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CHAPITRE III

De la reliure d'amateur et de la critique qu'on peut en faire.

L'idée et Texpression du style dans la décoration de la reliure sont plus amples et moins comprimées peut-être que dans l'architecture, le mobilier, le costume, cela malgré des surfaces planes, seules parties qui peuvent recevoir une décoration artistique.

Si la fantaisie personnelle s'est donné libre carrière dans la création des ornements qui décorent la reliure, elle a cependant toujours subi l'influence de Testhétique ambiante de son époque. Il est un fait indéniable et devant lequel on s'incline : c'est l'obligation de suivre la transformation constante du style qui devient un élément esthétique instable et momentané.

Gruel, dans son Manuel, s'exprime de la sorte sur la reliure : « Si en littérature le' style est l'expression de la pensée \ en reliure, je dirai qu'il

* Ne vaudrait-il pas mieuic dire qu*en littérature le style est la*forme adoptée pour exprimer la pensée ?

est Texpression de l'art aux différentes époques où il s'est produit. C'est par le style qu'on se rend compte de l'ornementation * dans les phases diverses qu'elle a traversées ainsi que des nombreuses transformations qu'elle a subies. Le plus souvent et surtout pour la période des origines, le style en reliure est le véritable point de repère. Lui seul, en effet, permet de formuler une appréciation.

(( Pour résumer les différentes phases par lesquelles la reliure a passé, je dirai qu'il n'a existé en réalité que quatre grandes époques caractérisées par un style qui leur soit propre. Ce sont : l'époque byzantine (viii®-xii® siècle) , le style gothique (xiii®- XV® siècle), la Renaissance (première moitié du xvf siècle jusqu'à la mort de Henri II) et le style du xviii® siècle. En dehors de ces divisions, il n'y a réellement rien qui ait laissé un vrai type qui ait fait école.

(( Mais de toutes les époques, la plus riche et la plus foncièrement savante est celle de la Renaissance, qui dans ses productions toujours originales, présente une telle importance artistique qu'on peut encore y établir des subdivisions dont chacune formerait à la rigueur un style distinct. Ce serait, selon moi, la fin du xv® et le commencement du XVI® siècle avec les impressions à froid (sortant du genre gothique), le règne de Fran-

^ Autre erreur. L'ornementation exprime un style, mais un style n'exprime pas une ornementation.

Planche î, — Angles de filets et fleurons d'angles.

(xvi'^ s.)

çois P' et celui de Henri IL Elles embrassent à peine un espace de cent ans, qui restera pour Tart de ,1a reliure une des plus grandes gloires dont notre pays puisse être justement fier\ »

Mais pourquoi appliquer le terme de style byzantin à la première période de la reliure? Est-ce parce que les artistes de Byzance ont importé la reliure, ce qui n'est nullement démontré ? Est-ce parce que les décorations auraient été inspirées par quelque élément byzantin ? Cependant, à l'exception de certains émaux et de quelques plaques en ivoire, l'ornementation ne rappelle nullement ce type. Au contraire, les découpures et les guillochages des métaux, tels que les entrelacs, les rinceaux, les animaux fantastiques, semblent être inspirés de l'art carolingien, et tous ont des analogies — lorsque ce ne sont pas des copies — avec l'ornementation et les miniatures des manuscrits \

^ Gruel (Léon). Manuel Historique et bibliographique de V amateur de reliures. Paris, Gruel et Engelmann, 1887, in-fol. 1. 1, p. 35-36.

2 Les reliures byzantines se divisent en deux périodes pour leur ornementation. La plus ancienne admet les images du Christ et des quatre grands évangélistes. Le Christ est représenté tantôt assis et bénissant, tantôt en croix ; les évangélistes sont figurés dans des médaillons ou avec leurs, symboles. Les fonds sont presque toujours en métal précieux avec des mosaïques disposées comme les émaux cloisonnés, ou pleins, ou ajourés en rinceaux de feuillage un peu lourd. — La deuxième manière comporte aussi des fonds métalliques, mais avec dessins géométriques gravés. Des gemmes en cabochons semées souvent en grand nombre sont utilisées dans les deux manières. A Byzance, on se servait aussi de plaques en ivoire sculptées et fouillées.

DE LA RELIURE d'AMATEUR

Planche II. — Angles de filets et fleurons d'angles, (xvii^s.)

Dans les plus anciennes reliures connues, celles qui vont du viii® au xii® siècle, le luxe consistait à . recouvrir les ais des plats d'une étoffe de velours ou de soie brochée ; quelquefois on y appliquait des ivoires sculptés en demi-relief, des plaques de métal précieux, or ou aident, guillochées, percées et découpées en méandres, en rinceaux ou serties de gemmes en cabochons. Des émaux champlevés — rarement cloisonnés — fixés par des cabochons métalliques, recouvraient les plateaux de bois. Tous ces métaux et ces pierreries surchargeaient les livres, les rendaient difficiles à manier par leur poids.

Les relieurs de la fin du moyen âge se servaient des éléments décoratifs qu'ils voyaient autour d'eux ; ils copiaient les ornements des manuscrits et plus tard ceux des livres imprimés, comme les filets, les fleurons, les entrelacs, les rinceaux. Ils prenaient dans les innombrables pièces héraldiques des motifs à ornements : fleurs, animaux, pièces diverses. Les sculptures des artistes de l'époque gothique qui fouillaient la pierre en s'abandonnant à leur verve créatrice, leur fournissaient des modèles dans les animaux fantastiques, reproduits plus ou moins heureusement sur les fers à pousser.

Des créations absolument originales, on n'en trouve pas avant le xvi' siècle.

La reliure de la période gothique se caractérise

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'Planche III. — Angles de filets et fleurons d'angles, (xviii® s.)

d'abord par la généralisation de l'emploi du cuir qui recouvre les plateaux en bois sur lesquels le livre est fixé directement, ensuite par Temploi de Tor en feuille dans les ornements et les filets; encore cet emploi n'eut-il lieu qu'à la fin du XV® siècle pour se développer de plus en plus dans les siècles suivants.

Il y a à distinguer trois catégories d'ornementation dans cette reliure : i^ la reliure dite monastique; 2^ la reliure faite par les laïcs ; 3*" celle faite au moyen d'une plaque gravée et estampée sur le cuir.

Les reliures monastiques ont toutes été exécutées dans des couvents et portent l'empreinte de leur facture dans l'ornementation et les fermoirs.

D'assez simples qu'elles étaient aux xiii® et XIV® siècle, ne comprenant que quelques rares filets et des emblèmes religieux comme décoration, ces reliures sont plus ornées vers le milieu du XV* siècle. Beaucoup de ces livres religieux n'ont qu'une demi-reliure, au sens où nous le comprenons aujourd'hui, c'est-à-dire que le bois des plats est visible sur les deux tiers de leur largeur ; le cuir qui couvre le dos est prolongé sur le premier tiers du plat afin de dissimuler les parties où portent les ficelles de la couture. On poussait des filets sur toute la hauteur des plats et quelquesuns croisés à angle droit. Dans ces compartiments, on poussait des fers à motifs répétés : animaux fantastiques, rinceaux et fleurs.

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Planche IV. — Angles de filets et fleurons d'angles, (xviii® s.)

Vers le milieu du xv^ siècle, rornementation de ces sortes de reliures devient plus variée : on y voit souvent un sujet religieux, saint ou autre personnage, estampé au moyen d'une plaque au centre des plats ; autour de ce sujet, des filets plus ou ' moins combinés, des motifs aux petits fers, dans le genre de ceux dont il vient d'être question, sont poussés uniformément ou avec alternance.

La plupart des reliures monastiques ont des fermoirs, tantôt en cuir gaufré et fixés au moyen de cabochons métalliques, tantôt en métal et composés alors de trois pièces : deux appliques fixées sur les plats par des rivets à tête plate ou à cabochon ; Tune des appliques supporte le fermoir avec sa charnière, sur les branches de l'autre se trouve un bouton ou pipe où s'encastre la pièce à charnière. Le métal de 'ces fermoirs est généralement travaillé, soit ajouré, soit gravé seulement.

Les relieurs laïques, peu nombreux au moyen âge, s'ingéniaient aussi à créer des fers à pousser représentant les sujets et les motifs dont il a été question plus haut.

Malgré la pénurie des ressources dont ils disposaient, ils obtenaient par les fers poussés à froid des effets décoratifs assez curieux ; ils se contentaient, comme dans les couvents, de pousser parallèlement des filets d'épaisseur diverse sur les parties extérieures des plats ; le centre était souvent divisé en compartiments au moyen de filets qui se raccordaient avec les premiers ou les cou-

Planche V. -- Décoration de plat de reliure, à froid. (1476.)

paient en biais ou en équerre. Dans les compartiments carrés ou en losanges, ils poussaient les fers à motifs dont nous avons parlé et par une alternance de deux fers seulement, ils obtenaient un effet décoratif qui ne manque pas de goût et éveille l'idée d'un sens esthétique primitif.

A la fin du xv*" siècle, la reliure subit une évolution assez sensible. En Italie, comme il sera dit, les ornementations subissent l'influence de la Renaissance. En France et en Allemagne, au contraire, on allia à l'ancienne tradition quelques éléments nouveaux dus, d'une part, à l'influence de la typographie, dont les filets, les ornements, les rinceaux, les fleurons surtout furent employés, d'autre part, à certains procédés de la gravure métallique dont l'apparition était assez récente ^ Les relieurs firent donc graver, dans les vingt dernières années du xv® siècle, des plaques en cuivre de dimensions variables et avec lesquelles ils estampaient les plats des livres pendant que le cuir était encore assez souple. En France, on utilisa ce procédé dans les dernières années du XV® siècle, peut-être dès 1470, mais les gravures des plaques étaient assez sobres, de manière à

* On croit que c'est à Florence que fut découverte la gravure sur cuivre. Dans tous les cas, Nicolo di Lorenzo paraît l'avoir utilisée le premier dans l'ouvrage de Antonio Bettini da Siena : Et Monte Santo di Dio, 1477. (Bouchot. Le livre, p. 66.) — La gravure au criblé sur métal est antérieure et remonterait à 1446. Demmin (Auguste). Encyclopédie des Beaiix-Arts. Paris, Furne, Jouvet, s. d., in-80, t. 3, p. 2506.

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Planche VI. — Filets encadrés et dentelles, (xv-xviii'^ s.)

mettre bien en relief les personnages qui les ornaient ^ Dans notre pays, on ne paraissait pas en faire un motif de décoration qui couvrît tout le plat du livre, comme en Allemagne ; c'était, la plupart du temps, une plaque mesurant le quart de la surface du livre, et tout autour circulait une légende. La partie nue du plat était ornée de filets et de rinceaux à combinaisons assez heureuses.

En Allemagne, au contraire, ces plaques occupaient toute la surface des plats et se composaient presque toujours ainsi : un sujet central dans un compartiment du milieu, autour duquel étaient écrits en caractères gothiques ou le nom du libraire, ou une légende ; le reste de la plaque était divisé en d'autres compartiments plus petits dans lesquels on avait gravé des armoiries, des ornements, des portraits, des personnages religieux ou historiques ou des scènes entières. Quelquefois aussi les portraits et les scènes occupaient le centre. Autour de chaque compartiment courait un rinceau de fleurs et d'ornements décoratifs. La gravure en était généralement soignée et l'ensemble en relief produisait un bon effet sur le blanc de la peau de truie.

C'est, à notre avis, la dernière transformation de la reliure gothique et bien qu'on ait continué

^ On donnait le nom de cuir tympanisé au cuir gaufré, même à celui qui servait pour la reliure. — Blanc (Ch.). Etude sur les Arts décoratifs, I.Lai?^//«r^. Gazette des B.-A., i88i,t. II, p. 291.

Planche VII. — Fleurons, rosaces, petits fers et dentelles. (xvi-xvni<^ s.)

à se servir de plaques pendant presque tout le XVI® siècle, au moins en Allemagne, avec des ornements de la Renaissance, on ne peut les comprendre dans ce style qui en est trop différent dans la reliure.

C'est en Italie, au début du xvi® siècle, que la reliure était la plus soignée et la plus artistiquement travaillée. Venise en avait pour ainsi dire la spécialité ; ses artistes s'étaient inspirés dans beaucoup de leurs productions de Tart oriental et de Tart byzantin.

La dorure avait fait son apparition à la fin du xv* siècle, mais si discrètement qu'on s'en aperçoit à peine. Cette sobriété avait une grande qualité dans la décoration ; elle fut malheureusement négligée plus tard, au détriment du bon goût. Les quelques saillies d'or qui perçaient dans les fleurons, dans les légendes ou les arabesques des mascarons et des cartouches développaient davantage la ligne des filet3 et des ornements à froid ; la valeur des tons brillants de l'or et des tons chauds des fonds du plat produisait un heureux contraste. Les grands amateurs du xvi® siècle avaient eu la notion de cette harmonie et, loin de couvrir d'or les plats des reliures, ils ménageaient les effets avec une grande habileté. Les lanières, les grecques, les entrelacs sont toujours évidés ou recouverts de couleurs ou de pièces de tons différents, les pleins des fleurons au lieu d'être dorés entièrement étaient seulement recouverts de

Planche VIII. — Mascarons et cartouche avec monogramme (xvi-xviii° s.)

lignes parallèles horizontales et cette manière d'appliquer Tor avait pris le nom d'apuré *.

Quelques-uns des amateurs de la Renaissance, parmi lesquels Maïoli et Canevarius en Italie, Grolier en France, avaient puissamment contribué au dévelôppetnent de l'art dans la Reliure, Maïoli, qui vivait ail commencement du xVt% composait, diton, lui-même les dessins des fers pour ées reliures. Il joignait à un goût sûr une grande connaissance artistique, ce qui lui permettait de fournir des modèles bîeii composés. La plupart de ses fers comprennent deux éléments : des entrelacs, des lanières contouriiées, avec, des terminaisons en feuilles azurées, couvraient tout le plat à l'exception du centre réservé à une inscription, et le fond composé d'un semis de points d'or»

Canevariuéj médecin du pape Urbain VII avait adopté une décoration assez uniforme. C'étaient des compartiments à filets et à fers aldîns avec, au centre, une inscription en caractères grecs et son emblème : Apollon conduisant son char sur rOcéan.

Mais revenons en France où la reliure prit un développemeilt extraordinaire à partir du milieu du xvi'siècle.Grolier, trésorier de France sous plu-

* Il est probable qu'il faut voir dans ces entrelacs, ces rinceaux à feuillages, ces courbes et ces fleurons si délicatement découpés, une copie transformée des décorations antiques qui étaient exhumées tous les jours et que les artistes les plus célèbres copiaient avec un soin précieux.

Planche IX. — La flore dans la reliure.

(xv-xvii*-* s.)

sieurs rois, homme de goût et grand amateur de livres, avait commencé par en faire relier en Italie ; de retour en France, il appela auprès de lui des relieurs italiens auxquels il soumettait ses compositions ; ils ont dû se fixer à Lyon où leurs procédés furent conservés et pratiqués pendant longtemps. Les livres reliés à la marque de Grolier sont encore assez nombreux ; beaucoup de bibliothèques en possèdent.

On a même donné le nom de « reliure à la lyonnaise » à des ornements qui affectent une certaine imitation de ceux que Grolier faisait mettre sur ses livres.

La finesse des lacs et des lanières croisés, celle des ors, bien harmonisés avec les mosaïques peintes en font toujours un objet d'admiration et de prix.

Il fut en France un des premiers amateurs à donner à Tart de la reliure un élan tout particulier, art qui se perfectionna tellement chez nous qu'il devint éminemment français par. son élégance, le fini du travail et le goût des ornements.

François P' et Henri II, grands amateurs de livres et d'un goût très délicat, firent recouvrir les leurs d'une façon remarquable. Ce dernier roi eut le mérite de laisser son nom au style de la reliure de l'époque.

Une des plus bizarres reliures de cette époque qui soit parvenue jusqu'à nous est le a psautier de David )) de i586, qui servait à l'usage de la cha-

DE LA RELIURE d'AMATEUR

Planche X. — La flore dans la reliure ; couronnes. (xvi-xvii° s.)

pelle de Henri III. Il est en maroquin brun foncé. Les plats sont ornés ainsi : Le centre est formé d'un grand compartiment séparé du champ par deux filets. Un semis de larmes couvre cette partie centrale avec une tête de mort et les tibias croisés, placés à chaque angle. Au centre même se trouve un squelette tenant de la main gauche une faux, la lame en bas, et élevant de la main droite un sablier. Sur le pourtour sont poussés des. motifs funéraires arrangés en trophée. Aux quatre angles, une faux, une pelle, un chandelier, sur les côtés alternent une torche avec deux clochettes liées autour, un cercueil et une croix ; en haut, au milieu, un candélabre à quinze pointes, et dans le bas, un bénitier, un goupillon et deux flèches croisées. Des têtes de morts plus petites entre d'autres attributs complètent cette décoration. Nous ne partageons pas le goût de M. Gruel qui reconnaît un « grand caractère à la composition qui la décore * ». Ce n'est que lugubre, mais on ne peut dire qu'il y ait de l'art.

Après Henri II dont la tradition d'art dans la reliure persévéra près d'un siècle, mais sans grande originalité, il faut descendre jusqu'au début du XVIII*' siècle pour retrouver des amateurs véritables qui faisaient habiller leurs livres avec un luxe et une abondance d'or plus nuisibles qu'utiles pour l'esthétique.

* Gruel. Loc, cit., t. II, p. 91.

Planche XI. — La flore dans la reliure, couronne, (xvii® s.)

Ceci nous oblige à dire qu'en effet le luxe de Tor avait envahi le livre tout entier; les plats extérieurs et intérieurs, les bords des plats, la gouttière et les tranches, le dos, en étaient surchargés. On allait jusqu'à ciseler les tranches — les antiquer — pour faire preuve de goût. C'est à ceux des relieurs qui inventeraient des fers de plus en plus compliqués : petits fers à filets pleins, à filets pointillés, des filets droits, des dentelles, des fleurs, des animaux, le tout doré, sans compter les armes, surchargeaient les ouvrages des xvii^ et xviii' siècles. Loin de s'atténuer, hélas, sous Louis XIV, sous Louis XV et sous Louis XVI, ces fers deviennent de plus en plus épais, de plus en plus larges. L'or écrase tout, remplit tout, c'en est une orgie. La décoration est déjà elle-même suffisamment lourde; sous Louis XVI, l'or l'accable encore.

Cependant, dans l'emploi des petits fers bien compris, il y aurait une sorte de grâce, d'élégance, s'ils n'étaient si nombreux, si l'on ne sentait pas que le labeur de patience l'emporte sur le goût et la délicatesse. Quelques relieurs d'un goût sûr, dont le sens esthétique était plus complet essayaient bien, dans leurs travaux, d'harmoniser les ornements et les ors avec la valeur et la proportion du livre; ils ont voulu réagir, mais ils étaient en trop petit nombre. Il est vrai de dire que les amateurs n'avaient pas toujours une définition précise de l'esthétique et suivaient les tendances de

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