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Fig. 37. — Lettres épigraphiques de la période d'Auguste, avec apices.
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Fig. a8. — Lettres épigraphiques des m« et iv«> siècle (Période galloromaine) exagération des apices.
Fig. 39. — Lettres rondes des iii et iv» siècles.
d'Auguste (fig. 27) ; antérieurement la lettre était de forme massive, de même épaisseur dans tout le dessin, sans obits ni empattements (fig. 26).
A répoque romane, les caractères gravés sur pierre présentaient des lignes terminales, faites au ciseau, comme le démontrent le dessin des lettres suivantes prises dans une inscription datant de II 45 (fig. 3o) et celui des signes de tâcherons ou
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Fig. 30. — Caractères d'inscription datant de 1145.
tailleurs de pierre qui ont travaillé à l'abbaye de Montmajour (fig. 3i).
Fig. 31. — Lettres égarant sur les murs de la période romane de Tabbaye de Montmajour et représentant des signes de tâcherons.
Des observations sont à faire dans ces exemples : d'abord ce sont les lettres liées qui s'y trouvent, ensuite la grandeur exagérée de Tobit de TA, et enfin la forme bifide des traits terminaux dans les signes des tâcherons.
Ces traits terminaux ont une raison d'être dans les manuscrits. En traçant la lettre, le scribe appuyait son calame avec plus de force au début que dans le mouvement descendant, qui vers la fin se terminait en pointe contournée ou en massue, d'où les obits et les empattements.
On peut déjà observer ce fait dans Técrîtiire capitale des ii- au ix» siècle, puis dans Tonciale, mais les traits s^accusent de plus en plus à mesure qu'on s'approche des lettres gothiques.
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Fig. 32. — Lettres du 11» au iv° siècle. — Écriture capitale. (Chatblain. Paliogr. des cl., t. I, pi. LXI.)
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Fig. 33. — Obits et empattements très gros. Lettres capitales du ix« siècle. (Châtelain. Ibid., I, pi. XXVII ^,)
Fig. 34. — Lettres capitales du vi« siècle. (Châtelain. Ibid., I, pi. LXI, LXII, LXV.)
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Fig. 35. — Lettres capitales du ix» siècle. (Châtelain. Ibid., I, pi. LXIII.)
Ces exemples paraissent assez concluants, il est inutile d'insister sur l'épigraphie des monuments
as LA TECHNIQUE DU LIVRE
gothiques que tout le monde connaît, ni sur les caractères des médailles et des sceaux de la même période.
A partir de Tusage de l'écriture gothique, la brisure ou la courbe du haut et du bas des lettres tient lieu d'obit ou d'empattement parce que ces parties sont un peu plus épaisses que le corps de. la lettre, et qu'elles se terminent presque toujours par un léger trait saillant qui plus tard formera les déliés des lettres ; voici quelques lettres montrant la transformation de ces traits :
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Fig. 36 à 4?, — Transformation successive des obits et empattements dans les caractères typographiques : 36. Caractère xylographique. — 37. Caractère de Gutenberg, — 38. Caractère de Gering. — 39, Caractères de Jenson.— 40. Caractères de Garamond. - — 41. Caractères de Jaugeon. — 4a. Caractère de Grandjean.
En typographie le rôle des obits et des empattements est de renforcer la lettre et d'en limiter les pleins, mais on est arrivé à les faire si maigres, si étroits et si disgracieux que leur fragilité est extrême au tirage et qu'ils se brisent souvent.
Ainsi que Javal le démontre, ces traits ne doivent pas être grêles comme Grandjean et Didot l'ont fait, mais au contraire se terminer par un cavet comme dans les types Garamond et Jaugeon.
DÉFINITION BÉ TKïCMLES TYPOGRAPHIQUES 89
On ne doit pas perdre d.e vue que, dans là forme delà lettre, il faut tenir compte- non seulement de Toeil et deXélégance d\i dessin, mais aussi de la résistance de toutes les parties entre elles afin que les caractères ne se brisent pas entre les mains du
corf igeur ou ne soient pas écrasés sous la pression
de la macliine.
I>es pleins et des déUés.
Le plein d'une lettre en est la partie la plus large et la plus épaisse, le délié en est la partie la plus mince et la plus grêle (fig. 43) :
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jr-^g. ^^. Lettres où les pleins et les déliés sont très sensibles.
L'opposition des pleins et des déliés paraît avec plus de contraste dans le caractère Didot que dans n'importe quel autre.
Les premiers caractères typographiques n'ont pour ainsi dire pas de déliés; dans la lettre gotliique les déliés ne sont apparents que dans certaines lettres qui ont été arrondies plus tard • a, e, g, s, dans les autres lettres on distingue ;." début de la brisure du trait quelque légère M remplissant l'office de délié; dans la ^^. ^^^ allemande, les lettres se hérissent à ^^ W^e
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go LA TECHNIQUE DU LIVRE
moment de petits traits en saillie qui nuisent assez à la lisibilité de la lettre :
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Fig. 44. — Lettres gothiques de Gutenberg montrant les pleins et les déliés.
Dans les caractères de Schweinheim et Pannartz, ceux de Jenson, de Gering, la frappe du poinçon étant assez flou, ou pçut-étre l'alliage métallique de la fonte étant trop mou, il en résulte que les déliés et les pleins sont presque de même épaisseur ^
Dans les caractères de Garamond les déliés commencent à s'accuser, mais assez légèrement, car la différence n'est pas encore très grande. Ils deviennent de plus en plus fins avec les caractères de Jaugeon, Grand jean, Luce et les autres graveurs de lettres ; cependant, dans les petites lettres, les proportions des pleins et des déliés ne sont plus gardées comme dans les autres corps de
* La cause probable de cette frappe mousse dans la matrice doit être assez complexe. D'abord la gravure du poinçon n'était pas aussi finie qu'actuellement — ce qui est certain et reconnaissable à des indices qui seront expliqués — ou les déliés pouvaient avoir presque la même épaisseur que les pleins. Deuxièmement, la trempe du poinçon taillé dans le fer au lieu dans l'acier, n'était pas suffisamment dure. Enfin, le cuivre qui servait de matrice pouvait lui-même présenter certaines défectuositéà et avoir .un recuit trop prolongé.
lettres. Avec les types Dîdot et certains autres créés de nos jours on est arrivé à une exagération de finesse dans les déliés (fig. 28) * :
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Fig. 45. — Lettres de Grandjean, pour montrer les déliés. Les interlignes.
On nomme ainsi les blancs qui séparent chaque ligne Tune de l'autre. Au début les interlignes étaient presque nuls% car le typographe imitait les manuscrits dont les lignes étaient très compactes. Cette tendance à resserrer les lignes avait
* Doit-on, dans cette tendance à accentuer les déliés, rechercher une autre cause que celle d'obtenir des types petits et lisibles d'une façon moyenne^ mais permettant la compacité du caractère dans la composition ? Faut-il voir, dans l'absence de lumière suffisante, la nécessité d'avoir des types à grande visibilité, comme la gothique, les caractères de Jenson et de Garamond ? Le D"" Javal essaie de faire intervenir cette cause pour expliquer la petitesse de nos caractères ; cependant, au temps d'Estienne, de Tournes, d'Elzévier, le pétrole, le gaz, Télectricité ne donnaient pas cette brillante lumière, et ils employaient aussi des types très fins.
2 Pour reconnaître si' un texte est interligné, il suffit de tracer au milieu du blanc, entre les deux lignes, un trait au crayon ; si ce trait rencontre des lettres basses de la première ligne et des lettres hautes de la seconde, on est certain qu'on n'a pas interligné. En procédant de la sorte, on a pu constater que les ouvrages suivants n'étaient pas interlignés : Horarium de Coster. — Donat, de Schoiffer. — Bible sans date de Schoiffer. — Bible dite de quarante-deux lignes de Gutenberg, etc. A. M.
gz LA TECHNIQUE DU LIVRE
pour causes : d'abord Thabitude des scribes de copier servilement le manuscrit, mais avec récriture de leur temps ; c'est là un simple phénomène d'accoutumance. La seconde raison et la plus importante était le prix élevé de la matière première et la difficulté de sVn procurer, que ce fut du papyrus, du parchemin ou du papier.
L'habitude d'écarter les lignes a été prise pour définir quelquefois deux textes sur la même page : le premier au milieu de la page était le texte principal imprimé assez largement avec des lignes espacées, l'autre texte placé sur les bords du premier à droite et à gauche, l'encadrant quelquefois totalement, représentait les gloses marginales, les critiques ouïes développements, presque toujgurs écrits ou imprimés en caractère plus petits et plus compacts, et par conséquent sans interlignes.
Avec l'introduction du type romain dans l'imprimerie, l'habitude d'interligner devint plus fréquente et aux xvip et xviii* siècles on fit des travaux d'une remarquable élégance qui étaient interlignés avec une proportion presque impossible à atteindre de nos jours ^
Il existe un genre d'impression où l'on à poussé l'interligne à son extrême limite, nous voulons parler des ouvrages de cabinet de lecture, si en
^ L'Imprimerie royale de la fin du xviio siècle et pendant la première moitié du xviii^ siècle a produit des œuvres très remarquables dans ce genre.
vogue au commencement du xix® siècle. Certaines de ces œuvres qui auraient pu être contenues dans un volume in- 12 de 400 pages, avec un texte en 9 points et sans interlignes, comprenaient jusqu'à 5 et 6 volumes in-S** ! C'était la dégénérescence complète d'une certaine typographie. Il faut ajouter que ces ouvrages étant loués par volume, le profit était d'autant plus considérable qu'il y en avait plus. , Tout ce qui touche à la critique de l'interligne, se trouve au Chapitre III de cette partie, intitulée : Critique de la forme du caractère typographique. Pour donner une idée précise de l'interligne, il a paru utile de faire composer le texte suivant en trois sortes de caractères, variant de force de corps avec des lignes non interlignées et interlignées :
/« Corps lù points, 5 points d* interligne.
L^interligne a pour but de dégager les lignes du texte les unes des autres et d'en faciliter la lecture en évitant le tassement des lignes les unes au-dessous des autres. Il ne faut pas croire qu'on puisse impunément augmenter ou abaisser l'espace blanc entre les lignes ; selon le caractère que l'on eniploie, son image et sa forme, ainsi que la force du corps, on doit limiter ou augmenter les interlignes.
3^ Même corps, 2 points d'interligne.
L'interligne a pour but de dégager les lignes du texte les unes des autres et d*en faciliter la lecture en évitant le tassement des lignes les unes au-dessous des autres. Il ne faut pas croire qu'on puisse impunément augmenter ou abaisser l'espace blanc entre les lignes ; selon le caractère que l'on emploie, son image et sa forme,' ainsi que la force du corps, on doit limiter pu augmenter les interlignes,
50 Même corps, sans interligne.
L'interligne a pour but de dégager les lignes du texte les unes des autres et d'en faciliter la lepture en évitant le tassement des lignes les unes au-dessous des autres. Il ne faut pas croire (ju'on puisse impunément augmenter ou abaisser l'espace blanc entre les lignes ; selon le caractère que l'on emploie, son image et sa forme, ainsi que la force du corps, on doit limiter ou augmenter les interlignes.
jf Corps 8 points, ^points d'interligne.
L'interligne a pour but de dégager les lignes du texte les uneâ ^es autres et d'en faciliter la lecture en évitant le tassement des lignes les unes au-dessous des autres. Il ne. faut pas croire qu'on puisse impunément augmenter ou abaisser l'espace blanc entre les lignes ; selon le caractère que l'on emploie, son image et sa forme» ainsi que la force du corps, on doit limiter ou augmenter les interlignes.
5<* Même corps, 2 points d'interligne.
L'interligne a pour but de dégager les lignes du texte les unes des autres et d'en faciliter la lecture en évitant le tassement des lignes les unes au-dessous des autres. Il ne faut pas croire qu'on puisse impunément augmenter ou abaisser Tespace blanc entre les lignes ; selon le caractère que Ton emploie, son image et sa forme, ainsi que la force du corps, on doit limiter ou augmenter les interlignes.
6<^ Même corps, j point d'interligne.
L'interligne a pour but de dégager les lignes du texte les unes des autres et d*en faciliter la lecture en évitant le tassement des lignes les unes au-dessous des autres. Il ne faut pas croire qu'on puisse impunément augmenter ou abaisser Tespace blanc entre les lignes ; selon le caractère que l'on emploie, son image et sa forme, ainsi'que la force du corps, on doit limiter ou augmenter les interlignes.