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La cause en est certainement dans les modifications des conditions de la circulation sanguine, conditions qui accompagnent l'insuffisance chronique du muscle cardiaque.
Par suite des modifications anatomiques des tissus du muscle cardiaque, modifications qui ont pour effet de produire des contractions cardiaques moins énergiques et plus faibles, il arrive une moindre quantité de sang à la superficie de la peau ; celle-ci devient anémique et plus froide, et ainsi elle présente une diminution de température. Au contraire, là température du rectum augmente par suite de la quantité de sang accumulé dans les organes internes ; cette quantité est fonction de la stase veineuse principalement dans les organes abdominaux si riches en vaisseaux. Par suite la différence de température surpasse la normale. Dans l’anémie et la chlorose chroniques, la peau et la muqueuse ne sont pas à elles seules anémiées ; les organes internes le sont aussi; c’est pourquoi dans ces états la différence de température est normale ou même amoindrie.
Les recherches, continuées pendant cinq années, mènent aux conclusions suivantes :
1° Dans les affections organiques du cœur, la différence normale de température indique une affection du cœur compensée ; si la différence est anormale, elle indique un trouble de l'équilibre circulatoire, une insuffisance cardiaque commençante.
2° La différence anormale de température rend poscible le diagnostic différentiel entre l’angine de poitrine
vraie et la fausse. Dans celle-ci la différence de tempé: rature est normale, un peu subnormale ou même basse (0,3 à 0,5° c.). Dans ce cas il s’agit d’une fausse angine, d'origine nerveuse. Parfois la différence anormale de température est l'unique symptôme qui, dans une forme occulte d’angine de poitrine vraie, permet d’établir le diagnostic et le pronostic, surtout quand les symptômes constatés sont incertains et appellent l’attention du médecin sur quelque maladie inoffensive de l'estomac ou des nerfs.
3. De même la différence de température peut être utile pour diagnostiquer les névroses fonctionnelles du cœur, qui, maintes fois, accompagnent la neurasthénie, l’hystérie ou d’autres maladies qui ont dans leur cortège de la tachycardie. Dans la névrose pure du cœur, en outre des autres symptômes, la différence de température est normale ou subnormale (0,3 à 0,2°); une différence anormale, au contraire, indiquerait une insuffisance du muscle cardiaque. La signification de la différence de température devient manifeste dans les cas où à côté d’une affection organique du cœur se rencontre une névrose du cœur. Toutefois, dans ce cas, une mensuration répétée est nécessaire ; car des influences nerveuses pourraient avoir transformé une différence anormale en différence diminuée ou paradoxale.
4. — La différence de température présente une importance moindre pour le diagnostic différentiel entre l’asthme cardiaque bronchique et l'asthme urémique. Dans l’asthme cardiaque, à cause de l'insuffisance cardiaque, À, y a une différence anormale de température ; dans
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l’asthme urémique, au cours de léclampsie puerpérale ou par suite de maladies aiguës du rein, la température est normale ou basse. Même quand dansles maladies du rein, le ventricule gauche se dilate, que son muscle dégénère, que l’anusarque est généralisé, la différence de température peut être normale, quoique subsistent les autres Symptômes de l'insuffisance cardiaque. Une différence normale de température a été constatée également en même temps que des symptômes manifestes d'insuffisance cardiaque, aussitôt que l’œdème de la peau s’ajoutait aux symptômes de cette insuffisance.
IT. — Deuxième groupe. La différence anormale de température a été observée dans différentes maladies infectieuses aiguës : typhus exanthématique, influenza, pneumonie franche, dipthérie, typhus abdominal, tuberculose miliaire aiguë. La signification de la différence de température fut surtout prononcée dans le typhus exanthématique, l'influenza, la dipthérie et la pneumonie franche.
Typhus exanthématique. — Quand le cours de cette pyrexie est normal, la différence de température est aussi normale, rarement supérieure à 0,82, et ceci principalement pendant la crise, au moment de l'élimination sudorale critique ; dans les cas de ce genre, le stade de convalescence fut court. Mais quand la différence de température, initialement normale, s'élève tout à coup de 1° et même davantage, quand elle se maintient à ce niveau deux jours au plus, il faut examiner spécialement l’état du cœur. On constate alors une insuffisance cardiaque aiguë. Le pronostic est dans ces cas ambigu
où mauvais, particulièrement dans les cas où la différence de température s'élève à 1,5 ou 2° c. Dans un cas unique la différence la plus élevée qui ait été observée fut de 3° c. Quelques heures plus tard la mort se produisit. |
Le pronostic est incertain dans le cas suivant. Dès les premiers jours de la maladie, la différence de T. est déjà anormale (0,7 à 1°); cela se présente principalement chez ceux qui souffrent déjà d’une affection du cœur; la différence ne dépasse pas subitement cette limite dans le décours de la maladie; dans ce cäs, le pronostic doit être posé avec prudence. Cette différence de température indique simplement un développement de la maladie, grave mais non sans espoir. Dans ces cas la guérison exige toujours un temps prolongé.
Typhus abdominal. — Par suite de la longue duiée de la maladie, la différence de température n'a pas une importance aussi caractérisée que dans le typhus exauthématique. Elle se modifie souvent dans la même journée, et descend du niveau anormal à la limite normale. Souvent elle dépend du gonflement plus où moins considérable de l'abdomen, ou bien de l’hémorragie intestinale. Après ce dernier accident, la différence. monte toujours, elle indique une faiblesse fonctionnelle du muscle cardiaque. Quand vers la fin de la maladie, Ja différence de température devient à plusieurs reprises anormale, et s'élève enfin jusqu'à 1,3 ou 1,5° c., on peut constater avec certitude une insuffisance aiguë du cœur ; le pronostic est alors ambigu où mauvais. Si la guérison se produit, la convalescence est d’une longue
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durée aussi bien que la différence anormale de température qui l’accompagne.
Dans ces deux sortes de typhus, la différence de tem- Pérature a une certaine importance diagnostique. Quand dans le tableau de la maladie les symptômes nerveux percent au premier plan, quand le délire parlé, une agitation incessante, les soubresauts des tendons rendent impossible l'examen convenable du système circulatoire, si à cela s'ajoute au pouls arythmique, le refroidissement des extrémités, cet ensemble peut susciter la pensée d’une insuffisance cardiaque aiguë qui se développe et constitue pour le malade la menace d’un danger. Aussitôt donc que la différence de température est normale ou ne surpasse la normale que de peu, on peut exclure une maladie du muscle cardiaque et atrribuer au contraire le pouls arythmique et les autres symptômes mMenaçants à Une intoxication aiguë, mais pas trop forte du système central par les toxines typhiques. Cette dernière éventualité se réalise spécialement chez les sujets neurasthéniques ou hystériques. Les cas de typhus exauthématiques qui ont été suivis, furent de 80 ; ceux de typhus abdominal furent de 100.
Scarlatine. — Le D' Poczobut a observé deux épidémies de cette maladie ; elles se différenciaient par leur caractère. Dans 8o cas, la différence de température fut en grande partie normale ou abaissée (0,5 à o,1°), même dans les décours malins et foudroyants. Quelques cas seulement firent exception ; dans ceux-ci, la différence de température atteignit le niveau de 1° c. Cette constatation de la différence de température dans la scarlatine