PANNE
sive surpasse par ses effets l’adrénaline hypertensive. Cette sensibilisation particulière de la thyroïde nous explique les fréquents accidents de basedowisme frusle constatés à la suite des hostilités. Le sympathique continuellement en émoi du fait des émotions de guerre agirait constamment sur les éléments glandulaires et les secrétions, qui, dit HucHarp, « sont non seulement augmentées mais encore adultérées ». Ces adultérations expliqueraient que l’hypertension se rencontre le plus habituellement chez les basedowiens, alors que des extraits thyroïdiens sont hypotensifs: la glande est. donc non seulement hypertrophiée mais encore modifiée. %
C'est à l’activité anormale de la thyroïde qu'il faudrait encore rattacher tout un groupe de tachycardies par hyperexcitabilité du sympathique; des tachycardies basedowiennes — où l’on trouve des symplômes caractéristiques, tels que l’exophtalmie,'les petits signes oculaires et l'hyperesthésie de la région thyroïdienne. — GALLAVARDIN rapproche, en effet, les tachycardies à allure névropathique dans lesquelles on ne trouve aucun signe d'insuffisance cardiaque et dans lesquelles l'exploration thyroïdienne ne donne non plus de résultats; les unes et les autres n'obéissent pas au traitement digitalique, présentent une accélération constante au moment de l'exercice et un phénomène fréquent : l’inversion de la température et du rythme cardiaque (le nombre des pulsations cardiaques diminue lorsque la température centrale s'élève).
« Même excitation intense du sympathique avec action non plus seulement cardio-accélératrice, mais vaso-constrictive et hypertensive, thermique même...
« Dès lors, deux interprétations sont permises. S'agit-il là de deux affections thyroïdiennes : l’une à goitre apparent, l’autre à altération thyroïdienne cachée, ou seulement de deux syndromes d’excitation sympathique patho-
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géniquement distincts, l’un d'origine thyroïdienne, l'autre de cause inconnue? Bien que la première de ces deux hypothèses soit la plus vraisemblable et que nombre d'auteurs aient déjà parlé de maladie de Basedow fruste, sans goître, avec tachycardie solitaire, il est sage, avant de conclure, d’attendre des preuves décisives. »
A côté de ces gravistes frustes, on peut placer de nombreux cas de goître exophtalmique signalés, dès 1915, par BérarD chez les combattants, et qui témoignent des troubles subis du fait de la guerre par la thyroïde. D'ailleurs, nous avons vu, depuis, évoluer vers une affection caractérisée des sujets chez qui l’on ne trouvait, au début, que tachycardie et légère hypertension; ici encore, il y a union intime inséparable de la glande et du sympathique.
Il nous faut enfin citer dans ce chapitre la glande piluitaire, qui agirait, semble-t-il, dans le même sens que la glande surrénale. On a signalé, dans des phénomènes d’hypotension consécutifs à des shocks par explosion d’obus, les effets heureux, hypertenseurs de l'extrait pituitaire (E. GREEN). ;
Si nous jetons un coup d'œil d'ensemble sur la pathogénie des modifications de la pression artérielle, nous voyons qu'il s’agit, le plus souvent, non d’une lésion organique, mais d’une insuffisance, d’un surmenage fonctionnel. Cela nous explique l'aspect changeant des troubles constatés chez un même sujet, suivant que nous l’observons au combat, à l'arrière, après un repos de longue durée, car chacun de ces stades modifie les causes de surmenage, partant d'insuffisance. Chez la plupart, par -conséquent, la tension retrouvera son taux normal dès que prendront fin les fatigues, les émotions, la vie de guerre, en un mot, qui l'ont troublé. Chez quelques-uns, les troubles
Re présenteront un élément de permanence : nous devons nous demander quelle sera, pour ces sujets, l'évolution de l’hypotension ou de l'hypertension que nous constatons, ainsi que la valeur et la signification de ces troubles pour leur avenir.