CADRES
Pour émettre des radiations dans une direction déterminée, ou pour repérer la position de postes radiotélégraphiques, on fait actuellement le plus souvent usage de circuits fermés verticaux qu'on peut orienter. Ce sont des cadres habituellement rectangulaires ABCD, symétriques par rapport à un axe vertical, autour duquel
ils peuvent tourner (fig. 67). Sur le cadre on a enroulé un nombre suffisant de spires d'un fil conducteur que parcourt un courant alternatif de haute fréquence : une capacité variable, annexée au cadre, permet de fixer la période du circuit. :
Un cadre tournant peut, comme on va le voir, remplacer une antenne coudée.
Un cadre envoie un flux maximum dans son plan: le flux qu'il émet dans une direction perpendiculaire à son plan est nul : comme celles d'une antenne, ses radiations sont reçues par tous les temps et à travers les obstacles.
Pour repérer la direction d'émission d'un poste de télégraphie sans fil, on fait usage, au poste d'observation, d'un cadre rectangulaire. Les extrémités du fil du-cadre sont branchées à un appareil récepteur. On cherche, en le faisant tourner, l'orientation qu'il faut lui donner, pour avoir le maximum, puis le minimum d'audition du poste émetteur (fig. 68).
Un cadre fermé qui remplit le rôle d'antenne réceptrice reçoit, en eflet, avec une intensité maximum, les rayonnements qui sont situés dans son plan.
On trouve que le pouvoir rayonnant d'un cadre émetteur, ou bien le pouvoir collecteur d'un cadre récepteur, est proportionnel à la surface du cadre et au carré du nombre des spires qui l'entourent.
Un cadre a un faible pouvoir rayonnant et un faible pouvoir collecteur. En effet, sa longueur étant trop petite
par rapport aux longueurs d'ondulation émises, les effets des courants latéraux s'annulent presque pour toute orientation. On comprend alors qu'il a été nécessaire d'établir, tout d'abord, la résonance entre l'émission et la réception. Îla fallu, en outre, à la réception recourir à l'amplification. Associée à la résonance, l’amplification permet de recevoir, sans antenne, des messages venus de très loin. On avait, au début, fait usage, à cet efiet, de cadres de grandes dimensions, dont le maniement était difficile : grâce à l’amplification, des cadres de dimensions moyennes sont devenus suffisants.
Deux directions étant nécessaires pour déterminer un point par leur mtersection, ia direction signalée par un seul cadre ne fixe pas la position d'un poste. En outre, la direction fournie par un cadre n'étant qu approximative, il convient de combiner les mdications qu sont trouvées avec plusieurs cadres goniométriques. convenablement espacés. En marquant sur une carte la position des différents récepteurs et en traçant les orientations des maxima de réception observés, le point de concours de ces directions détermine le siège du poste émetteur.
Applicable à la recherche de postes fixes ou mobiles, cette méthode est particulièrement intéressante pour faire connaître la position de navires, de sous-marins, de dirigeables, s'ils lancent, eux-mêmes, des signaux radiotélégraphiques.
Par exemple, un navire qui fait usage de son poste peut être repéré d’après les signaux que des stations côtières en ont reçus. Réciproquement, à bord, on détermine la direction de signaux qui émanent de stations fixes connues, et, on en tire la position géographique du navire.
Si le navire ne dispose pas lui-même de cadres radiogo- :
niométriques et n'est muni que d'un simple poste de télégraphie sans fil, il ne déterminera pas lui-même sa propre position, mais comme il a pu être repéré, sur sa demande, par des stations côtières, l'indication de sa position lui sera transmise, à une heure convenue, par les postes qui ont reçu
ses signaux.
Les mêmes opérations peuvent se faire avec un dirigeable.
L'exposé sommaire des principes et des procédés de la Télégraphie sans fil fait voir que, si le nouveau mode de communication à distance a utilisé avantageusement pour son organisation des connaissances antérieurement acquises, les besoins de son fonctionnement régulier ont, euxmêmes, suscité des recherches qui ont contribué à étendre le domaine scientifique. C’est qu'en effet, si la science pure mène à des applications profitables, ces applications provoquent, en retour, des progrès de la science proprement dite.
La télégraphie par induction électrique, pratiquement instantanée, sans lien matériel visible entre deux stations, effectuée avec des courants d'émission alternatifs et périodiques, dont la longueur d'onde est comprise entre 150 mètres et 30 kilomètres, a conduit à des résultats inattendus et mis en œuvre des appareils révélateurs et amplificateurs dont la sensibilité a dépassé progressivement toutes les prévisions. On est parvenu à recueillir des émissions extrêmement faibles et à les séparer d’une infinité d’autres qui sillonnaient en même temps l'espace. Les faits ayant devancé la. théorie, le rôle radiotélégraphique des hautes régions de l'atmosphère offre des incertitudes et de nouvelles recherches sont encore nécessaires.
L'entraînement a été immense au point de vue pratique, les stations météorologiques ne cessent de se multi-
plier. D'abord limitées au voisinage des côtes, elles ont gagné les régions intérieures des deux continents. Les postes moyens, dont la portée dépasse 1.000 kilomètres, se comptent actuellement par centaines.
De grands postes, tels que ceux de Paris, Lyon, Nantes, Croix d'Hins à Bordeaux, Sainte-Assise à Melun, en France : puis Vienne, Moscou, Varsovie, Sofia, Rome, Belgrade, Nauen près de Berlin, Clifden en Irlande, pour ne citer que des postes d'Europe, entretiennent des correspondances constantes sur des rayons de plus de dix mille kilomètres. Quelques-uns de ces postes mobilisent des puissances motrices considérables, afin d'entretenir un rayonnement électrique intense. Ils dispersent ce rayonnement par des centaines de fils d'antennes que soutiennent d'énormes pylônes. Les prises de terre correspondantes se font par des réseaux métalliques qui occupent sur le sol des surfaces très étendues. Pour une portée qui n'est que peu inférieure à celle des plus grands postes, la tour Eiffel, haute de 300 mètres, n'emploie qu'une moyenne puissance motrice et son antenne n'a que six fils ayant chacun 500 mètres de longueur : la tour leur sert de support. Les signaux de la tour Eiffel couvrent actuellement l'Europe, le nord de j’Afrique : ils vont au Canada. Les communications de la métropele avec les colonies sont assurées par des postes installés en Afrique, en Indo-Chine. Pour des distances qui doivent dépasser notablement la portée de la tour Eiffel, ia nouvelle station qui vient d'être aménagée à Sainte-Âssise, près de Melun, utilise une antenne supportée par 17 pylônes, hauts de 250 mètres, occupant, dans leur ensemble, une surface de 180 hectares. |
À la station transcontinentale du Centre radioélectrique
de Sainte-Assise, la puissance dans l'antenne d'émission est de 1.500 kilowatts.
Grâce à l’amplification, la portée s'étend sans limites à la surface de notre globe et les dépêches parviennent sans relais aux antipodes 1,