants ayant une vision subnormale varie avec Tâge des enfants, avec le sexe, avec Iqs conditions d'éclairage dans lesquelles on a forcé les enfants à travailler, la durée de leur travail intellectuel, la grandeur des lettres de leurs livres et une foule de causes analogues »
« Nou§ insisterons davantage sur un autre fait, qui est non moins connu et qui probablement même soulèvera bien des objections de la part des opticiens. C'est qu'il est impossible de déterminer le nombre des sujets qui ont une vision normale ou anormale. Cette impossibilité tient à une cause très simple : la définition du normal, en fait de vision, est, comme en toute chose, de pure convention. »^
Il sera parlé, dans le chapitre suivant des expériences, faites théoriquement, par ces auteurs, où l'on trouverait, disent-ils, de 3 à 4 erreurs jusqu'à 3o ou 40 selon les procédés d'examen.
Cette opinion doit être prise en sérieuse considération ; elle est vraie si les examens sont faits avec des types de lettres défectueuses et dans un jour insuffisant.
Une autre considération intervient. Les images
* BiNET, Simon, Vaney. Op, ct't,, p. 240.
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en blanc sur noir, comme récriture à la craie sur un tableau noir, par exemple, sont moins visibles^ et conséquemment moins lisibles que les lettres noires d'un tableau optométrique ; maintes fois ce fait a été constaté.
« L'acuité visuelle, disent-ils encore, se mesure par la distance à laquelle on peut lire des caractères de grandeur connue*. »
Ceci est vrai, mais cette définition est incomplète. Par caractères, on peut comprendre toutes les formes de lettres, depuis l'italique grêle, jusqu'à l'égyptienne épaisse.
Il aurait fallu ajouter : et normalement constitués.
On verra dans le chapitre iv de la 2^ partie la raison de la nécessité de ce complément de définition.
* BiNET, Simon et Vaney. Op, cit.^ p. 141.