DESSIN DES LETTRES ET FORMAT DU LIVRE I9I
il a une apparence non d'art, maïs de type spécial qui fait le bonheur de ses lecteurs. Le lecteur lit rapidement, ne voit pas les mots, mais les épisodes, les faits qu'il embrasse en bloC; ce n'est pas un sentimental. Il recherche des émotions dans les descriptions dramatiques, les faits de guerre ou de combats singuliers, les actes de hardiesse ou de générosité; c'est, la plupart du temps, un impulsif, à la science courte, qui cherche une distraction émouvante et non une source d'étude et de réflexion. Quel que soit le papier sur lequel ces sortes d'ouvrages sont imprimés, il sera toujours bon. Selon nous, le degré de perfection matérielle atteint par le roman d'aventures, dans la partie typographique, paraît avoir été la période romantique et les vingt ou trente ans qui l'ont suivie. Aujourd'hui on ne sait plus faire ces livres.
Les livres d'histoires et dé contes à l'usage des enfants et des adolescents réclament un papier fort, imprimé en beaux caractère^ Didot de lo à 1 1 points avec de grands interlignes de4 à 5 points et des marges proportionnées à l'impression. Alors ce livre est très lisible et très agréable à l'œil.
De nombreuses illustrations sur bois surtout,, exécutées par des artistes sévères et consciencieux, égayent ces ouvrages par leur abondance. Il faut que l'enfant apprenne, non seulement par . la lecture du texte, mais aussi par la sensation de l'image. Malheureusement, ces sortes d'ouvrages sont presque toujours d'un très grand format et
leur reliure rouge surchargée d'or et d'ornements de mauvais goût ne leur donnent pas une apparence esthétique ; on ne devrait jamais dépasser le grand in-8° jésus.
Sommes-nous arrivés à faire pénétrer dans Tidée du lecteur la nécessité de cette harmonie proportionnelle entre la forme du livre, sa typographie et le sujet dont il traite ? Nous nous le demandons.