Nous avons étudié plus haut
1° Le moyen de produire des oscillations dans un cireuit:
2° Les formes et les dimensions des circuits aptes au rayonnement (antennes).
Il s’agit maintenant de relier ensemble les circuits producteur et radiateur pour obtenir les meilleurs résultats.
On peut, dans ce but, soit produire directement dans l'antenne des oscillations entretenues ou amorties, comme on le fait dans un circuit à condensateur : c’est le cas de l'émission directe; soit produire des oscillations, suivant l’un des procédés que nous venons d'étudier, dans un circuit à condensateur, lequel, étant relié à l'antenne par un transformateur, excite celle-ci par induction : c’est le cas de l’excitation indirecte.
1° Emission directe.
130. Dans leicas de l'émission directe, la source à haute fréquence est placée directement dans l'antenne.
51 l’on désire émettre des oscillations entretenues, l'arc à haute fréquence, l'alternateur, le circuit-plaque de la lampe, suivant le cas, sont placés directement dans l'antenne, suivant l’un des montages indiqués ci-dessous :
La théorie du procédé a déjà été donnée au $ 29. On a vu qu'on obtient les meilleurs résultats en mettant en résonance la source de force électromotrice et l'antenne, qui équivaut à un circuit oscillant de capacité C et de self L. Il est facile de voir
100 Troc
qu'on peut, dans ces conditions, mettre en jeu dans lesantennes des puissances aussi grandes qu'on veut.
supposons par exemple qu'on veuille mettre en jeu, ce qui est le cas d’une très grande station, une puissance de 100 kilowatts dans une antenne dont la résistance totale (résistance de rayonnement comprise), est 2,5 ohms :
R+Sw—=2,5 PIS
fit
Fig. 82. Fig. 83. Fig. 84.
Émission directe Emission directe Émission directe par alternateur. par arc Poulsen. par lampe.
On a successivement, pour l'intensité du courant dans l'antenne, Rlr. =
| PPS ve — 200 ampères
et, pour la force électromotrice de Ia source. E=RI1=#500 ohms.
Ces valeurs du voltage et de l'intensité sont tout à fait de l'ordre de grandeur que donnent directement, sans transformation, les générateurs industriels d'énergie électrique.
On peut aussi, en émission directe, produire dans l’antenne des oscillations amorties. Il suffit, pour cela, d'intercaler un éclateur à la base de l'antenne, et de relier les deux bornes de cet appareil à un circuit de charge à haute tension analogue à celui que nous avons employé pour charger les condensateurs ($S 82 et suiv.). Si, par exemple on utilise dans ce but la combinaison alternateur-transformateur ($ 90), on réunira les deux bornes de l'éclateur au transformateur (fig. 85) (montage Marconi). Ce système a des inconvénients. En effet, l'énergie mise
FRE je. ee en jeu à chaque étincelle est + CV?, V étant la différence de
potentiel entre les deux pôles de l’éclateur, et C la capacité de l'antenne par rapport à la terre. Mais les antennes ayant des capacités très faibles, ceei conduit, dès que les puissances sont un peu grandes, à des potentiels énormes. Si par exemple, on veut mettre en jeu une puissance de 1 kilowatt, avec 50 étincelles par seconde, soit 20 watts par étincelle, et une capacité C— 10" microfarad, on à :
V — 200 000 volts.
Mais 1l est très difficile de construire des transformateurs donnant, avec une telle tension, un nombre suffisant d'étincelles par seconde. Car (voir $ 88), pour une quantité de cuivre donnée sur le transformateur, l'augmentation de la tension à obtenir, entraînant une augmentation de résistance secondaire, diminue le nombre d’étincelles qu'on peut avoir par seconde.
De plus, les différences de potentiel de cet É ordre de grandeur exigent une très grande longueur d'étincelle (environ 10 centmètres). Mais la résistance de l’étincelle devient alors très grande, et la perte d’ énergie de ce fait est considérable. D'où : 1° mauvais rendement de l'installation; 2° grand amortissement et par conséquent poste très génant pour les voisins.
Enfin, ces grandes différences de potentiel rendent très difficile l'isolement des antennes, surtout des parties supérieures, où le potentiel est maximum.
Fig. 85.
2 EÆÉxcitation indirecte.
131. Les considérations précédentes expliquent pourquoi l'émission directe est de moins en moins employée, du moins dans le cas des radiocommunications par étincelles. Les méthodes d’excitation les plus usitées maintenant sont des méthodes indirectes, dans lesquelles l'antenne est liée par un transformateur à un circuit dans lequel on produit des courants de haute fréquence.
Le transformateur, que nous appellerons radio-transformateur, puisqu'il est placé dans des circuits parcourus par des courants de haute fréquence, peut comporter deux enroulements (Tesla),
102 Te SRE
comme les transformateurs industriels à basse fréquence : on dit alors que l'excitation se fait par induction (fig. 86). Le radio-transformateur peut au contraire posséder un seul