‹ La technique du livre. Typographie, illustration, reliure, hygièneChapitre 24 sur 53 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Du dessin des lettres, du format du livre et des illustrations en rapport avec le sujet du livre.

LE D' Javal a présenté dans son ouvrage une série de textes choisis dans des livres divers, des revues et des journaux, et qu'il a fait figurer comme spécimens de lisibilité *. Il n'a pas songé à voir dans ces spécimens un rapport harmonique entre l'idée exprimée, la forme du caractère et la force de pénétration intellectuelle de l'image de la lettre dans le cerveau par l'impression plus ou moins exagérée sur la rétine.

Il semble cependant qu'il y aurait, pour les psychologues, quelques recherches nouvelles à poursuivre dans cette voie.

M. Bergson, le sympathique et savant professeur du Collège de France, nous demandait dans une causerie relative à ce travail, si nous avions pensé à observer les rapports qui existaient entre

* Javal. toc. cit., p. 224-228.

l86 LA TECHNIQUE DU LIVRE

la forme du caractère typographique du livre dans une science déterminée et Tinfluence que ce' caractère peut exercer sur la compréhension ou l'intelligibilité de ridée.

Cette question nous a. engagé à présenter les observations suivantes :

tl est de toute évidence qu'on ne peut employer le ménrie corps de caractère ni le même type de lettres pour des œuvres de sciences diverses, abstraction faite des encyclopédies, des dictionnaires et de certaines éditions compactes. — Essayons de définir d'une manière plus sensible cette théorie en l'appliquant tour à tour à un ouvrage de mathématique ou de science, de philosophie, de littérature et d'histoire, à une œuvre artistique, à un roman et enfin à des livres d'histoires enfantines.

Pour les œuyres de sciences pures : mathématique, physique, chimie, médecine et sciences naturelles, un corps de 9 points pour la lettre sera bon pour la moyenne des lecteurs, mais l'absence d'interlignes et la compacité trop grande du texte rendront l'image confuse à une première lecture par l'accumulation trop rapide du dessin de lettres dans un espace déterminé ; il en résulte une fatigue et l'obligation de recourir à une deuxième lecture. Au contraire, avec un interligne de i point et demi à 2 points et demi par exemple, l'image des lettres se dégagera mieux et l'eflFort étant moindre, la lecture sera plus productive. Le type Didotcon-

Page 1