‹ La technique du livre. Typographie, illustration, reliure, hygièneChapitre 25 sur 53 · DESSIN DES LETTRES ET FORMAT DU LIVRE · texte numérisé non relu

DESSIN DES LETTRES ET FORMAT DU LIVRE

vient à ces sortes de livres, on peut le recommander, ainsi que les types modernes, à l'exclusion peut-être du caractère elzévirien et des lettres hautes.

Le contraire aurait lieu pour une œuvre philosophique qui réclame une tension d'esprit plus grande à la lecture ; M. Bergson pense qu'un caractère de 9 points un peu compact — mais sans exagération — avec des interlignes de i point et demi à i point serait de beaucoup préférable, A vrai dire, le lecteur se trouve obligé de faire un effort pour discerner l'image des lettres, mais aussi l'idée qu'il s'assimile se développe plus normalement dans le cerveau et s'y imprime avec plus de rigueur. Il trouve que les caractères français sont supérieurs et valent mieux pour l'impression des ouvrages philosophiques que les types anglais ou américains, parce que ces derniers sont d'un œil plus petit et que les pleins sont trop maigres. En un mot la tache du caractère, ce qui constitue sa visibilité, doit être excessive pour que la rétine soit fortement impressionnée. Cela vient à dire que les caractères Didot ou certains types analogues, aux pleins assez épais, conviennent pour ces sortes d'ouvrages. Le type i8 Deberny, en corps de 9, ferait donc admirablement.

Il faut ajouter que la ligne ne doit pas excéder 8 à 9 centimètres pour les in-8^. Ceci n'est pas d'ailleurs une opinion personnelle.

Si l'on emploie le type Didot en 9 points, sans

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interligne pour j^ne étude d'érudition, de littérature ou de critique littéraire, l'œil perçoit un caractère un peu compact dont l'élégance n'est pas absolue, mais qui est cependant suffisant pour que ridée exprimée pénètre bien l'dsprit. Un interlignage de 2 à 3 points serait à recommander, et l'emploi du caractère elzévirien en rendrait la lecture plus attrayante et plus agréable à cause de la forme élégante et gracieuse de la lettre. Pour ces ouvrages, une belle marge serait nécessaire, elle contribue à orner le livre. Les types Giraldon et Grasset pourraient aussi être essayés avec succès.

Pour l'impression d'une œuvre d'art, oii la tendance à l'esthétique se fait sentir toujours, le corps employé pourrait être du lo points, mais en caractères elzéviriens, en Jaugeon, en Didot bien neuf, en Deberny, n^ i8, en Giraldon, selon la période artistique dont il est traité, avec des marges et des interlignes assez grands. On doit établir, dans ces sortes de livres, pour les rendre, aussi agréables à l'œil qu'à l'esprit, un rapport harmonique entre la justification des pages, la forme et le sujet des ornements, des filets, des culs-de-lampe, et la dimension des illustrations intérieures ou hors texte, afin que l'ensemble soit dans une proportion bien équilibrée, dans un style toujours constant et sans anachronisme. Et nous croyons qu'il est d'autant plus difficile de l'obtenir dans le livre, que les différents éléments qui le constituent sont

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