‹ La Tedkirà d'Abû 'l-'Alâ'Chapitre 27 sur 35 · Par l’émonctoire cutané · texte numérisé non relu

Par l’émonctoire cutané

58 LA TEDKIRÀ D'APÜ ‘L-‘ALA'

Considère le sirop de rose, l’oxymel et le sirop de nénuphar : c'est une chose admise que tous, dans une certaine mesure, tempèrent la chaleur humorale, que l’un atténue, que l’autre subtilise, que le troisième épaissit [les humeurs], que tous rafraîchissent. Or, bien souvent, ils augmentent la chaleur humorale et l’allument. Suppose que tu aies administré ces potions, séparément ou en association, à quelque malade d’une syncrasie tempérée ou penchant un peu vers la chaleur : personne ne doutera qu’elles produisent un effet rafraichissant, Eh! bien, imagine qu'un homme au tempérament chaud, au foie sec, ait été, à l’époque où se lève la constellation du Grand Chien’, pris d’une fièvre ardente qui a mis tout son corps en mauvaise disposition. Tu lui as fait prendre les remèdes susdits, isolés ou associés. Tu vois alors la chaleur de ce corps atteindre, selon la quantité de ces boissons qu'il a ingérée, plusieurs fois le double de sa valeur précédente* : c’est que les sucreries disposent l’organisme à une évolution vers la syncrasie bilieuse, attendu qu'il u‘y a pas de gradation entre la douceur et la froideur’.

4. I. e. « au moment de la canicule » : L'expression employée par le . 7c NS ” . . .

texte est >32%)| L57e |. On sait que LS 7820 désigne proprement Sirius,

sal Lsre à ou. lai Sr le Grand Chien, et Amel re le Petit Chien.

2, Il est évident qu'il ne faut pas prendre cette formule au pied de la lettre, d’abord parce que la thermométrie rigoureuse était inconnue des anciens, ensuite parce qu'en tout état de cause, il ne saurait être question que du double de la quantité de chaleur qui primitivement dépassait la normale,

3. Il faut, pour comprendre cette proposition, entrer dans les vues de la théorie humorale, Les humoristes considéraient que les matières sucrées sont favorables au foie et favorisent ses fonctions. Or le foie est, au point de vue des humeurs, le siège de la bile jaune, et celle-ci est, au point de vue des qualités, le siège de la chaleur. Par conséquent, toute ingestion de matières sucrées doit amener logiquement une élévation de

Aristote a dit avec raison, lorsqu'il a établi les divers degrés’ de lourdeur et de légèreté : « Il y a le léger, et il y a le plus léger que le léger; il y a le lourd, et il y a le plus lourd que le lourd ». Quant à Hippocrate, il s’en est tenu à la notion de chaleur et de froideur*. Hérophile® a posé en principe que le résultat ne dépendait que de la partie du corps intéressée, et il a considéré les maladies au point de vue de l'impression forte ou faible qu’elles exercent. Aetius‘ et Erasistrate’ ont fait de même. La différence consiste en ce que ceux qui admettent que la partie du corps affectée ne se laisse pas impressionner à cause de sa force de résistance ne se sont occupés que de l'impression forte ou faible : c'est comme si, en disant impression forte, ils avaient songé à ce qui est pesant, et en disant impression faible, à ce qui est léger. Tu vois donc que le médecin est obligé de tenir compte de la substance ° : c'est d’elle que vient la conformité ou l’antino-

la température du corps : il y a correspondance graduée entre le sucre et la bile jaune, entre la douceur et la chaleur, tandis qu’il n’y en a aucune entre la douceur et la froideur, qui sont opposées l’une à l’autre.

1. Le mot isfigsät (Colushuwl) employé par Abü’l-‘Al4’ ne se trouve pas dans les dictionnaires : c’est une transcription du grec ovtyéc, qui sert de pluriel à ot:y64 (rang), avec addition de la terminaison arabe du pluriel régulier féminin, Les mots ainsi formés se rencontrent assez fréquemment dans la langue médicale, Cf. D‘ Gabriel Colin, Avenzoar, sa vie et ses œuvres (Paris, Leroux, 1911, in-8), p. 15, n. 1, à propos du mot Colwggas (de yuu6c, suc).

2, Hippocrate, en effet, n’admet pas qu’on puisse établir des degrés dans la froideur et la chaleur, au point de vue thérapeutique.

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