V. Ambroise Colin et H. Capitant, op. cit., t. I, p
propriété, telle que la conçoit le Code civil, devait être entière, dégrevée de toutes charges foncières ; il entendait exclure par là l’ancien régime de la propriété, si réduit et limité par l’organisation féodale. Cette même conception se rencontre encore plus loin : dans le titre IV, les Servitudes et services fonciers, le codificateur déclare en effet : « La servitude n’établit aucune prééminence d’un héritage sur l'autre»
Le Code civil français consacre ainsi le principe de liberté en matière de propriété ; loin de lui conférer un caractère absolu, antisocial, cette liberté lui accorde une grande valeur économique et par là même sociale.
Seule la critique se référant au contrat de travail semble avoir plus de valeur : en effet, le Code n’a consacré à ce contrat que deux articles ; le dernier établissait une telle inégalité entre les parties ?, qu'il a dû être effacé. du Code sous la poussée des circonstances.
Mais ce caractère s'explique aussi par les facteurs politiques présidant la rédaction du Code civil : la grande industrie ne s’était pas encore développée ; le travail gardait son caractère patronal. En soumettant le contrat de travail aux principes du droit commun, les rédacteurs du Code s'étaient plus ou moins laissés guider par le principe de non-intervention qui dominait cette époque.
Le principe de liberté absolue conservait encore une trop grande importance, pour ne pas s'imposer en notre matière : les rédacteurs du Code ne pouvaient prévoir la rapidité des transformations économiques qui suivirent et qui bouleversèrent complètement les rapports contractuels se référant au travail. C’est ce que nous verrons, lorsque nous parlerons du facteur économique dans le Code.
A côté de cette lacune, il y en a bien d’autres à Citers: elles s'expliquent toutes par la tradition et par les circonstances politiques ayant présidé à la rédaction du