CHAPITRE III
De la manipulation des livres, de leurs contages. — De la désinfection des livres.
LES dangers de la manipulation des livres en général*, et plus particulièrement des livres de lecture des bibliothèques communales et populaires ont préoccupé les médecins et les hygiénistes. Beaucoup ont apporté leur opinion appuyée sur des exemples de contagion; ils ont proposé des moyens de combattre les dangers signalés. Ils ont raison en principe, mais comme en fait on n'agit pas, on ne s'occupe pas d'appliquer les remèdes indiqués, ou faute d'argent ou par insouciance, tout reste en l'état et le mal se développe à son aise.
\ l'appui de cette opinion, nous extrayons du rapport de M. Alb. Josias^ sur la communication
*■ Albert Josias : Rapport sur une Communication de M. le D""- Lop, relative à la transmission des maladies contagieuses dans les écoles municipales par le passage des livres des élèves d'une année à une autre, [Bulletin de V Académie de Médecine.) Séance du 19 décembre 1905, p. 477,)
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du D*" Lop à TAcadémie de Médecine, les exemples de contagion suivants :
« M. le D' Lop, chargé de cours à TÉcole de Médecine de Marseille, à l'occasion d'une double épidémie de rougeole et de scarlatine qui avait sévi dans les écoles municipales de cette ville, a signalé à l'Académie la nécessité de prendre à l'avenir des mesures générales prophylactiques pour empêcher la transmission des maladies contagieuses par les livres classiques dans la population scolaire.
(( Bien que les épidémies signalées par M. le D'* Lop aient peut-être d'autres causes, il n'est pas excessif en effet de suspecter les livres qui, suivant les règlements en vigueur dans les écoles primaires, passent de mains en mains d'une année à Tautre jusqu'à détérioration complète, sans qu'on ait pris à leur égard la moindre précaution antiseptique.
(( Mais la question se pose d'une manière plus générale. La propagation des maladies infectieuses par le livre et les moyens proposés pour combattre ce danger, longtemps inaperçu, médtent d'arrêter notre attention.
(( Les observations qui ont été faites depuis quelques années sur les papiers, manuscrits ou imprimés, considérés comme agent de transmission des germes morbides, sont en effet très concluantes. Il paraît certain que le charbon, le choléra, la peste, le typhus asiatique, la variole, la
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rougeole, la scarlatine, la diphtérie, la coqueluche, les affections puerpérales, la tuberculose, etc., peuvent être véhiculés de cette manière, et il ne sera pas sans intérêt de grouper ici les faits observés.
(( Depuis longtemps déjà on a pris Thabitude, en temps d'épidémie, de soumettre à des fumigations plus ou moins efficaces les objets de correspondance provenant des pays contaminés. Mais le premier fait caractéristique que nous ayons rencontré est celui d'une lettre adressée, en août 1877, à une dame .résidant avec sa fille dans une localité de Bretagne, absolument indemne de scarlatine, par son institutrice qui se trouvait alors en Allemagne. Elle lui apprend qu'elle vient d'avoir la scarlatine, qu'elle est convalescente, dans la période de desquamation, et que celle-ci est abondante, au point qu'elle doit à chaque instant secouer le papier sur lequel elle écrit, pourvu faire tomber les squames. Quelques jours après, la mère et la fille avaient la scarlatine : la mère meurt et l'enfant ne fut sauvée qu'à grand'peine^
«M. le professeur Brouardel, dans une intéressante conférence donnée à Nancy en mars 1 900 parle d'une épidémie de tuberculose qui s'est propagée, peu auparavant, parmi les employés des Archives de Kharkow, dans la Russie méridionale. Les médecins constatèrent que les bacilles
* Sanné. — In : Dictionnaire Dechambre, y série, vol. XIV, P- 367.
de Koch pullulaient sur les pièces. Le préposé aux Archives, tuberculeux à la dernière période, avait rhabitude de tourner les pages au moyen de son pouce mouillé de salive ^ »
« MM. les D"* Du Cazal, médecin principal, et Catrin, médecin-major de r^ classe au Val-de- Grâce, dans un article sur la contagion par le livre, ont recueilli quelques-uns des faits ci-dessus : transmission de scarlatine . par une lettre, épidémie de tuberculose aux archives de Kharkow, et plusieurs autres : souillures microbiennes constatées sur des feuilles d^observations et des registres hospitaliers (d'après une thèse de Saint- Pétersbourg, 1894) ; contracture^ fébriles chez des personnes ayant manié des livres de la bibliothèque de la Faculté de Bordeaux; présence sur de vieux livres de Staphylococcus pyogènes anciens, etc.
(( Sur la question de savoir si les livres qui ont été en contact avec des malades peuvent transmettre la contagion, ils concluent ainsi qu'il suit : le streptocoque ne perd pas sa virulence, même au bout de plusieurs jours ; le microbe de la pneumonie, provenant des crachats, est moins virulent que le pneumocoque provenant du pus. La virulence du bacille delà diphtérie est atténuée au bout de quelques jours. Pour la tuberculose, les résultats ont été négatifs, avec des papiers chargés de bacilles de Koch. De même pour la fièvre typhoïde. »
. ^ Rapport de M. Albert Josias, loc, cit. y p. 477-478.
CONTAGES ET DESINFECTION DU LIVRE 3 II
M. le D' Knopf, de New- York [Infection des livres par la tuberculose)^ cite le fait de vingt Gommis au bureau de santé de Lansing, capitale de rÉtat de Michigan, qui succombèrent à la phtisie pulmonaire pour avoir manié des livres infectés par un de leurs collègues, -qui mouillait ses doigts pour tourner les pages. Il ajoute que la toux sèche et Téternuement peuvent aussi projeter sur les livres des gouttelettes baccilifères.
M. Arthur Krausz [Sur le pouvoir infectieux et le procédé de désinfection des lipres) *, a fait des recherches, sur cette question, à la demande de la Société nationale* d'hygiène, sollicitée par les libraires hongrois. -Il a inoculé le péritoine de deux cobayes en se servant de livres contaminés, et ces animaux ont succombé à la péritonite.
Les expériences touchant la durée de la virulence des germes sur des feuilles de papier imprégnées de divers bouillons de culture, ont donné les résultats suivants :
Vibrion cholérique .... .48 heures.
Diphtérie 28 jours.
Staphylococcus 31 —
Bacille d'Eberth (typhoïde). 40 à 50 •— Bacille de Koch (tuberculose 130 —
Le D' Josias conclut que la durée des vacances suffît en général pour rendre inoffensifs les livres
* Voir note 2, p. g.
des écoles. Cependant quelques-uns de ces chiffres, s'ils sont exacts, donnent à refléchir.
Quant aux livres des cabinets de lecture, ou ayant servi à des malades dans les maisons particulières ou dans les hôpitaux, ils doivent être désinfectés ou détruits. A ce propos, nous citerons, d'après le Mémorial de la Librairie française (26 mars igoS), un article du Publisher's Weekly dénonçant le danger des livres des cabinets de lecture, et citant le fait d'une femme en couches, soignée avec le plus grand souci de l'antisepsie, par le D' Max Bensinger (de Mannheim). L'enfant meurt au bout de treize jours avec de l'otite et des abcès cutanés. La mère voit aussi se former un abcès : on l'opère, mais diverses articulations se prennent et la mort survient subitement. C'était un cas de septicémie incontestable ; quelle pouvait en être la cause ? M. Bensinger découvre sous le chevet de la malade un livre de cabinet de lecture, en fort mauvais état, que la mère avait coutume de lire en allaitant son enfant. M. Bensinger en gratte la couverture et quelques pages et y découvre une abondance de streptocoques.
Les mesures pour la désinfection des livres sont de deux sortes : les moyens préventifs et la désinfection proprement dite.
' En Angleterre et en Ecosse on suspend le prêt des livres à domicile après une enquête établissant
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qu'ils proviennent d'une maison infectée; ces livres sont désinfectés ou détruits*.
M. Alexandre Lion qui a présenté une thèse sur le sujet* et dont les expériences ont porté sur les livres prêtés, recommande le formaldéhyde comme désinfectant complet, mais en prenant certaines précautions pour les livres exposés à ces vapeurs. M. von Schwab a publié en 1897^ ^^ travail sur l'emploi de certains gaz pouvant être utilisés comme désinfectant des livres. Avec le mélange du gaz Pictet (acide sulfureux et acide carbonique en parties égales) il a obtenu, après une exposition de vingt-quatre heures, des stérilisations absolues de : Pyocyaneus^ des stérilisations partielles de aureuSy et nulles pour le bacille de Koch.
La. désinfection des livres, papiers et vêtements avant la rentrée des classes et dans le cours de l'année scolaire est recommandée par le D' Lop, mais sans dire par quel agent désinfectant. Le D"" Krausz préconise l'exposition des livres à la vapeur sous pression pendant quarante minutes. Mais est-ce de la vapeur sèche ou de la vapeur humide ? *** Le D' Miquel partage avec la plupart des hygiénistes, Topinion que les vapeurs d'acide
* Alb. Josias. Rapport cité, p. 480-481.
2 Al. Lion. Untersuchungen ûber die Keimgehalt und die Desinfecktion henut\ter Biiâher, Wûrt^hurg^ Stahel, 1895, in-8^ 32 pp.
^ Von Schwab. Beitrag ^ur Desinfektion fur Leihbibliothetkbiicher [Centralblatt fiir Bakter und Parasit, lenkiinde, 1897, vol. 21).
fonniquè, pendant un temps déterminé, suffisent à la désinfection absolue des livres. MM. les D" Barbe et Bernard sont du même avis. M. Young aussi ne croit pas à l'efficacité de la vapeur ou des autres agents chimiques, à l'exception des vapeurs de formol. Il recommande d'employer cet acide à raison de i centimètre cube pour 38o centimètres cubes de capacité, et la désinfection des livres, placés ouverts et présentant les feuillets à la vapeur, serait complète dans quinze minutes.
Malheureusement, les résultats obtenus avec le formol ne sont pas concluants;
Aussi M. Cuissart, bibliothécaire de la ville d'Orléans, emploie un liquide antiseptique de son invention ; il place les livres contaminés dans une caisse en chêne, et au moyen de l'appareil du D' Foucault, il répand ce liquide en jets et en pulvérisations sur les livres qui sont désinfectés dans un temps déterminé.
En théorie toutes ces opérations de désinfection paraissent concluantes et possibles, mais il n'en est plus de même dans la pratique*. En utilisant une caisse de 5o à 60 centimètres cubes, pouvant contenir une moyenne de 25 volumes in-8*, les plats de reliure écartés, les feuillets ouverts, il faudrait procéder cent fois à la désinfection pour une bibliothèque de 2.5oo volumes ; on peut juger par là du temps employé, à raison de deux heures
* Voir A. Maire. Manuel pratique... , p.. 91.
par désinfection, et de -la dépense à faire (i franc par désinfection) ; ce travail exigerait en plus un personnel spécial.
C'est sans doute pourquoi bien souvent on a tenté en France des expériences de stérilisation de livres de bibliothèque, mais jusqu'ici les résultats n'^ont pas été concluants.
D)ès 1900, le conseil ntiunicipal de Paris avait mis à l'essai dans quelques bibliothèques des livres reliés en pégamoïd au lieu de toile, ce qui permettait d'en effectuer le lavage. Où en sont ces expériences ?
Le conseil municipal de Romainville demandait, en igoS, la création d'un service départemental de désinfection de livres de bibliothèques communales.
A Courbevoie (Seine), la commission de la bibliothèque populaire municipale avait décidé, sur laproposition d'un de ses membres, M. Strœbel, pharmacien, que des expériences seraient faites pour la désinfection des livres par les vapeurs de formol. Ces expériences n'ont pas donné, paraîtil, de résultats pratiques *.
Les expériences faites par M. Cuissart, bibliothécaire à Orléans, ont été rapportées plus haut. M. Cuissart nous a affirmé lui-même que ni le papier, ni la reliure des volumes soumis à la désinfection n'ont jamais été détériorés. C'est là un
^ Note communiquée par M. Maurice Bernard, sous-bibliothécaire à la Bibliothèque de TUniversité de Paris.
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point important de la question, une bonne désinfection ne devant altérer ni la reliure, ni les pages du livre.
Ne parlons pas ici des grandes bibliothèques dont les reliures de livres varient d'une façon constante ; elles sont faîtes en vue de la conservation du livre d'abord, mais aussi en raison de sa rareté, de ses dimensions et de l'usage que doit fournir le livre. Ces ouvrages, à l'exception d'une série usuelle, ne sont pas d'un maniement journalier et restent quelquefois sur les tablettes pendant plusieurs mois si ce n'est même des années.
Mais dans les bibliothèques populaires et les bibliothèques des établissements d'enseignement public, il en est autrement. Il est d'usage de faire cartonner les livres en les recouvrant de tissus ou de toile, soit en couleurs blanche, grise ou noire.
Plus que le papier et le cuir, le tissu est susceptible d'être contaminé, ou directement par la main du lecteur, ou par la pose du livre sur un meuble poussiéreux, gras ou humide; ce tissu absorbe, par sa capillarité, les liquides suspects. Il a donc plus besoin que les autres d'être protégé ou désinfecté, à moins qu'on n'ait commencé par relier les livres avec des tissus apprêtés, plongés au préalable dans une dissolution résineuse ou gommeuse, gutta-percha, caoutchouc, ou autre matière analogue, tissu pégamoïdé, etc.
On voit par ce qui précède que les médecins et
les chimistes sont tout à fait d'accord sur les accidents provoqués par Tusage des livres de cabinet de lecture ; et qu'ils sont à peu près d'accord sur l'emploi d'un nombre restreint de désinfectants sérieux pour le livre. Mais ils ne s'accordent plus du tout sur les quantités de vapeurs à émettre, et sur le temps d'exposition aux vapeurs du formol ; de plus les expériences ne concordent pas toujours entre elles au point de vue du résultat acquis.
Ainsi les D" Du Cazal et Catrin accusent des résultats négatifs sur la virulence des papiers chargés de bacilles de Koch, après quelques jours d'exposition à l'air.
Le D' A. Krausz dit qu'il a inoculé des cobayes en se servant de livres contaminés : ces animaux sont morts de péritonite, mais après quel laps de temps ? On ne le dit pas. Le même auteur estime que la durée des vacances suffit pour rendre lés livres inofFensifs, mais il n'explique pas s'il s'agit d'ouvrages aux feuillets ouverts, isolés en observation, ou s'ils ont été remis sur les tablettes des travées de la bibliothèque ? D'autre part, si le bacille de Koch peut résister à une exposition à l'air pendant cent trente jours, la période des soixante jours de vacances est insuffisante pour rendre indemne de tout germe, le livre suspect ; enfin le D' Krausz recommande la désinfection à la vapeur sôus pression, alors que d'autres la reconnaissent insuffisante.
3l8 LA TECHNIQUE DU LIVRE
Le D' Barbe a reconnu que l'action du papier maculé avec des parcelles de crachats de phtisique sur les cobayes, a bien amené la tuberculose, mais au bout de quelle période et au bout de quel temps ? De son côté, le D" Schwab ne reconnaît pas au formol le pouvoir de détruire les germes de microbes, il préfère l'emploi du mélange de gaz de Pictet.
Où se trouve la vérité dans ces contradictions?
Un fait évident persiste, les médecins et les hygiénistes le reconnaissent tous, c'est l'influence salutaire et heureuse de l'air libre et surtout de la lumière solaire pour la stérilisation des matières contaminées par les micro-organismes.
Il faut en conclure que, si les divers bacilles perdent leur virulence avec le temps ou sous l'influence de l'action de la lumière solaire *, il n'est pas toujours nécessaire de procéder à la désinfection des ouvrages lorsqu'ils sortent des mains des lecteurs et des emprunteurs. Outre les frais assez élevés qu'entraînent l'installation des armoires spéciales, et l'achat des produits désinfectants, le résultat obtenu n'est ni assez probant, ni suffisamment rémunérateur, pour qu'on risque de faire cette opération une fois par semaine ou même une fois par mois dans les bibliothèques populaires.
* Le bureau d'hygiène de l'Etat du Massachusetts à fait procéder à des expériences de stérélisation. Il a suffi de trente à soixante minutes d'exposition à la lumière solaire, pour stériliser des eaux d'égouts chargés de bacilles. — La Lumière et les Microorganismes. (Cosmos, n^ 1043, 21 janv. 1905, p. 55, col. 2.
A quoi bon se lancer dans cette voie à grands frais ?
Cependant, il y a des circonstances où la désinfection devient inévitable.
Dans ces cas, on se risquera à utiliser, comme le recommande M. A. Josias dans son rapport, des solutions d'aldéhyde formique :
« Les solutions d'aldéhyde formique gazeuses produites par la combustion de l'alcool méthylique dans des lampes spéciales détruisent non seulement les spores de la bactéridie charbonneuse, mais les spores infiniment plus résistants et, en un mot, tous les germes des schézophytes exposés à leur action à l'état sec.
« Les pulvérisations de liquides chargés d'aldéhyde doivent être rejetées, par crainte d'intoxiquer les opérateurs, et aussi parce que les solutions dites d'aldéhyde n'en contiennent que fort peu. Ce sont des solutions de paraldéhydq ou des combinaisons mixtes d'aldéhyde formique dans divers états de polymérisation.
« Il faut donc activer la vaporisation du produit solide actif de l'aldéhyde formique et procéder ainsi qu'il suit.
« Dans une dissolution commerciale concentrée d'aldéhyde formique marquant 107 à 108 au densimètre, on dissout du chlorure de calcium cristallisé, de manière à amener la liqueur aune densité de 1,20, soit environ une partie de chlorure pour deux parties d'aldéhyde. Quel est le rôle du chlo-
rure? Est-ce d'entretenir rhumidité favorable à la vaporisation, ou de favoriser une sorte de dépolymérisation ? Toujours est-il qu'en Tabsence de ce corps, la volatilisation du principe actif est beaucoup plus lente.
« Le prix de revient du litre de solution, qu'on peutpréparer d'avance, estactuellement de yfrancs. Avec un litre, on peut effectuer de vingt à trente désinfections pour le moins dans un lieu clos de un demi ou trois quarts de mètre cube ^ »
C'est là, on le voit, presque un moyen héroïque, et on comprend qu'il ne soit recommandable que dans le cas où l'on a vraiment intérêt à sauver le livre de la destruction, ou si l'on ne peut attendre.
Pour clore cette note, concluons -par un exposé des mesures préventives à prendre dans les diverses bibliothèques, etc., pour réduire au minimum les dangers de contamination par le livre.
A . — Dans les bibliothèques.
i°Les lecteurs ne doivent jamais mouiller les doigts pour tourner les feuillets d'un livre. Comme il est difficile de soulever les feuillets du livre, aussi rigide que soit le papier, en prenant, dans le coin droit, plusieurs feuillets à la fois, on les roule sous les doigts et les feuillets se présentent un à un ; il suffit alors de les soulever et de les retourner.
* Alb. Josias. Op. r /Y., p. 48-2.
Une affiche placardée dans divers endroits de la bibliothèque, devrait toujours rappeler cette règle élémentaire:
2^ Ne pas éternuer ni tousser sur les feuillets d'un livre, où seraient projetées des gouttelettes de salive ou de mucosité, mais tousser ou éternuer en tenant son mouchoir devant la bouche.
3** Si les mains du lecteur sont moites, il devrait interposer entre les feuillets du livre et sa main un fragment de papier au moment de les retourner.
4° Éviter, en lisant, de passer les mains moites sur les couvertures ou les reliures des livres.
B. — Dans les lycées et collèges.
1° A la fin de Tannée scolaire, retirer des mains des élèves tous les ouvrages qu'ils ont reçus et les placer dans une salle bien aérée, et les exposer aux rayons du soleil pendant une partie de la journée.
2° Les livres ne seraient pas remis en circulation pendant une année entière ; il est donc indispensable d'avoir, dans une autre salle, une deuxième collection complète des mômes ouvrages.
3^ Au bout d'un usage répété (trois ou quatre fois) tous les livres, sans exception, devraient être brûlés ou mis au pilon, parce qu'ils sont tous profondément contaminés \
* Il n'est pas question ici du renouvellement des livres en tant qu'éditions améliorées ; on pourra traiter cette question dans une autre note.
4'' Si quelque élève présente un cas de maladie transmissible, lui retirer tous les livres qu'il détient et les placer dans une armoire spéciale, aux portes grillagées, afin que l'air y pénètre largement. Ces ouvrages/ après avis d'un médecin, devront être désinfectés ou seront réservés pendant une année.
5"" Tous les livres communiqués devraient être reliés, ou brochés avec un papier ou une toile apprêtés, ou même en pégamoïd.