IL— DANS I.K RÈGNE VÉGÉTAL
Quant au règne végétal, il fournit à notre langue populaire une moisson vraiment riche de termes pittoresques et parfois bien jolis, de mots douloureusement estropiés, et à peine quelques emprunts faits au parler anglais : voici donc aussi, chez nous, la botanique qui, plus encore que la minéralogie, a su victorieusement résister à la « tyrannie » au conquérant.
Comme on sait, il y a en botanique et -n zoologie une terminologie particulière, en langue latine, que l'on peut qualifier d'internationale, puisqu'elle est acceptée, dans son intégralité, chez toutes les nations. Chaque espèce, animaie ou végétale, reçoit ainsi, du savant qui l'a décrite le premier, un beau nom latin, composé de deux ou trois mots dont l'un au moins-chose admirable ! -est généralement tiré du grec ; et par là chacune des espèces acquiert comme une sorte de personnalité qui fait que, étein.e ou non, elle sera partout connue sous tel ou tel nom, et cela jusqu'à la fin des siècles, ce qui est déjà joli pour un mouron, pour une guêpe, pour une hirondelle, etc.
Mais, bien entendu, cette terminologie-là n'a cours que chez les gens qui s'occupent, plus ou moins « technicologiquement », de l'étude et de la pratique des sciences. Les autres, le gros de l'humanité, ignorent profondément les appellations grecques et latines des plantes et des animaux ; et il n'y a rien là qui doive surprendre, pour des raisons faciles à deviner. C'est même le contraire qui serait éton- °*?'*. 9^*^ °" n'imagine pas. par exemple, un cultivateur qui dirait à son voisin : «Ah ! quel dommage que le foin de votre champ soit ainsi gâté par ces Chrysanthemum leucanthemutn ( marguerite blanche) ! »— On n'imagine pas la bonne dame disant à sa visiteuse : «Voyez, ma chère, comme il a bien poussé, mon Mesembryanthemum cristallinum (cristalline, glace) »!— On n'imagine pas la ménagère se plaignant de voir ses provisions visitées par les Stylopiga orientalis (blatte, barbeau de cuisine )!— On n'imagine pas l'amateur de pêche qui raconterait ses belles captures de ^^i/w/? ja/ar (saumon) ou de Salmo fontinalis ( truite ) !
Eh bien, voyons dans un rapide coup d'oeil comment chez nous l'on s'en est tiré, d'abord pour les espèces végétales, en cette question de terminologie, puisqu'il est bien nécessaire qu'il y ait des mots pour désigner les choses . . . On s'en est tiré de la façon la moins compliquée qui soit, puisque l'on s'est contenté — beaucoup comme, ainsi que je l'ai dit, on a fait en minéralogie — de respecter en une mesure même exagérée l'incognito de nos plantes canadiennes. La plupart, en effet, de nos végétaux n'ont pas de nom dans notre parler. Il est permis de croire, du reste, que les choses se passent à peu près de la sorte, à cet égard, chez tous les peuples, et qu'ailleurs, comme chez nous, l'on n'a donné des noms qu'aux plantes qui, pour une raison quelconque, attirent davantage l'attention. C'est ainsi que, dans tous les pays, les arbres les plus grands, les plus
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ch"ti7eXt';s°d°é^''"'''" '"P"'^'- ^•"' "'-hie rai les savant îa^,'tT'r "°''""''' """ '* ""■ de l'érable: xll^ntT ^^ ^^'«^" ''"« -J" espèces
-um.;ou:x:r;;rrqS:it"~eT
«eille. Chez nous, la ciguë est devenue la carotte à moreau • Ieradis,cest ici la rave; à la bardane.nous avonsdonné le nom curieux de rapace ; le maïs, qui est en France le blé de Turquie, est ici le blé <rinde. Mais voici où éclate notre esprit de logique d'une façon particulièrement brillante. n '!\?*"'' P«y«-» J« ^ruit de l'aubépine se nomme senelle; eh bien, nous autres, nous nous sommes dit : quand on produit des pommes, on s'appelle pommier, n'est<e pas? quand on produit des prunes, on s'appelle prunier, n'est-il pas vrail Foin donc (puisque nous parlons botanique), foin donc de l'aubépine! Comme cet arbrisseau produit des senelles, qu'il s'appelle donc senellier! Et voilà comment il ny a plus que les poètes qui emploient chez nous, sans trop, j en ai peur, bien savoir ce que c'est, le joli mot d'aubépine. Du reste, l'arbrisseau en question est armé d'épines, et nous le désignons tout simplement, en certaines régions, sous le nom ^^épines. Sans compter que, comme il produit des fruits auxquels, à cause de leur forme, nous avons donné le nom de pommettes, nous n'avons pas manqué, toujours par esprit de logique, d'en faire un pommettier. Et à ce propos, signalons que la pomme de Sibérie est devenue chez nous la pomme tC amour, La pouUtte grasse dans nos prés verdoyants, ce n'est pas le jeune volatile de la bassecour, espoir du prochain potage ; mais, tout simplement, c'est le Chenopodtum ctospernum -pardon, je voulais dire l'ansérine blanche. Dans notre royaume végétal, la quenouille ne sert pas à filer la laine, le lin, le chanvre ; le matelas ne sert pas à reposer les membres fatigués du dormeur: ces deux termes désignent seulement, l'un et l'autre, une plante de nos marécages, la massette. Voilà donc un végétal à propos de qui l'on ne saurait assez s'affliger de voir qu'il porte à lui seul jusqu'à trois noms français. Où en serionsnous, si les autres plantes faisaient une consommation pareille de dénominations? Dans le cas présent, c'est le végé-
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Pétunia garnit de, f.Xen«r,'i'" "T ^' """• '« ou violette., i, reçoit che7n™ ' „o„7e P'JT "^ cauM du patronaee nienv =,^u\ SamI./oseph, â
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laire^n» for^'t^'" " d 7 dTlW """" '" '«""' Passeraient comme recouvre d'un Tj^T^^ "' '^'^''' on peut « raturer là-d^", !° 7''* 1' ',""««• Mai, funèbre : ce n-e,t qu'un ^n.'.-.^*"*' " "' ?" '^" 'ont Que .i von. entendez" rê; dT",'" '"'''"'• '' ?'" K^.. bord de, route, erdwSa" """'"• ''"' "o" »" '«
tran.p„rté dan! U "nt Z UTe ^-Tr" ^ '^' "'" l'affaire, de l'asclépiade kZT- *" «"'«"ent, en euse, de «s grainTot' tl '",T'"" ^""'^ " »y- Encore moi„~i°el™'l?, '''"°"""/"<'-' f-n'aisiste.
«mmet d'un tronc dlre'p^.''.^ '' 'f '^™''" '"
Fwur aejeuner, si l'on vous parle
d'un r«.^/,>r pour manger vo. œufs à la coque; c'est tout «mplement d'un coquetier que l'on voulait^parler
Un groupe imposant dans la classification botanique vulgaire c'est celui des herbes : l'herbe à ceci, l'herbe'à cl a rherbe à toutes sortes de choses. Et cela 'en France a"Li
tions\"nî T'- " "* '"*"^"^ P" ^' '^ ^<"0"i»- VrJl\7V TT:''' ^"'^ ^^"^ Ws, par exempie:
ett M • 7/^"^''' ' '*"'^" ^ ^^^^' ^''^^^ ^ '« soupire, etc Mais d'autres sont spéciales a l'un ou à l'autre pays.
Et s, entre plusieurs autres expression-, c'est la France qui a le monopole de VAerèe auxjemmes battues, nous avons
l'^"XT/ l ''f r. ' ''""'^ '^ '''^'^ ' ^« -« "de
«^/hu K,^" "°"'' *"'"' ^"> «^°»» t~"vé le joli
mot d'érabhère, pour désigner la forêt d'érables.
Mais tout cela, tous ces termes de la langue populaire dans le domaine de la botanique, c'est encore un ^n de a science technique. Or, en dehors de ces expre^ons di! verses, qu, sont encore du français de bonne venue, notre par. cl^y '"'? ^T "°'* P'"* °" "°^"» ^^^«^'^ et altérés.
patate, pomme de terre), Vallébore ou la AA;r.(hel1é Je), e.^^r. (coudrier), la>^^.. (fougère), le jirLôme d ramum), le beiuet (bleuet, bluet, airelle), etc. Faut-Il ajouter, avant de s'éloigner du royaume végétal,
lTe;belpr'/"n"K?°P"^""' ^'"^^^ ^-^-' ^'^W 1 herbe, de l'Aa^^^, Paubier, l'««fe//^, l>aspetge, Vaséar/e
t^r/T T"' "^' ^'"* ^'' V.n^mhW des légume cul! tivés dans le potager; des bouquets, ce sont très souvent les plantes à fleurs du jardin ou de la fenêtre ; les cocottes ce sont les cônes du pin, du sapin, du mélèze 1 lequel ptî parenthèse, se nomme épinette, chez nous. ^
Mais cette revue sommaire et forcément incomplète des *
proueiseï que noui avons accomplies dans le règne végéul doit suffire à notre gloire. Passons donc, maintenant, au règne animal.