Médecin d'Alexandrie (ie siècle av. J.-C
4, Médecin grec né en Syrie, Il exerçait à Alexandrie à la fin du v°s. et est l’auteur du Tétrabiblos.
5. Médecin grec du art siècle avant J.-C., souvent cité par Galien.
6. Le texte porte AL<&3 \i Lnaabl) SE? r9£| Oo! CS AS Dans cette phrase, Y est explétif, CF. Caspari, Grammaire arabe traduite par Urichoechea (Paris, Maisonneuve, 1881, in-8) $ 527,
mie entre les êtres. Il n’y a pas moyen de sortir par une explication quelle qu’elle soit de ce fait que la complexion de l’un diffère de la complexion de l’autre, autrement qu’en tenant compte de la substance, dont la vertu, quand elle est mise en action, recoit le nom de «propriété ». Et toute chose est, de par la substance, plus active et plus manifeste qu’elle ne le serait de par les forces. Représente-toi ce que le feu fait de la paille, avec quelle rapidité celle-ci s’assimile à lui, parce qu’elle est remplie d’air. Il est donc indispensable, dans les maladies graves, d’écarter tout ce qui, dans la complexion ou dans la substance, est conforme à ia maladie®.
Sache bien qu'il est des médicaments purgatifs qui ne produisent aucun effet sur certaines personnes, alors que des drogues plus faibles agiraient efficacement. En conséquence, quand tu auras fait prendre un remède et qu’aucun résultat ne s’en sera suivi, n’y renonce pas ; administresen un autre du mème genre, soit peu après, soit au bout de quelques jours.
Rappelle-toi, quand tu prescris une médecine à un malade, qu’il faut lui interdire de diner* avant de la prendre. Ce n’est pas qu’en réalité ce repas donne naissance à quoi que ce soit, bile jaune, bile noire ou pituite; il est indifférent vis-à-vis du degré [de ces humeurs]. Mais lorsque tu administres un remède, tu détournes l’organisme de la digestion de ce repas qui ne tend plus à sortir et qui
1, Ze. « la substance médicamenteuse », Le mot rÈsæ prend couramment ce sens dans la technologie médicale.
2. C'est en vertu de ce principe que la médecine humorale soignait par des médicaments froids les maladies attribuées à un excès de chaleur, et réciproquement : elle était essentiellement allopathique.
3. Par « diner » il faut entendre le repas du soir; le texte emploie
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TRADUCTION el
séjourne d’autant plus que les voies intestinales sont obstruées. Il en est ainsi parce que le purgatif produit sur les organes un effet analogue à celui de la lessive sur les vêtements : ils n’ont plus la même force que précédemment, que tu aies amené ce résultat en une seule fois ou en deux fois. Il en irait de même si le malade faisait un léger repas avant et après l’absorption du remède.
Quant à l'emploi du muse dans la préparation du médicament, c’est une erreur et un préjugé dans lesquels on a donné sous prétexte que le musc conforte les organes en général et a des propriétés capiteuses. On en a induit qu’en arrivant aux organes nobles, il en expulserait pour ainsi dire, l'humeur et les conforterait par lui-même, tandis qu’il les affaiblit en dirigeant vers eux l’énergie des médicaments purgatifs, principalement lorsqu'il s’agit de drogues d’une nature très différente de celle des organes; car bien souvent l’une des parties nobles est faible et est mise en péril.
Il en est de même! de l’habitude fort répandue de faire prendre le purgatif dans du vin, bien que celui-ci fasse monter les humeurs à la tête. Les dommages qu’il peut causer sont très nombreux; en outre, il est interdit par la loi religieuse, de sorte que, même s'il était salutaire, je me garderais de le laisser entrer dans la composition des purgatifs. Qu'il suffise au médecin de faire. prendre le médicament dans de l’eau qui a subi un commencement d’ébullition. Le jus de raisin peut encore remplacer le vin.
Rappelle-toi aussi les propriétés suivantes : celle qu’a la substance des fèves de troubler l’idéation; celle qu’a tout lénitif froid? de nuire au système nerveux; celle du lait
1. Abüû ’l-‘Al4 veut dire que c’est encore une erreur, 2, « Froid » n’est pas pris au sens thermométrique, mais au sens médico-chimique que lui attribuait la théorie humorale,
dans les affections cérébrales; celle des myrobalans dans les affections du siège; celle qu'a l’aloès de convenir à l'estomac; celle de la coloquinte dans les affections du foie ; celle qu’a le raisin sec de convenir au foie; celle qu'a la gomme adraganthe d'ôter la soif; celle qu'a le plantain de détruire‘ l’atrabile et de faire disparaitre les troubles qu'elle avait produits; celle de la sorbe: de donner des poux; celle des figues dans l’insuffisance hépatique; celle qu'ont les noix d'amener le mutisme et le rabâchage, en raison de la nature de leur substance et de leur complexion (et si ce n’était que le temps me manque et que tes déplacements m'obligent à me hâter’, je te démontrerais le fait d'une façon lumineuse); celle qu'a la grenade d’empècher les humeurs de se putréfier et de se vicier; celle qu'a le raisin sec au point de vue de la maturation, — et quand je te dis « maturation », n’entends pas par là une maturation quelconque, qu’elle soit favorable comme celle qui transforme la pituite en sang, ou pernicieuse comme celle qui amène la corruption du sang; mais donne à ce mot le sens qu’il prend dans une thérapeutique heureuse, celui de « modification des humeurs dans un sens plus favorable au sujet ».
Sache que les amandes ont la propriété d'entretenir la substance cérébrale et médullaire, tandis que le sésame, bien que sa complexion soit voisine de celle de l’amande, trouble le cerveau, congestionne la tête, désorganise les tissus, donne une mauvaise haleine et des sueurs fétides,
1. Le ms, de l'Escurial écrit « de produire (GsWs.\) l’atrabile », ce qui constitue probablement une erreur de copie.
2. Le ms, de Paris porte RAS (ambre gris), tandis que celui de l’Es-
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curial écrit lys (sorbe); c'est assurément cette dernière lecture qui doit prévaloir.
3, Sous-ent, : « afin que mon memento te parvienne »,
rend les femmes stériles, cause souvent des hernies et de l’obésité et, en somme, vicie le tempérament. Quant aux amandes, elles entretiennent d’une manière étonnante, sans la développer d’une facon anormale, l'humidité des organes, et elles conservent à ceux-ci leur tonicité. Les roses, plus particulièrement sous forme de conserves, ont là propriété d'entretenir le poumon; la jujube convient aussi à sa complexion et à sa substance; le myrte‘ donne du souffle?, conforte les organes et est le meilleur* de tous les médicaments qui arrêtent la diarrhée.
Rappelle-toi que tout astringent contient un principe drastique, et que tout purgatif contient un principe astringent; 1l faut excepter le myrte qui est dépourvu de toute propriété laxative.
Rappelle-toi les bons effets du bois d’agalloche* à l'égard de l’estomac, auquel il est salutaire, et la faculté qu’il possède de faire disparaître la mauvaise odeur de la bouche.
Rappelle-toi, après la complexion de ce médicament, celle de la pêche : tous deux supprimentinfailliblement la fétidité de l’haleine.
Rappelle-toi que l’artichaut détruit l'odeur des parties supérieures du corps.
1. Je traduis par « myrte » le mot ol parce que c’est le sens qu’il prend en Occident. Les Orientaux attribuent ce nom au basilic.