IV. — Le processus du développement des habitudes
morales en fonction des mœurs, qui vient d'être décrit sur l'exemple de l'enfant dans la famille, est le même, pour l'essentiel, quel que soit le groupement social considéré. Et dans tous les cas la distinction entre 1 e simple conformisme, auquel peut fort bien être arrêtée la moralisation sociale de l'individu, et l'habitude morale volontaire garde une importance capitale. L'arrêt du développement moral à la conformité avec minimum de volonté a les deux conséquences suivantes: 1« la simple conformité disparait avec les circonstances sociales, qui la maintenaient ; 2<^ elle constitue un lien insuffisant de l'individu au groupe (point de lien affectif ni idéal). Elle témoigne généralement d'une faible progressivité du groupe : un groupe, qui s'accroît et se modifie, exige beaucoup de ses membres, favorise par son mouvement leur développement individuel, leur enrichissement par assimilation, et, par suite, leur accession à une volonté morale en harmonie avec l'activité collective. Réciproquement, la volonté morale des individus, se manifestant en initiatives coordonnées, est cause de progressivité pour le groupe. J(Exemples pris de la vie des partis politiques.)