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Dans le cas de la radiotélégraphie par alternateurs à haute fréquence, on manipule, soit en coupant et rétablissant l’excitation, soit en court-circuitant ou non l'alternateur.
Stations de puissance moyenne.
208. Les plus nombreuses de ces stations sont celles qui sont destinées au service de correspondance publique entre la côte et les navires ou entre les navires.
Le règlement radiotélégraphique de Londres leur impose l'obligation de pouvoir travailler avec les deux longueurs d'ondes de 300 et 600 mètres.
À peine sortie du laboratoire pour entrer dans le domaine de l'exploitation, la Télégraphie sans fil, appliquée aux relations entre stations fixes et stations mobiles, en particulier au service de la correspondance publique générale, a dû se créer un appareillage robuste et d'une extrême simplicité de réglages et de manœuvres. Une grande exploitation industrielle, un grand bureau télégraphique où les appointements de quelques mécaniciens affectés spécialement au réglage et à l'entretien des appareils sont négligeables par rapport aux frais généraux, n'est pas incompatible avec l'utilisation d'organes délicats; mais :l n'en est pas de même dans une station radiotélégraphique, même de moyenne portée, de 1000 kilomètres par exemple : l'unique mécanicien qu'elle comporte le plus souvent doit à la fois surveiller l'antenne, assurer l'entretien des machines électriques et éventuellement du groupe électrogène et s'occuper enfin du bon fonctionnement des appareils de télégraphie sans fil. Les mêmes conditions se présentent sous une forme plus impérieuse encore dans les stations de bord, où il n'y a le plus souvent qu'un seul opérateur à qui l’on ne peut demander de cumuler le travail d'un télégraphiste et celui d'un mécanicien.
Il a donc fallu rechercher un matériel robuste, de réglage facile; ce résultat est obtenu à la transmission par Ja suppression, à peu près complète aujourd’hui, des anciens systèmes à courant continu à étincelles rares, qui exigeaient l'emploi d'interrupteurs mécaniques; et ceux-ci, que leur rôle même soumettait à des à-coups répétés dans l'intensité qui les traverse, ne peuvent être que des organes délicats, capables évidemment d'un bon fonctionnement, mais sous cette restriction qu'ils sont constamment surveillés par un personnel exercé.
Les mêmes causes ont amené la disparition des anciens cohéreurs, avec frappeurs et relais délicats, difficiles à régler, impossibles à maintenir d’une sensibilité constante: elles ont conduit
à l'adoption universelle de la réception au son avec détecteurs électrolytiques ou détecteurs à cristaux, toutefois encore un pen délicats, et exigeant une surveillance minutieuse. Certaines compagnies de navigation sacrifient même franchement la sensi- s bilité au désir d'obtenir un fonctionnement certain, indépendant du plus ou moins d’habileté de l'opérateur et ceci explique le
maintien du détecteur magnétique dans un grand nombre de stations.
209. Un deuxième problème se pose dans le service de la correspondance publique générale. S'il est désirable que toutes les stations, au moins les stations du bord, travaillent à l’aide d’un petit nombre de longueurs d'ondes communes, l'emploi des mêmes longueurs d'ondes rend très difficile pour le télégraphiste l'élimination des réceptions parasites. Comment se débrouiller dans ce chaos? À ce point de vue l'éducation d’un trop grand nombre d'opérateurs reste encore à faire. Si chaque station de bord travaillait toujours et uniquement avec la station côtière la plus rapprochée, et avec la quantité d'énergie nécessaire et suffisante pour assurer une bonne communication, 1l n’y aurait plus de télégrammes passant par-dessus les continents et troublant toutes les stations qui se trouvent sur leur route. Des progrès techniques améliorent d'ailleurs de Jour en jour la situation, qui serait inextricable si-l'on en était resté aux systèmes primitifs non syntonisés. Il serait possible actuellement et désirable de n’autoriser l'installation de stations que si elles emploient un couplage maximum et des décréments d’amortissement maxima donnés. Tous les radiotélégraphistes connaissent des stations qui travaillent dans des conditions déplorables à ce point de vue. Résultat : tout travail est rendu impossible aux stations voisines. L'emploi de l'excitation par choc, qui fait osciller l’antenne suivant sa longueur d'onde propre, et son amortissement propre, présente un avantage en ce qui concerne la syntonie. Les progrès de la réception sont parallèles à ceux de l'émission; toutes les stations possèdent maintenant des systèmes indirects avec couplages làches, ou avec circuits « filtreurs d'ondes » qui permettent d'obtenir des accords précis. La pratique de la réception au son ajoute ses heureuses conséquences à celle de la syntonie, en permettant de démèêler au milieu d'émissions gènantes celle qu’on veut recevoir et de la suivre en se guidant sur sa tonalité spéciale; l'emploi des émissions à note aiguë à marqué un grand progrès en augmentant l'échelle des différenciations entre les divers sons d’étincelle : d'autant plus que les téléphones employés sont plus
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sensibles aux sons aigus et que ceux-ci percent mieux les parasites atmosphériques, on aura la raison de la faveur de plus en plus grande dont ils sont aujourd’hui l'objet.
Avant de quitter ce sujet de la correspondance publique générale, il nous reste à remarquer que ce service se trouve dans des conditions tout à fait défavorables pour profiter des progrès techniques. Car toute émission doit pouvoir être reçue par toutes les stations munies des appareils actuellement existants, et toute modification aux appareils de réception se trouve exclue de l'application à la correspondance publique générale.
Nous donnerons maintenant quelques exemples de stations d'importance moyenne.
210. Stations de l’Administration française des Postes et Télé-
Fig. 160. — Réception par dérivation. Fig. 161. — Réception par induction,
graphes. — Le réseau radiotélégraphique de l'Administration francaise des Postes et Télégraphes comporte les types de stations suivants.
Station de 200 kilomètres de portée. Cherbourg.
Stations de 400 kilomètres de portée : Boulogne-sur-Mer, Le Havre, Saint-Nazaire, le Bouscat (Gironde), Cros-de-Cagnes (Alpes-Maritimes).
Stations de 700 kilomètres de portée : Ouessant (Finistère), les Saintes- Maries-de-la-Mer (Bouches-du-Rhône), Bonifacio (Corse), Fort de l'Eau (Alger).
Stations de 2000 kilomètres de portée : les Saintes-Maries-de-la-Mer et Ouessant.
Toutes ces stations sont ouvertes à l'exploitation, sauf celles de Cherbourg et Bonifacio, et le grand poste de Saintes-Maries, qui sont en cours d'établissement, ainsi que les stations de Saint-Nazaire et le grand poste d’Ouessant, dont la construction n’est pas encore commencée.
Les stations de 200, 400 et 700 kilomètres sont établies pour les longueurs d'ondes de 500 et 600 mètres : les postes de 2000 kilomètres, pour la longueur d’onde de 1 800 mètres.
L'installation radiotélégraphique de la station du Havre a été fournie par la Société française radioélectrique; celle de la station du Bouscat, par la Compagnie générale de radiotélégraphie; celle de Cros-de-Cagnes, par la Compagnie Marconi.
Le matériel des autres stations en exploitation, jusqu'ici à étincelles rares est remplacé actuellement par un matériel moderne, à étincelles musicales,
spécialement étudié par le Service de la Télégraphie sans fil de l'Administration française des Postes et Télégraphes, du type à courant continu haute tension et éclateur tournant, La puissance est 5 kilowatts à Boulognesur-Mer, 10 kilowatts à Ouessant, les Saintes-Maries-de-la-Mer, Fort de l'Eau et Bonifacio. Le matériel du poste de 2 000 kilomètres de portée, en cours d'installation aux Saintes-Maries-de-la-Mer, est du même type, et établi pour une puissance de 50 kilowatts.
Nous décrirons ici le type de stations de 10 kilowatts (700 kilomètres de portée). L’antenne est du type en T, supportée par deux pylônes de 76 mètres de hauteur, espacés de 100 mètres. (Sauf pour Bonifacio, où les pylônes ont seulement 50 mètres de hauteur et 70 mètres d’écartement). La partie horizontale, de 90 mètres de longueur, est formée d’un prisme à six fils. Au milieu des six fils horizontaux sont connectées les
A Fig. 162. — À. Dynamo, haute tension. — BB, Selfs de réglage. — C, Manipulateur. — D, Éclateur. — EF. Condensateurs. — G. Radio-transformateur., — I, Condensateur, — L, Antenne, — HJ. Interrupteurs. — R. Prise de terre,
extrémités supérieures de six fils formant les six arêtes d’un prisme dont l’extrémité inférieure aboutit au bâtiment du poste et qui constitue la descente.
L'énergie est fournie à la station par un groupe électrogène formé d’un moteur Gnôme à pétrole lampant d’une puissance de 25 chevaux, et d’une dynamo de 15 kilowatts et 120 à 150 volts servant à charger une batterie d’accumulateurs de 60 éléments et d’une capacité de 700 ampères heures.
La batterie d’accumulateurs fournit l’énergie sous forme de courant continu 120 volts à un groupe transformateur composé d’un moteur à courant continu de 17 chevaux entraînant une dynamo A à courant continu du type 10000 volts, 1 ampère. L'émission musicale est faite sur la note qui correspond à 600 étincelles par seconde, sur la longueur d'onde de 600 mètres, et 1 000 étincelles sur la longueur d'onde de 300 mètres (pl. XIII).
Pour la longueur d’onde de 600 mètres, le circuit de charge comprend la machine à haute tension A, les deux condensateurs E, F en parallèle, d’une capacité totale de 0,0833 microfarad, les selfs B, B, réglées de telle sorte que l’étincelle éclate au bout d’une demi-période de l’oscillation de charge (voir ch. 1v) et le manipulateur C; le circuit de décharge comporte le condensateur E, F, le primaire du radio-transformateur, et l'éclateur, qui est du type tournant, formé d'un disque portant dix-huit pointes régulièrement espacées à sa périphérie, et d’une électrode lisse, tournant lentement autour de son axe : l’étincelle éclate entre les pointes et l’électrode lisse : la vitesse de l’éclateur est 2000 tours par seconde. Le circuit