CHAPITRE PREMIER
Critique de l'hy^ène, du brochage, du car^ tonnage et de la reliure des livres.
CES notions sur l'achèvement du livre avant qu'il ne soit mis entre les mains des lecteurs ne peuvent que rendre plus clair l'ensemble des questions étudiées et montrer le danger qu'il court lorsque les opérations dont il s'agit, sont faites dans de mauvaises conditions hygiéniques.
On ne peut se passer du brochage. Ce travail consiste à plier les feuilles suivant leur signature placée aubas de chacune d'elles (en ligne de queue). Selon le format de l'imposition, la feuille est pliée en deux, puis en trois, en quatre, en huit et quelquefois en^ze; pour les formats in-i2ou in-ï8, le pliage a lieu en trois ou six parties, formant ïe tiers ou le sixième de la feuille totale. Mais de plus amples explications techniques sur le pliage sont inutiles. La feuille, une fois pliée, est retournée, le numéro de la signature contre la table ; sur
la première feuille on applique la seconde, puis la troisième et ainsi de suite jusqu'à la fin.
Si le livre doit être broché seulement, on se contente de coudre chaque cahier par le milieu, puis, les assemblant tous, on ajoute le titre et les tables ; ces feuilles sont resserrées entre les dents d'un étau, le dos en l'air affleurant à peine de l'étau, on y applique une couche de colle de pâte, quelquefois de colle forte, puis on y met la couverture ; c'est là l'ensemble du brochage*.
Au contraire, si le livre doit être cartonné ou relié, les feuilles, une foispliées, sont rassemblées, serrées ensemble, puis portées à la machine à coudre^ ou au cousoir ^ pour être cousues. Lorsque la couture est faite à la main, sur le cousoir, les feuilles des livres qui doivent recevoir une reliure ordinaire doivent subir une opération prélimi-
^ La colle de pâte est de beaucoup préférable, car lors de la reliure, les cahiers ne se déchirent pas, ce qui arrive presque inévitablement avec la colle forte, malgré un trempage prolongé du dos du livre.
2 II existe déjà plusieurs systèmes de cette machine, le Martini, leSmyth et le Brehmer. Le travail exécuté avec ces machines, tout en allant plus vite que lorsqu'il est fait à la main, est aussi plus soigné.
^ Le cousoir est un appareil qui se compose d'un plateau en bois, percé sur son bord, dans le sens de la longueur, d'une. rainure. Deux montants filetés sont placés à chaque bout de cette rainure. Dans le haut des montants se trouve une traverse percée de deux ouvertures à pas de vis qui s'engagent dans le$ montants. L'ouvrière avant de travailler pose sur la traverse du haut, des ficelles qui y sont attachées, en nombre égal à celui des grecques du livre qui doit être cousu ; ces ficelles sont maintenues dans la rainure, sous la tablette ; elles serviront plus tard à fixer les plats et le dos de la reliure.