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est substitué à l’ancien radioconducteur. Un petit circuit qui renferme un téléphone est disposé en dérivation sur le contact redresseur. Le téléphone T a pris la place qu'occupait le relais dans le cas de l'inscription et tout circuit de travail a disparu.
À chaque étincelle du poste d'émission, un courant alternatif induit de très courte durée parcourt l'antenne de réception : ce courant, redressé, donne un choc au téléphone. Les courants d’un train d’oscillations qui passent dans un sens traversent le détecteur, ceux que le détecteur arrête donnent un choc au téléphone. Une fermeture brève au poste d'émission fait entendre un ou deux chocs qui constituent un point ; une fermeture plus longue donnera cinq ou six chocs constituant l'impression d’un trait.
Dans les divers modes de télégraphie par étincelles ou par ondes amorties, le dispositif de réception au téléphone restera le même que dans l'excitation directe. Il conviendra encore en téléphonie sans fil.
Lorsque en 1899, après quatre années de travaux ininterrompus, M. Marconi fut parvenu à organiser des communications régulières entre deux postes à excitation directe, distants d'environ 50 kilomètres, entre Douvres d'une part et Wimereux près de Boulogne, d'autre part, puis à constater que la brume, la pluie, la neige ne contrarient pas les
transmissions et enfin à voir traversés ou contournés la plupart des obstacles qui arrêtent la lumière, des installa-
tions d'études surgirent de tous côtés. Les essais persévérants de M. Marconi avaient ouvert une voie qui était jugée à la fois intéressante et profitable.
Alors, parallèlement aux postes que M. Marconi ne cessa pas de perfectionner et de multiplier en divers pays, beaucoup d’autres furent établis et contribuèrent à hâter les progrès.
Pour obtenir les premiers résultats, il avait suffi, après qu'un dispositif avantageux pour l'excitation directe eut été adopté, de continuer les expériences du début en augmentant graduellement l'énergie des décharges et la hauteur des antennes à mesure que les deux postes étaient écartés davantage. Mais, dorénavant, de nouveaux progrès allaient exiger de grands efforts. Îl fallait établir un accord entre les postes en correspondance, pour éviter la confusion et augmenter la portée. On ne se trouve plus ici dans les conditions simples de la télégraphie électrique ordinaire où, quel que soit l'éloignement, il ne faut qu'un fil, un courant et un révélateur de courant et où la dépêche, à moins d’une intervention étrangère, ne s'écarte pas de la route qui lui est imposée par le mode même de communication.
Les problèmes à résoudre étaient complexes et 1l y a un siècle, ils auraient peut-être paru difficilement abordables, mais les connaissances que l'on possédait en 1899 sur l’étincelle et sur les circuits à éclateur, devaient abréger la durée des tâtonnements.
D'abord, on n'avait pas à déduire de la seule observation des phénomènes la nature de l'agent qui déterminait la conductibilité d’un contact imparfait en présence d'une étincelle électrique. On savait, en effet, qu'un courant de décharge fait naître, à distance, un courant spécial, dit induit, dans le circuit du contact et, c'est à ce courant induit que l’on attribuait tout naturellement l'effet observé.
D'autre part, Feddersen avait montré que le courant de décharge d’un condensateur, par étincelle, est un courant alternatif périodique de haute fréquence. On pouvait alors lui appliquer la loi fondamentale de l'induction, cest-àdire la proportionnalité de la force électromotrice induite à la vitesse de variation du flux inducteur enveloppé par le . circuit. :
Il résultait enfin des recherches de Hertz que les oscillations électriques d’un courant de décharge se dispersent dans l’espace, avec une vitesse constante en conservant leur période. Ces oscillations, conformément à leur caractère périodique, étaient susceptibles de présenter les phénomènes connus d'interférences. L'analogie des phénomènes d'inter- {érences observés par Hertz avec les phénomènes acousti-
ques correspondants pouvait encore servir de guide d'une façon efficace. L'explication du rôle des antennes va en donner un exemple.