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UTILITÉ ET DÉSAVANTAGES DE^LA TÉLÉGRAPHIE

Nous venons d'étudier, dans les Chapitres précédents, les éléments au moyen desquels on peut constituer un système de Télégraphie sans fils. Indiquons maintenant comment les choses sont disposées dans la pratique.

93. Excitateurs employés. — On emploie pour la production des ondes, soit un excitateur de Righi à quatre boules, soit un simple excitateur composé de deux sphères entre lesquelles jaillit l'étincelle. On meta terre une des sphères centrales de l'excitateur Righi, et l'on met l'autre en communication avec l'antenne. Quand on emploie l'excitateur de Lodge, à deux boules, on met directement à terre l'une des boules, et l'on met l'autre en communication avec l'antenne. C'est là un procédé dangereux pour la

î, car on en change complètement le e oscillatoire normal. Dans cette bobine, Tet, comme l'ont montré Bernstein et m, les deux extrémités du secondaire toujours à des potentiels égaux et de 1 contraires. Quand on met à la base un 5les du secondaire, au contraire, toute ërence du potentiel se produit à l'autre ît elle peut devenir dangereuse pour l'iso- [1 faut donc, pour appliquer ce procédé, des bobines isolées d'une manière spéou alors ne pas leur demander toute leur mce.

st ce dernier dispositif qui est mis en maintenant par M. Marconi, et c'est par oyen qu'il arrive à traverser la Manche es signaux de la Télégraphie sans fils, en yant une simple bobine de 0", 15 d'étin-

Disposition du cohéreur. — II faut ensuite ;er convenablement le cohéreur. Celui-ci tre complètement à l'abri des signaux es par le poste transmetteur lui-même, là une difficulté qui peut être tournée, 2ttant l'appareil et tous ses accessoires me boite métallique entièrement fermée.

Les métaux sont, en effet, opaques pour les ondes hertziennes. Cela a été mis hors de doute, il y a peu de temps, par les expériences de M. Branly. Ce savant a montré, en même temps, la nécessité de fermer avec un soin tout particulier les enveloppes métalliques dans lesquelles on place un de ses radioconducteurs (il ne dit pas cohéreurs). La moindre fente sensible suffit pour laisser passer des ondes capables d'impressionner l'appareil, au moins dans le voisinage d'un oscillateur puissant. Mais en prenant des précautions convenables, en serrant bien les joints, on met les appareils à l'abri des ondes émanées de l'excitateur voisin.

95. Connexions des appareils. — Au moment où l'on veut recevoir une dépêche et non plus en envoyer, il suffit de changer les connexions, et de mettre l'antenne en communication avec le Gohéreur. Ceci se fait d'ailleurs par un procédé tout à fait analogue à celui qui est employé dans le télégraphe Morse ordinaire. Nous donnons, dans les fig, 33 et 34, les deux dispositions, dont on saisira immédiatement toute l'analogie. Dans le cas de la Télégraphie sans fils, c'est l'antenne qui remplace le fil de ligne.

Posle À

Terre

Elle suffit seule à la réception; mais, pour Té-

Fig. 3i.

) Terre

mission, elle doit être actionnée par l'intermédiaire de la bobine et de l'interrupteur. C'est

la clef de Morse elle-même qui sert à cet usage. On voit que les différences entre les deux montages sont faibles. Dans la Télégraphie sans ûls le manipulateur ferme le circuit sur la bobine, au lieu de l'envoyer directement dans la ligne. Il suffit d'imaginer celle-ci très courte et fermée directement sur la pile, par Tintermédiaire du primaire de la bobine. De plus, il y a un fil analogue au fil de ligne de la figure, qui va en a/, alors que c'est le centre du manipulateur qui va aux appareils récepteurs.

Nous avons représenté le manipulateur dans une position où tous les contacts sont rompus.

En somme, on voit ainsi que tous les dispositifs de la Télégraphie ordinaire sont applicables à la Télégraphie sans fils, au moins dans la limite de portée de celle-ci. Il n'y a que les dispositifs destinés à transmettre plusieurs dépêches simultanément qui soient inapplicables.

Il nous faut maintenant indiquer les avantages et les inconvénients de ce système de Télégraphie.

96. Avantages de la Télégraphie sans fils. — D'abord les avantages. Il n'y a plus à s'occuper de poser des lignes métalliques coûteuses; c'est là un perfectionnement considé-

rable, car la majeure partie du capital immobilisé dans une ligne télégraphique Test sous cette forme, et c'est là aussi la partie du système qui, étant soumise aux intempéries, s'use le plus. Les appareils transmetteurs et récepteurs sont relativement peu encombrants, et permettent, par conséquent, une installation rapide et un transport facile. La seule partie encombrante est l'antenne. Dans l'installation actuellement faite à Wimereux par M. Marconi, cette antenne a 50" de haut, et elle permet d'aller à 50*"°, en passant au-dessus de la mer. Certes, il n'est pas commode de transporter un mât d'une hauteur pareille. Mais avec une hauteur beaucoup moindre, on peut déjà atteindre des distances de plusieurs kilomètres.

Plaçons-nous dans le cas d'une occupation de territoire colonial. Il ne faut pas songer, au moins dans les premiers temps de l'occupation, à installer une ligne télégraphique. Au contraire, il ne sera pas difficile d'installer une série de postes de Télégraphie sans fils, analogues à celui que nous venons de décrire, et distants l'un de l'autre de la portée convenable. On pourra même, aussitôt les opérations militaires terminées, élever des antennes assez

hautes pour avoir des portées considérables.

De plus, il y a à la Télégraphie sans fils un grand avantage dans le cas qui nous occupe :

c'est qu'en plaçant des postes récepteurs convenables on peut communiquer dans toutes les directions. Un poste' fixe à grande antenne pourra donc envoyer une dépêche simultanément dans toutes les directions. On comprend l'importance considérable de cette possibilité dans le cas d'une expédition militaire.

Mais ce n'est pas seulement dans ce cas que la diffusion de signaux et la mobilité possible du récepteur ont une importance capitale.

Considérons le problème si utile à résoudre de la communication des navires entre eux et avec la côte. On en est réduit actuellement aux signaux sémaphoriques qui comportent l'emploi d'objets opaques pendant le jour et de lanternes pendant la nuit. Tous ces signaux sont rendus inutiles par le moindre brouillard, et c'est surtout alors que les communications seraient indispensables. On emploie souvent dans ce cas des signaux sonores dus à de grosses sirènes. Mais par ce procédé on ne peut rien notifier de net aux intéressés.

Supposons au contraire un poste de Télégraphie sans fils sur la côte. Il pourra envoyer

à tous les bateaux porteurs d'une antenne et d'un cohéreur actionnant un récepteur Morse, toutes les indications possibles, et cela avec tous les détails désirables et même en temps de brouillard. Bien des naufrages pourront être ainsi évités. D'ailleurs, dans le cas où le temps est clair, on pourra d'un sémaphore donner un avis à un navire déterminé, en lui signalant l'angle que fait la ligne de visée du sémaphore au navire avec le méridien magnétique.

En munissant chaque navire d'un poste complet, la communication entre navires sera assurée même en cas de brouillard, et la plupart des collisions en mer seront évitées.

L'installation d'un pareil poste sur les navires actuels ne présente aucune difficulté, car la plupart des navires importants sont munis d'une installation électrique complète. L'énergie électrique utile n'est d'ailleurs pas bien considérable, puisque les communications à oO*"" de M. Marconi se font avec deux ou trois accumulateurs actionnant une bobine de 0°", 15 d'étincelle.

On pourra aussi, par ce procédé, arriver à faire des indications explicites aux trains en marche. Au moins dans nos pays, nulle part la distance entre deux stations ne dépasse la

portée de la Télégraphie sans fils. En munissant alors chaque staiion d'une antenne suffisamment haute, on pourra prévenir les trains situés dans une région étendue de tout événement imprévu, à condition de les munir d'un poste récepteur. C'est là un procédé autrement sûr et autrement pratique que les disques.

Mais il y a à ce système un désavantage^ :

c'est que les cohéreurs actuels fonctionnent pour toutes les perturbations électriques de l'atmosphère. Ce système ne sera donc plus commodément applicable en cas d'orage, et c'est là un grave inconvénient. Cependant il n'est pas impossible de concevoir un système de signaux qu'on puisse déchiffrer malgré des perturbations atmosphériques, au moins tant qu'il n'y a pas un véritable orage. Les moments d'inutilisation seront ainsi bien limités.

D'ailleurs, M. Marconi dit avoir trouvé un moyen qu'il garde secret, pour qu'un poste ne soit sensible qu'aux ondes émises par un excitateur déterminé. Ceci parerait peut-être à la difficulté que nous venons de signaler.

En somme, on peut dire que, aux divers points de vue que nous venons d'examiner, la Télégraphie sans fils vient à son heure. Le siècle qui finit peut, en effet, s'appeler le siècle

de$ transports à grande vitesse et à grande distance. La Télégraphie sans fils permet aux diverses unités de transport de rester constamment en rapport avec des points fixes, malgré Téloignement et la vitesse. Ceci est dû essentiellement à la propriété de diffusion des signaux de la nouvelle méthode.

Avant de passer à Tétude des désavantages de la Télégraphie sans fils, citons encore certains cas où ce système de transmission d'un déclenchement d'énergie pourra être utile. On pourra supprimer l'emploi des traînées de poudre ou du cordeau Bickford pour mettre le feu aux mines, et cela sans avoir besoin de poser un long fil entre la mine à faire sauter et le point d'où l'on veut la faire sauter. L'industrie pourra tirer de là un parti considérable, la guerre aussi. On conçoit, en effet, la possibilité de faire éclater à distance, et sans communication possible à rompre, des mines situées autour d'une place forte, ou des torpilles disposées dans une passe resserrée.

Mais, dans ce dernier cas, le danger pour l'ennemi ne serait pas bien grand; il suffirait d'avoir sur les navires, par exemple, un transmetteur pour faire sauter toutes les torpilles de ce genre longtemps avant d'arriver dessus.

Tels sont les avantages de la méthode.

Voyons maintenant ses inconvénients.

S7. Désavantages de la Télégraphie sans fils.

— Tout d'abord, les communications sont lentes relativement aux distances parcourues. Nous avons vu que, pour les longues lignes, il fallait attendre à chaque signal l'établissement du régime permanent dans la ligne. Cela exige une manipulation lente. Dans le cas qui nous occupe, la ligne n'existe plus, mais elle est remplacée par la bobine d'induction. Celle-ci possède, comme nous l'avons dit, une constante de temps, identiquement comme un long fil; la cause en est seulement différente : c'est la self-induction et non la capacité. Si donc on veut employer de faibles piles, ce qui est indispensable pour pouvoir faire l'interruption par le manipulateur Morse, il faut manipuler lentement, de manière que le courant arrive à son régime permanent dans la bobine.

Pour les distances de 50''"' actuellement atteintes, la lenteur est plus grande que dans la Télégraphie par fils.

La diffusion des signaux empêche absolument le secret des dépêches, au moins quand on n'a pas recours à la cryptographie. Il suffit, en

frf

ri-

effet, d'établir un poste récepteur quelconque dans un rayon égal à la portée autour du poste transmetteur, pour recueillir les signaux,

Il est donc matériellement impossible, au moins actuellement, d'espérer établir un service régulier desservant un territoire au moyen de la Télégraphie sans fils. On ne pourra espérer réaliser un système de cette espèce, si économique pourtant, qu'en arrivant à concentrer les ondes hertziennes autrement que par Tantenne. Ceci semble bien difficile a priori. Nous avons vu, en effet, que les concentrateurs sans diffraction notable étaient impossibles à construire dans des dimensions réalisables pour les ondes hertziennes de longueur admissible. Pouvons-nous donc espérer arriver à produire des ondes d'une longueur plus courte et agissant cependant sur le cohéreur? Une expérience de MM. Nichols et Rubens semble au premier abord le prouver. Ces savants ont montré que Ton pouvait produire, au moyen de nos sources de lumière terrestres, des ondes calorifiques de 50 et 60 microns de longueur d'onde, qui jouissent de la propriété d'être absorbées par des réseaux formés de petits résonateurs métalliques accordés pour leur période. On pourrait donc espérer obtenir des

LE POSTE. UTILETK ET DK.SAVANTAr.ES, 183

radiations courtes et jouissant encore de propriétés analogues h celles des ondes électri par exemple d'exciter une antenne et ( sur un cohéreur. Mais l'expérience a pi à MM. Nichols et Rubens que ces radiï étaient puissanament absorbées par toi corps et par l'air lui-même. On ne peut espérer,' pour cette seule cause, la réalis de la Télégraphie sans fils par le nr d'ondes ' concentrables dans une direi Nous avons déjà vu l'impossibilité de les duire avec une énergie suffisante par des cédés électriques. Nous voyons maint* l'impossibilité de les utiliser, même si ( produisait par uïi procédé analogue à cel MM. Rubens et Nichols.

98. Résumé des applications possibles. somme, la Télégraphie sans flls est su tible de nombreuses et importantes ap] tions, mais seulement dans des cas bien r ment déterminés. Il est impossible de s< à réaliser par ce procédé un système coi de Télégraphie dans un pays ayant beso communications dans toutes les direct isolées et indépendantes les unes des ai

Mais si la Télégraphie sans flls n'es

utilisable directement de la sorte, on peut se demander si ses principes ne doivent pas amener bientôt des perfectionnements considérables en Télégraphie par fils. Nous avons vu, en effet, que les fils métalliques jouissaient de la propriété de concentrer le long de leur surface les ondes électriques et de les propager presque sans affaiblissement. Cela nous a été prouvé par les expériences de M. Blondlot. On peut donc penser que, au moins dans le cas où les lignes sont très longues, on aura intérêt à employer, au lieu de courants ordinaires, des ondulations électriques qui se propageront le long du fil avec la vitesse de la lumière, et qui viendront impressionner simplement un cohéreur à l'extrémité du fil.

Les ondulations transmises le long des fils sont d'ailleurs susceptibles de mettre en œuvre des appareils autrement moins délicats que le cohéreur. De simples résonateurs analogues à celui de Hertz fonctionnent encore à de grandes distances. On peut alors espérer, en produisant des ondes de périodes variables, arriver à envoyer des signaux qui ne seront perçus qu'aux points où se trouve un résonateur accordé dans des limites convenables. Des essais de ce genre ont été faits par ]\I. Turpain.

Enfin des essais analogues ont été faits par M. Preece et M. Lodge dans le cas de la transmission sans fils. Le système employé est tout différent de celui de M. Marconi. L* oscillateur est une ligne très longue et munie à ses extrémités de condensstlieurs. Il en est de même du résonateur. Les expériences ont permis de communiquer au-dessus de la mer à plusieurs kilomètres. Mais il semble bien que les frais d'établissement dans ce cas soient considérables, et que les distances parcourues doivent être faibles. La manipulation aussi doit être lente. Nous n'insistons pas sur cette dernière question qui sort du cadre de notre sujet. Nous avons voulu, en efîet, seulement donner un aperçu sur la propagation des ondes électriques, et montrer que ces curiosités de laboratoire sont susceptibles d'applications pratiques de la plus haute importance pour la Télégraphie sans fils d'abord, et peut-être pour le perfectionnement de la Télégraphie par fils.

PESDICE suit LA THÉORIE DE LA PROPAGATION LE LONG D'UN CONDUCTEUR.

>us allons, dans cet Appendice, donner les ules qui sont basées sur les idées anles des actions à distance et montrer à les conditions elles sont applicables. Mais, ne nous aurons à étudier des vitesses de agation, nous allons d'abord indiquer eomt on les définit.

. Vitesse de propagation d'une onde- —

un vecteur v périodique qui définit une irbation se propageant par onde plane, -à-diré sans affaiblissement; v aura une ,tion dans l'espace et une variation dans mps. Nous supposerons toujours réalisé s limite où v peut toujours être considéré tie très petit, où les amplitudes sont infini petites par conséquent, c'est-à-dire que considérerons un cas limite qui est le

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